29 Octobre 2012 à 17h

Nous sommes invités à l'émission Agorascopie sur la radio Agora Côte d'Azur 94.0 FM,​ pour présenter notre projet (30 min d'antenne en direct).

Agora Côte d'Azur est désormais notre partenaire et nous suivra tout au long de notre périple, ainsi qu'à notre retour, milieu de l'année 2013.

Notre interview en podcast sur : http://www.agoracotedazur.eu/audio/agorascopie/agorascopie02-29-10-12.mp3













 

 

Courant Octobre 2012

​Des partenaires nous rejoignent dans le soutien et la préparation de notre projet.

Des relations se concrétisent pour des aides financières, matérielles et médiatiques.

Septembre 2012

Nous avons réalisé un stage de survie N1 + N2 au Centre d'Etude et d'Enseignement des Techniques de Survie, sur le site du Vercors avec David Manise, le 7,8 et 9 septembre 2012....la survie enseignée simplement, avec une méthodologie et des outils pratiques en cas de nécessité...











 



Juin, Juillet et Août 2012

Nous travaillons à la préparation de notre voyage : logistique et itinéraires dans les pays.

Pour rappel, nous partons début janvier 2013, pour 3 mois au Pérou, puis 3 mois au Népal.

"Nous sommes à la recherche de sponsors, partenaires, parrainages, ainsi qu'un réseaux de communication et de soutien pour notre projet..." Fannie & Flavien



 

 

Week-end du 17,18 Novembre 2012

Nous avons monté notre remorque à vélo (AEVON KIT L80) reçue de Cycloboost par colis quelques jours auparavant. Nous ferons les premiers essais sur "route" très prochainement, en choisissant des itinéraires avec des dénivelés...l'arrière pays niçois sera notre prochain "terrain d'essai"...











 



​Début Novembre 2012

​Durant notre périple, nous réaliserons 5 000 kms par nos propres moyens...Si vous souhaitez matérialiser un bout de notre parcours, et bien vous pouvez acheter des kilomètres pour nous soutenir, en faisant un don, via PayPal ci-dessous :

 

21 Novembre 2012

L'AFPric (Association Française des Polyarthritiques et des Rhumatismes Inflammatoires Chroniques) devient notre partenaire dans une relation de communication mutuelle, de soutien et de partage d'expériences pour toutes les personnes atteintes par cette maladie. 

Ils publieront un article dans les prochains numéros de leur revue trimestrielle.





 

 

20 Novembre 2012

Nous souhaitons témoigner nos plus grands remerciements à l'accueil que nous ont fait l'équipe de la Cité des Métiers de Marseille et Région PACA. Nous avons passé la journée du 20 novembre avec eux, dans leur locaux, dans leur univers, et avons découvert des hommes et des femmes engagés dans leur mission sociale. Ils ont été très disponibles, chaleureux et nous ont fait part de leurs idées, leurs contacts, leurs encouragements, et parfois leurs envies de nous suivre...

Nous espérons leur apporter en retour plein de belles images et de grands moments à travers notre expédition...

24 Novembre 2012

Le magazine Carnets d'Aventures éditera un article présentant notre expédition dans le numéro de décembre 2012.

Alors tous à vos kiosques pour nous suivre !





Début Décembre 2012

Le magasin Chullanka d'Antibes devient  notre partenaire. Ils nous fournissent du matériel technique avec remise d'achat...Ils interviennent sur l'ensemble de l'équipement vélo, et sur quelques postes du matériel de bivouac principalement.

Début Décembre 2012

Nous avons opté pour l'utilisation d'une balise permettant de nous géolocaliser durant notre périple. Cette balise permet de réaliser le tracé de notre itinéraire sur une carte dont nous mettrons le lien prochainement sur le site. La balise dispose également d'un bouton "SOS" en cas de nécessité.

Nous remercions vivement Philippe, l'ami à l'origine de cette idée très pertinente, et qui nous permet de jouer la carte de la sécurité dans le déroulement de notre expédition !

​13 Décembre 2012

Le magasin Sport-Avenue / Twinner Riviera Sport de St Laurent du Var  devient  notre partenaire. Ils nous fournissent du matériel technique avec remise d'achat. Ils interviennent plus spécifiquement sur la partie vêtements techniques de vélo et de montagne ainsi que sur les chaussures, et Altimètre/GPS.

 

 

6 Décembre 2012

Parution d'un article présentant notre expédition dans le magazine Carnets d'Aventures de décembre, en page 8, dans la rubrique "Les voyages que nous suivons de près". Nous ferons parvenir à la rédaction du magazine, des informations sur l'actualité et l'avancement de notre périple à travers la Cordillère des Andes, l'Amazonie, et puis le Népal.

14 et 18 Décembre 2012

Sophie Benoit, Somatothérapeute,  nous a  offert une formation de gestes spécifiques issus des massages thaïlandais, pour permettre une meilleure récupération physique tout au long de notre expédition. Les gestes ont été pensé pour être pratiqués dans une tente, avec des vêtements épais. Les massages proposés nous permettront une très bonne récupération physique quotidienne. Ils sont ciblés sur les grands groupes musculaires sollicités tels que les pieds et jambes, le dos, les épaules et bras.

20 Décembre 2012

​Nous avons récupéré la tente Nordisk, modèle Norheim 2PU portant le logo d'AZIMUT NATURE. Nous effectuons le premier montage afin de se familiariser avec les différentes pièces. La tente se monte en quelques minutes, avec une logique très intuitive. Les arceaux de maintien se placent sur la toile externe, ce qui nous permettra, entre autre de rester au sec si nous devons la monter dans des conditions pluvieuses...

Début Décembre 2012

Nos premiers essais de la remorque AEVON se sont déroulés à Valdeblore, sur la route des Millefonds, une route sinueuse d'une petite dizaines de kilomètres, avec près de 800 mètres de dénivelés. Fannie, très en forme me devance de quelques dizaines de mètres. Derrière elle, je tire les quelques kilo mis dans la remorque. Celle-ci s'avère stable, discrète, et très facilement maniable...  

25 et 26 Décembre 2012

​Le jour de Noel nous arrivons à Chamonix pour y passer 2 jours. Le ciel est bouché, et l’espérance de voir le soleil durant notre bref séjour s’amenuise un petit peu…Pourtant le lendemain, les voiles nuageux se dissipent en fin de matinée, et nous entendons dire que le soleil arrive pour le reste de la journée. La température à l’Aiguille du Midi, 2 700 mètres au-dessus de nos têtes, est de l’ordre de –15°C, et le vent y souffle à 70 km/h. Bref de très "bonnes" conditions pour tester nos vêtements thermiques, le fonctionnement de notre appareil photo et de notre altimètre dans des conditions un peu rudes.

D'après le tableau de l'indice de refroidissement éolien, avec une température de -1​0 °C et un vent de 70 km/h, le ressenti est de -23°C. Le bilan du test est positif, car nous sommes bien au chaud sous nos vêtements. Seul le zoom de l'appareil photo n'aime pas trop être exposé en plein vent à de telles températures. En effet le mécanisme du zoom reste momentanément coincé, il a gelé...Je glisse alors l'appareil dans ma doudoune quelques instants...Il revient à lui !...

L'altitude de l'Aiguille du Midi de 3842 m correspond à peu de choses près à celle de la ville de La Paz en Bolivie où nous atterrirons pour débuter notre périple au Pérou. Le pourcentage d'oxygène à cette altitude est de l'ordre de 60 à 65%, par rapport au 100% du niveau de la mer...L'activité physique dans ces conditions  est plus difficile. Cependant compte tenu de la proximité avec l’équateur au Pérou,  une même altitude là-bas sera plus facile à gérer qu'en Europe, car l'oxygène y est plus présent (question de latitude).

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07 Janvier 2013

Ça y est, l'heure du départ a sonné ! Nous partons lundi à 7h20 du matin de l'aéroport de Nice...Les 3 derniers jours de préparatifs ont été intenses et bien remplis...

Nos nuits un peu courtes et préoccupées, nous avons finaliser ce week-end avant le départ, nos derniers emballages de vélos et de vêtements. Nous avons également traité tous les points administratifs de ce que l'on emporte et de tous ce qu'on laisse en France (anciens PV, trésor public, etc...).

Les vélos sont dans la voiture, et notre dernière nuit en France nous attend...

Prochaine étape : l'arrivée à La Paz en Bolivie où nous resterons 1 ou 2 jours pour remonter nos vélos, refaire nos sacs, et surtour dormir à l'Hostal Coppacabana, pour nous reposer avant de prendre la route...



 

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06 Janvier 2013

Le site findmespot.com vous permettra de nous suivre quasiment en direct lorsque nous allumons notre Balise Spot et que nous envoyons un message ou un point de localisation, celui-ci s’incrémente sur une carte à laquelle vous pouvez accéder par le lien suivant :



http://share.findmespot.com/shared/faces/viewspots.jspglId=0udKdALrgqYi2IvyMzCsMGjLyPpKAAyLL

 

07 Janvier 2013 - 22h24 (heure de France)

9 heures de vol maintenant, sur le parcours Madrid-Lima, nous nous sommes reveilles il y a quelques minutes avec Fannie d'une somnolence d'avion, celle interrompue par le passage des gens et des sonnettes feutrees...Fannie ouvre le cache du hublot, et mes yeux se posent sur un tapis verdoyant, vu de 11 000 metres d'altitude...L'AMAZONIE !! un reve se realise a cet instant, et un deuxieme a la seconde suivante : un Rio qui serpente au travers, comme on les voit dans les emissions, bordes de sable qui donne une couleur blanche a ce vaisseau qui irrigue le poumon de notre planete. Je bous de joie, je trepigne interieurement, je me parle, mon reve est en train de se realiser depuis quelques minutes.

Et a l'heure ou j'ecris ces quelques lignes, j'interromps ma prose de quelques coups d'oeil a l'"exterieur", des coups d'oeil qui s'attardent, qui trainent sur un detail ca et la, et mon imagination va bon train sur la faune et la flore qui se trouvent en-dessous de nous.

Le tapis vert d'apparence lisse, se plisse a certains endroits, faisant ressortir sur certaines zones, des collines ou massifs montagneux de faible altitude; Sur d'autres etendues, une couette de nuages laisse sous-entendre une pluis abondante 11 000 metres plus bas dans la foret equatoriale. Nous sommes au-dessus du Bresil au moment ou j'ecris ces lignes. Je n'en reviens toujours pas...

La taille des "arteres" varie et laisse penser a la grandeur de ces cours d'eau, a echelle humaine. Les courbes sont douces, parfois serrees sur des kilometres, puis s'ouvrent sur de grands arrondis.

On passe au-dessus de l'Amazone...Il est GRANDIOSE ! GIGANTESQUE de largeur ! Au moins 15 fois celles des Rios vus jusqu'alors !

La placitude des gens autour plonges dans leur magazines ou dans leur songes, contraste avec un enthousiasme bouillonant au fond de moi...Je me laisse aller, le sourire aux levres, pendant que Fannie se repose...

11 Janvier 2013 - 19h14 (heure locale - Huarina)

Trois jours pleins a La Paz, nous avons envie de quitter la ville et aller voir la Bolivie...Nous avons passe la veille a tout preparer, les velos, la remorque, et nos sacs...Nous n'avions pas de solution pour sortir de la ville sans devoir affronter la circulation infernale de la capitale, sa pollution. La solution a ete trouvee ce matin avec le gardien de l'hostal : monter, nous et tout notre bardat, en taxi jusqu'a l'Alti-plano...Chose faite en milieu de journee.

Ainsi nous allons pedaler sur une route droite sur l'Alti-plano, le temps est couvert et parfois une bruine legere de quelques minutes. Nous realisons que nous sommes en Bolivie en velo, c'est magique que de se savoir la. Le paysage spectaculaire defile devant nous, des enfantd nous saluent en espagnol...Fini la ville commence la campagne : des cochons, des anes, des lamas, des moutons, des vaches et leur veaux nous regardent passer. Des flancs de montagne aux plaines, tout est cultive. Les teintes se degradent du marron orange au vert, et les femmes et enfants dans les champs aux habits colores...

Ce qui me paraissait tres loin au bout d'une heure de velo, finit par se faire facilement, 4h environ et 60 kilometres plus tard, a une altitude relativement constante de 3800 m, nous arrivons a notre destination : le hameau d'Huarina, au bord du lac Titicaca. Affames, on mange du chocolat et du pain. On repart en quete de notre lieu de bivouac : TROUVE ! Dans les champs, c'est parfait pour notre premier bivouac en Bolivie au bord du lac le plus haut du monde !

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12 Janvier 2013 (3h50 de route - 38 kms)

Leves avec la pluie, et pour moi un petit derangement intestinal qui va me fatiguer pour la journee...la deuxieme journee s'annonce dure, Fannie d'ailleurs n'est pas tres en forme non plus.

Apres quelques kilometres, trois chicos nous proposent de la cerveza...Fannie decline, et quand a moi, je prends une gorgee, le gars me fait signe de finir...Peu de temps apres mous faisons la course avec un camion d'ouvriers qui nous font de grands signes. Nous n'avons pas d'influ pour cette journee comme on dit, pas d'energie. Lors d'une sieste sur les rivages du lac Titicaca, nous apercevons une ceremonie avec un groupe de personnes et trois d'entre eux dans l'eau...Nous repartons peniblement, les pentes deviennent de plus en plus raides, et croisons un japonais du nom de Ryan qui est parti de chez lui il y a 6 mois, et qui a fait la Chine, l'Allemagne, et le Perou en velo...La suite du parcours c'est de l'essoufflement a chaque coup de pedales...Apres 5 kms de descente nous arrivons a San Pablo pour prendre une barge et traverser les 400 m qui nous separent de Tiquina, en mangeant un swandich saucisse au piments...Delicieux !! La question du jour est de savoir ou nous allons pouvoir bivouaquer car il n'y a qu'une plage a Tiquina pour se faire...Ce sera effectivement notre point de chute...de chute dans notre duvet...

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13 Janvier 2013 (3h45 de route - 37 kms)

Le depart aujourd'hui est synonyme de montee incessante, sur plus de 8 kms...Ideal pour s'echauffer !

Nous empruntons la route qui va en direction de Copacabana. Celle-ci file sur un bras de terre aui nous permet en haut d'un col de voir le lac de chaque cote a une altitude ou nous depassons les 4000 m. Puis redescente ou nous faisons la course avec des moutons qui courent sur le bas cote de la route...Des couleurs de vert et de marron se confondent ou au contraire se distinguent tout autour de nous... Nous montons sous le soleil des Andes jusqu'a un deuxieme col a 4 250m et terminons la derniere heure de la journee de velo par la descente sur environ sur 10 ou 15 kms. Nos velos fusent a pres de 40-45 kms...Fannie en tete du peloton...de deux, n'entend pas mes appels lorsau'un point de vue sur Copacabana s'offre a nous. Je m'arrete "debut sur les freins" et degaine l'appareil photos pour immortaliser l'endroit. Je la rejoins quelques kilometres plus bas pour franchir ensemble l'entree de la ville. Des enfants nous demandent des "regalos", nous n'en n'avons pas...Nous filons vers le centre-ville. Plutot dans la journee, un jeune homme du nom de Xavier nous avait pousse dans une cote Fannie et moi, pendant quelaues secondes, nous l'avions chaudement remercier...Arrives a Copacabana, il nous tarde deja de partir au calme...

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14 Janvier 2013 (4h24 de route - 52 kms)

Apres une bonne nuit dans la pension a Copacabana, nous petit dejeunons dans la ville des chaussons au fromage (petit dej local). Nous achetons un saucisson entre la merguez et le chorizo, aui nous regalera plus tard dans la journee a notre 30eme kms.La frontiere se trouve a une douzaine de kms de "Copa". Deux francais nous abordent, Thibault et Julien, ils font partie du staff du Paris-Dakar, ils ont travailles quelques jours, et sont desormais en balade touristique de 3 semaines.

On dait les papiers de l'immigration, puis du visa, et on repart, nous sommes au PEROU !! Tututu..tutututu...tutututu ...! (flute peruvienne)
La, les paysages ressemblent a la Bolivie, mais tout de suite on se sent mieux, c'est moins sale, les maisons sont decorees, plus de briques brutes, ici c'est peint ou carrele, et beaucoup moins de circulation...Les choses changent petit a petit au fil des kms qui passent, et confirment notre ressenti, ou tout du moins le materialisent.

On s'attarde a regarder les paysans, les vaguelettes qui se forment et qui scintillent.

Un son de radio se rapproche, c'est un jeune homme en velo qui nous rattrape avec un de ses amis. Il est Quechua et s'appelle Jose. Il nous pose des questions que l'on pose pose aux voyageurs. Il veut essayer mon velo avec la remorque Aevon. Il me prete le sien, un beau velo "customise". Nous faisons 300m en parlant et il m'indique son village sur un versant face au lac sur notre gauche. Il est pecheur  de "trucha".
Apres une journee magnifique d'une energie tres positive, d'une forme physique irreprochable, et d'un soleil omnipresent, nous arretons de pedaler vers 17h, apres avoir reperer une vate etendue d'herbe ou les paysans cultivent. Un coin ideal pour notre 3eme bivouac et le 1er au Perou.

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15 Janvier 2013 - J8 - Velo J5 (4h30 - 65 kms - altitude 3850 m)

Le dieux de la pluie peruvien doit etre noctambule en ce moment car a l'heure ou j'ecris sur mon carnet de route la toile de la tente crepite sous les gouttes...la journee d'aujourd'hui a debute avec des etirements pour soulager auelaues tensions et raideurs, et le filtrage de 6 litres pour s'hydrater au cours de la journee...L'eau du lac dans nos gourdespour nous desalterer. Dans notre va-et-vient entrele lac et notre tente, Fannie demande a un jeune garcon si nous pourrions trouver de la "comida" au prochain village, il confirme. La suite n'est que supposition qui viendrait expliquer sa reapparition avant notre depart matinal : il rentra sans doute chez lui, dans la hameau derriere nous, et dit a sa maman que deux etrangers cherchent a manger. La maman confectionna un petit sac avec des pommes de terre de sa propre culture, et du poisson grille du matin meme. En tous cas, c'est un sac rempli de ces bonnes choses que nous rapporta le jeune garcon...Je n'ai jamais mange un aussi bon poisson, et je n'ai jamais autant "rousigue" un poisson de la sorte. Nous apercevons la maman aui amene ses betes en paturage, nous la remercions . On demarre le moral au beau fixe...Apres 8 kms de succession de cotes, nous arrivons a Juli, dite la "Petite Rome" du Perou. Cette ville est magnifique, nous faisons le tour de la place des armes (place centrale dans toutes les villes peruviennes) poour nous arreter devant un kiosque de douceurs sucrees qui nous font envie. Ni une, ni deux, nous achetons plusieurs de ces mets sucres afin de les gouter. Nous echangeons quelques phrases avec deux commercantes a qui nous avons l'air de plaire. Nous entamons un demi-tour de la place pour retrouver ce que nous pensons etre  du "Api" (boisson au mais tiede et sucree). C'est bien cela et il se deguste traditionnellement avec un chausson dans lequel se trouve des pommes de terre, carrottes, un aileron de poulet, une olive, et des epices...c'est toutafais DELICIEUX !!

Un homme nous aborde, son nom est Jose, il nous presente sa maman, une veille dame avec un sourir plein de gentillesse et de compassion. Le contact passe tres bien, nous arrivons a nous comprendre presque parfaitement bien malgre nos lacunes visibles en espagnol. Nous echangeons beaucoup d’humour, et au moment de se quitter les au-revoirs sont chaleureux et emouvants, a coups de grandes embrassades fraternelles…Jose revient apres quelques minutes avec une femme qui est sa soeur, elle vit a Ica. Elle nous pose plein de questions a son tour…nous faisons des photos ensemble et rigolons encore, elle nous donne son numero de telephone, et nous propose de l’appeler lorsque nous passons a Ica, pour se regaler d’un plat qu’elle preparera a l’occasion, nous acceptons ! Nous reprenons la route pour les 3h30 restantes de la journee…Nouvelle rencontre, des francais cette fois-ci, dans un camping-car immatricule 11 (Narbonne) : Fannie (et oui, aussi ! Nicolas, Lou, et Noa. Ils viennent d’arriver au Perou apres 6 mois en Amerique Latine. Ils prposent de nous embarquer jusqu’a Puno, nous declinons. On a prevu de se retrouver le lendemain dans la ville.

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16 Janvier 2013 - J9 - Velo J6 (1h35 - 32 kms - altitude 3850 m)

Un repas de fetes pour notre bivouac la veille, avec de la sucisse peruvienne, celle-ci m'a requinque ! Reveille tout au long de la nuit par...la pluie, nous decouvrons les champs de paturage comme des marais par endroit, tant la terre s'est gorgee d'eau...Nous ouvrons la tente et apercevons avant 8h, une bergere qui amene son troupeau de moutons, elle nous demande si la nuit n'a pas ete trop froide...La premiere interview (dans le cadre de notre partenariat avec la Cite des Metiers de Marseille et region PACA) pourrait se realiser ce matin, il suffirait de se lancer !...Chose faite, nous faisons la connaissance de Rosa qui nous parle d'elle au fil des questions. Nous sommes en plein paturage, il bruine, Fannie prend des photos, nous la remercions, elle s'en va. Nous attendons que la pluie s'arrete pour remballer le camp, et mettre le cap sur Puno, pour retrouver les francais (http://en-vie-dailleurs.over-blog.fr/), afin de faire du tourisme et de plannifier notre balade du lendemain...Le soir nous refaisons le mode dans leur camping-car, nous avons des points de vue en commun...

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17 Janvier 2013 - J10 - visite des 3 iles (Lac Titicaca)

Un De Puno il est incontournable de visiter les 3 iles qui se trouvent sur le Lac Titicaca : celle des Uros (iles flottantes artificielles), Amantani, et Taquile. De nombreuses formules existent pour les touristes, avec tour-operator, sans tour-operator, paiement pour l'hospitalite des familles en direct, etc...Nous mettons nos affaires dans un deposit a l'hotel, afin de pouvoir prendre le bateau.

Nous commencons la viste par celle des Uros, ce peuple vit au beau milieu du lac, sur des iles flottantes construises de toutes pieces, a l'aide de roseau...Desormais ces iles sont vouees a etre visitees par des centaines de touristes quotidiennement. On entend meme dire qu'ils vivent a Puno et viennent en costume le matin tot avant le passage des premiers touristes. Le debarquement sur l'ile ressemble a une piece de theatre, les representants des Uros font leur metier, ils nous recoivent en faisant semblant d'etre contents de nous offrir une moment d'hospitalite...Nous sommes tres decus. Apres une heure de temps passe en compagnie des Uros nous partons pour l'ile d'Amantani, ou nous devons assister a la fete de San Sebastian et passer la nuit dans une famille de l'ile, famille Quechua.

Les vagues tapent sur la coque et le pare-brise du bateau durant les 30 dernieres minutes...enfin un peu d'action !

Une fois arrives, nous sommes recus par les familles, Fannie et moi seront chez Maria, une vieille femme quechua qui ne parle pas espagnol. Nous y mangerons tres bien, mais ne parlerons pas beaucoup avec elle.

Nous passons l’apres-midi au sommet de l’ile pendant les festivites de la San Sebastian, puis eu temple ou la vue est magnifique, et ou il faut faire le tour trois fois du sanctuaire…Nous resdescendons vers le villaje et siestons jusqu’a se faire reveiller pour le diner…Nous dinons en compagnie de jeunes colombiens charmants. La suite est delectable, car nous revetons le costume traditionnel quechua pour aller danser dans une sorte de salle communale…Apres 1 heure, nous rentrons dans notre chambre pour s’endormir sous 3 couvertures en laine…

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18 Janvier 2013 - J11 - visite des 3 iles (Lac Titicaca)

Que hora ? Que hora ? demande Maria derriere la porte, il est 6h40, elle tape a la porte…On se reveille en sursaut, et nous la rassurons en indiquant “Ocho”. En effet le rendez-vous devant le bateau est a 8h, nous y serons bien avant…Avant de rentrer pour Puno, une heure de trajet  nous attend pour nous rendre sur l’ile de Taquile, ou nous passons trois bonnes heures…de tourisme. Nous sommes amenes la-bas pour nous rendre au marche artisanal de l’ile…Puis 2h45 pour rentrer a Puno. Cette journee nous a permis de sympatiser avec un couple peruvien (Milagros et son ami) avec qui on se donne rendrez-vous a 20h pour diner en ville…Milagros est tres interressee pour repondre au questionnaire car elle a un projet humanitaire et social qu’elle souhaite presenter…Nous faisons l’interview dans un restaurant avec le dictaphone, en devorant une pizza, avec une sauce a l’ail ou aux piments, Miam !

19 Janvier 2013 - J12 - VJ7 (0h39 - 4,2 kms - altitude 3870 m)

Une matinee internet pour finaliser les modifications sur notre site, en parallele Fannie s'occupe du ravitaillement au "mercado central", on vide la chambre de l'hostal, on prepare nos affaires, un poulet broadster et des papas fritas au centre-ville (ainsi que les premieres crudites qui sont passees toutes seules) et il est deja 15h. Nous partons pour avancer sur notre parcours et trouver un bivouac. Nous sortons a peine de la ville apres une grimpette de plus de 100 m de deniveles sur quelques kilometres, que l'orage gronde !...Et la pluie s'abat et se transforme en grelons...Bonne aubaine, une station service se trouve sur l'Alti-Puno, nous nous mettons a l'abri et parlons avec le tenancier. Le temps ne change pas, la pluie revenue s'amenuise un peu, nous repartons en quete d'un endroit pour planter le campement. Un petit kilometre apres, nous apercevons au-dessus de la route une petite terrasse cachee par des arbres, ideal ! Sous la puie battante nous montons la tente...Plus tard dans la nuit, a 0h45, deux chiens aboient aux cotes de la tente, ils se prennent dans les drisses, apeures ils disparaissent, nous nous rendormons.

20 Janvier 2013 - J13 - VJ8 (4h45 - 80,8 kms - altitude 3890 m)

La journée la plus longue de vélo jusqu'ici avec le plus de kms avales. Apres la grosse rincée de la veille, le soleil nous réveille en chauffant la tente, il est alors 6h du mat’. Au moment du départ c’est l’incident diplomatique, une bergère et son lama nous interpelle et nous dit qu’on a rien a faire ici, c’est un endroit prive, des pâturages qu’ils exploitent…Son mari descend droit sur moi, je le regarde de manière bienveillante et lui explique que nous avons passe la nuit ici a cause du « tiempo » d’hier soir. Il me tend la main, l’affaire est réglée. Une poignée de mains et un sourire et nous sommes partis. Que Dieu les garde ! L’itinéraire jusqu'à Juliaca est droit et rapide, nous explosons notre moyenne avec 18 kms/h pour atteindre la ville…Nous cherchons du gaz pour notre réchaud…en vain ! Les péruviens font du camping mais avec des barbecues a bois, ils ont raison, une bonne grillade au feu de bois, il n’y a rien de tel ! Nous mangeons un peu, a noter que la viennoiserie peruvienne est excellente et bien au-dessus de celle que propose nos amis europeens. Nous sortons de la ville dans un decor et ambiance africaine, avec des engins a moteur dans un vacarme et une circulation dense...Apres etre sortis de la ville, de l'autre cote de la route, un velo assis et un "normal" derriere, des suisse-allemands qui sont en vadrouille depuis 1 an et demi...Discussion et photos, nous repartons sur la route. Elle devient de plus en plus sauvage, les kms passent, et un Rio nous suit mais s'ecoule dans l'autre sens, il s'ecoule vers le lac Titicaca qui est derriere nous maintenant.

Juliaca sonne la fin du lac, on s’en eloigne, cela nous peine un peu car jusqu’alors il était notre compagnon de route, on le voyait scintiller, s’assombrir, on entendait les vagues le soir lors de bivouacs.

Une herbe verte, detrempee dans le sillon d'une rivierem tel est l'endroit de notre bivouac ce soir. Les elements se sont donnes rendez-vous, le soleil brille tandis que les nuages gros antracites s'imposent en cette fin de journee dans des contrastes bien trempes. Notre tente le sera en debut de nuit par une averse telle qu'on se demande si tout va tenir...mais Azimut Nature veille...Deux chiens errants viennent nous rendre visite en aboyant, ils se montrent effrontes en approchant de la tente, je marche vers eux bien decide a les faire partir, le regard droit vers eux...Ca marche, ils tournent, reculent...Ils reviendront chanter et aboyer au moment ou nous essayons de dormir vers 21h30...Ils finieront par se lasser et nous laisser dormir.

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21 Janvier 2013 - J14 - VJ9 (4h30 - 76,5 kms - altitude 3860 m)

Le soleil brille lorsque nous nous reveillons vers 6h45, Fannie s'est reveille un peu avant, j'emerge alors qu'elle est en train de lire. Un p'tit dej de flocon d'avoine et de quinoa dans du the, avec des morceaux de bananes, un delice ! Nous nous attelons a nos taches quotidiennes de nomades afin d’empacter notre “maison” et les affaires relatives, tout commence a être bien rode…Nous partons tôt, la route est libre, il y a très peu de circulation. Comme tous les jours, chaque voiture ou camion klaxonne derrière nous ou a notre niveau pour prévenir…Le klaxon, une habitude péruvienne a toute occasion ! Tres souvent aussi les voitures balancent un coup de klaxon lorsqu’elles nous croisent, double d’un signe amical de la main…On ne voit pas passer les trois premières heures, sachant que nous nous arrêtons des le 1ere a Pucara en quête d’eau (après une galère de filtre a eau la veille au soir)…et de Viande !! Pas d’ empanadas con carne ici mais après une demi-heure d’attente, viennent a nous deux sandwich garnis de viande d’agneau délicieuse et d’oignons juste caramélises…un REGAL ! Nous repartons le sourire aux lèvres…Pour la 3eme fois, une attaque de chiens !...Le scenario est toujours le même : nous roulons tranquillement a fiere allure lorsque 1 ou 2 de ces canidés nous aperçoivent d’une maison en retrait de la route, tres souvent une maison de berger, ils se mettent alors a aboyer en courant dans notre direction et de plus en plus vite, jusqu'au niveau de nos mollets qui bougent. En general on pousse des grands cris qui les font hesiter une fois sur nous, puis ils s'essoufflent et se retirent de la partie...Puis un autre incident benin, 2 heurs avant le village le plus proche. mon pedalier se met a grincer, il est vrai que l'on roule depuis des jours, avec de la pluie chaque soir, et rajoutez a cela la poussiere et parfois la boue...En fait plus que mon pedalier, c'est ma chaine. Je rachete une burette d'huile et le tour est joue ! Le vent souffle fort sur la route de Cusco, poar chance nous l'avons dans le dos, le compteur de ma montre indique ainsi 28, 30...puis 33 km/h en velo, ca avance tout seul ! Je degaine la GoPro pour immortaliser l'ambiance...Nous trouvons un emplacement de bivouac "debut du monde", une grande plaine marecageuse entouree de montagnes, et des rideaux de pluie au loin semblent delimiter cette plaine. Tres loin un troupeau de bovin, il est difficile de dire, surement des vaches. L'ambiance est sauvage !

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22 Janvier 2013 - J15 - VJ10 (4h04 - 46,5 kms - altitude 4383 m)

Une forte pluie et des vents violents se sont abattus sur notre tente cette nuit. Au reveil, notre endroit plat de vegetation basse s'est transformee en marecage et en tapis d'eau...Pour acceder a notre bivouac la veille, nous avions traverse une voie ferre avec nos velos charges, nous y descendions !...ce matin il faut faire l'inverse ! Il ya tres peu de voitures sur la route, les paysages changent encore, nous entamons une route de vallee au milieu de sommets de 5000 m. Ce matin d'ailleurs, Surprise ! La pluie que nous avions etait de la neige quelques centaines de metres de deniveles au-dessus. Tout devient beaucoup plus sauvage que ce que l’on avait vu jusqu'à present, meme sur les iles du Lac Titicaca l’ambiance n’était pas la meme. D’apres la carte nous devrions monter d’au moins 500 m de deniveles aujourd’hui…Une halte a Santa Rosa pour trouver de la gasolina pour notre rechaud, car notre cartouche de gaz est bien entamee. On en profite pour faire le plein de proteines avec un « bifteck con huevo » et on se delecte de sauce « piquante ». Galere d’hier, l’appareil photo n’a plus de batterie, et on se rend compte que le chargeur soilaire n’est pas assez puissant pour le recharger ! Il nous reste 30 kms de cotes pour atteindre le Col de la Raya, la Raya nous parait familier, est-ce l’endroit vu dans le Grand Bleu ?? Cela nous laisse reveur, en tous cas on retrouve bien les paysages representes dans le film, c'est Magnifique d'etre la !! Partout ou mes yeux se posent, je reste reveur car les images  sont epoustouflantes de grandeur, de contrastes, et de couleurs...Les coins que traversons sont typiques et nous rappelent comme l’homme peut vivre de ses elevages, de ses cultures, et de modestes prelevements a Dame Nature, pour les habitats et les espaces de vie…Notre objectif de la journee est d’atteindre le col a 4330 m sur les panneaux et a 4380 m sur ma montre, ce sera fait !

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23 Janvier 2013 - J16 - VJ11 (3h45 - 61 kms - altitude 3640 m)

Tout autour de nous un decor encore tres sauvage...Une petite pointe a 45 kms/h pour debuter la journee dans une belle descente au-dessus de laquelle broutent des alpagas...Pas trop de circulation, excepte des bus, sans doute en provenance ou en direction de Cusco.Dix kms de descente sans se fatiguer, et nous arrivons dans une grande plaine entouree de sommets : Aguas Calientes ! Une station thermale haut perchee sur un plateau peruvien ou s'ecoule de l'eua a plus de 50 degres, et chargee en oxyde de fer, ce que rapelle la couleur orangee ou rougeatre des canaux et du bord des bassins. Trois soles et nous rentrons dans l'enceinte accompagnes de notre bardas et de nos montures. des cabines de fortune pour se changer et nous voila en sous-vetements pour nous baigner dans cette eau bien meritee, avec vue sur un sommet enneige. Nous y barbotons, nous nous lavons ainsi que notre linge, comme font certains locaux. Deux heures apres nous festoyons d’un pollo delicieux cuit dans un four de terre juste devant nous, a l’entree des thermes. Nous enfourchons nos velos pour une trentaine de kms de…descente ! Les paysages changent, verdissent, de plus en plus de champs, de cultures, et des hameaux ou villages qui se suivent…Puis Sicuani, une petite ville pour acheter de quoi manger ce soir, une ambiance pas terrible, avec la ville qui s’etend, s’etend et des bus a ne plus en finir…Nous en avons un peu marre de cette circulation. Du coup, compte tenu de l’enchainement des villages, nous ne trouvons pas d’emplacement pour faire un bivouac…Il est autour de 17h lorsqu’une butte sur le cote droit de la route ferait bien l’affaire…Nous attendons que les paysans des alentours rentrent leurs betes, quand un travailleur alcoolise vient nous rentre visite, il nous montre ses muscles, nous dit qu’il y a eu des morts dans le rio, nous dit qu’il habite pas loin et veut nous inviter a dormir. Pas question ! Nous repartons tard a la nuit tombante pour trouver un autre endroit. Derriere une ferme abandonnee, nous deployons la tente en pleine nuit. Nous voila au calme...

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24 Janvier 2013 - J17 - VJ12 (5h40 - 74 kms - altitude 3320 m)

Les betes sont menees au champs lorsque nous plions la tente pour prendre la route. Il est aux environs de 8h et le soleil est deja bien fort, en effet moins d’air frais car nous sommes descendus d’environ 1000 m depuis 2 jours. Apres peu de kms nous croisons le premier village, une mere et sa fille attendent un bus avec un filet de poules vivantes qui se montent dessus et se donnent des coups de becs, promiscuite oblige. Un autre filet de canards est a cote, plus sages. La mere nous propose un echange standard : un filet contre un de nos velos...L'humour permet de casser la glace, ca fait 2-3 minutes que j'imite la poule et le canard, les quechuas sont plies en deux ! La suite de la route se fait le long d’un rio magnifique aux eaux tumultueuses. L’eau est de couleur marron avec ue ecume plus claire lorsqu’elle gonfle sur un obstacle, le courant est rapide, si rapide que des vagues enormes se forment. Quelques descentes s’offrent a nous et les velos tremblent et poussent des cris d’acceleration lorsque le vent s’engouffre dans les rayons. Des aplombs importants encerclent certains villages…Une mere lave le linge dans un petit torrent d’eau claire: A s agauche une charette dans laquelle est assise une petite fille qui me regarde avec de grands yeux, derriere elle un sommet magnifique qui s’eleve dans le ciel. Le tableau est trop beau, je manque volontairement de faire la photo, je ne veut pas deranger ces gens…Ensuite dans l'apres-midi, le vent souffle fort et nous l'avons de face. Malgre une descente nous devons pedaler pour avancer, on se croirait dans une cote ! La GoPro sur le front, je filme le vent qui couche la vegetation et le bruit dans la camera est typique de la tempete ! Quelques kms avant Urkos, 4 chiens se mettent en quete de nous mordre, l'un deux deveint tres agressif et me poursuit en pleine cote, je lui decroche un coup de pied de colere au museau, il s'eloigne...Quand a Fannie, elle pousse une gueulante contre un autre chien, celui-ci decroche et revient vers le bas cote de la route...

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25 Janvier 2013 - J18 - VJ13 (3h35 - 52 kms - altitude 3420 m)

Fatigues ce matin, nous avons fait un diner leger la veille en calories, mais neanmoins bien nutritif a base de legumes et oeufs. Mais les forces nous manquent, nous avons faim tout le temps ! A chaque qrret pipi, boisson, photo, on pense a manger ! Apres une quinzaine de kms nous arrivons a Andahuaylillas, ou il existe une eglise de toute beaute et un musee de cranes deformes...L'endroit est charmant, les rues et la place ont ete "dales" par les Incas a l'aide de galets. Nous visitons le musee, une momie d'enfant dans un linceul est accroupie au milieu d'offrandes et d'amulettes dans une vitrine...Elle semble pensive tant elle fait encore humaine. Plus loin un crane ovoide qui pourrait etre celui d'un extra-terrestre...Enfin les cranes deformes de certains Incas qui volontairement portaient des protheses afin d'allonger le crane,le resultat est stupefiant ! A la sortie du musee, nous tombons sur une boutique de poupees et de textiles peruviens tenue par des femmes : el projecto Q'Ewar. Les poupees en tissu sont magnifiques, les vetements le sont egalement. Deux ouvrieres s'activent sur un table a la confection : Paulima et Neli. Elles acceptent une interview apres une discussion de quelques minutes ! Timidement elles repondent au questionnaire, et nous proposent de rencontrer senior Julio, le president de l'association. Nous sommes accueillis dans les hauteurs du village, mais compte tenu de l'absence de beaucoup d'ouvrieres, on nous propose de revenir en debut de semaine suivante. Nous redescendons nous regaler d'une soupe et d'un plat traditionnel pour 4 Soles par personne. Les plats sont succulent ! Nous descedons de la ville, tout tremble, le velo, mes bras, ma casquette, ce sont les paves des rues Incas...J'en perds le panneau solaire, mais m'en rend compte une fois arrive en bas de la rue. Une habitante vient vers nous pour nous le rendre...Apres 2 heures de routem nous cherchons des choses sucrees a nous mettre sous la dent, mais rien a part du pain facon viennois...La suite se deroule sous la pluie jusqu'a Cusco, et sous la boue surtout, nos velos en sont plein et nous aussi !Nos velos se mettent a grincr sous l'effet collant de la boue. Ensuite 8 kms de ville sur une avenue a 3 files, ou les bus et taxi se rabattent, demarrent sans cesse. Puis la Plaza de Arma, magnifique architecture ! Des allemands nous indiquent un camping "vert" sur les hauteurs de la ville, pour l'instant nous finissons dans un hostal pour se reposer de notre grosse journee.

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Pour proteger nos fesses de bebes

Nous roulons en moyenne 50 a 60 kms par jour en velo, cela necessite de tres bon vetements appropries contre les frottements. Nous avons opte pour un short cycliste et un corsaire cycliste ASSOS, tous deux fournis par notre partenaire Sport-Avenue / Twinner Riviera Sport.

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Les + : simplicite a enfiler, grand confort malgre un maintien impeccable, aucun frottement sur les zones sensibles, peau de chamois epaisse anatomique homme/femme et non deformable, textiles regulateurs de temperature.

Les - : textile exterieur fragile


 

26 Janvier 2013 - J19 - Cusco

Ce matin est synonyme de logistique : trouver et s'installer au camping "vert" Quinta Lala, faire laver notre linge, aller sur internet, et glaner des infos sur la ville et ses environs. Nous pensions n epas faire de velo, mais nous voila partis pour les hauteurs de Cusco, direction le site archeologique Saqusaywaman, a environ 3 kms, avec une cote bien prononcee qui nous parqit interminable, et avec un soleil qui plombe a plus de 25 degres. L'endroit est tres accueillant, avec des alpagasm des lamasm un coq et ses poules et des petits chiens de compagnie. La tenanciere Milagrosa, une hispanique d'une trentaine d'annees tient tres bien les lieux ! Nous avons rendez-vous avec un ami d'enfance de Fannie, Teddy qui vit au Perou depuis 5 ans. Nous dejeunons en compagnie de lui et sa copine peruvienne qui parle parfaitement le francais. Ils sont tous deux professeur a l'Alliance Francaise a Cusco. Lui travaille en parallele pour un tour-operator et elle est anthropologue dans un centre de recherche. Ils nous dispensent plein de bons conseils pour nos jours a venir. Merci a tous les deux !


 

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27 Janvier 2013 - J20 - Cusco

Deuxieme jour a Cusco, on demarre par le quartier boheme de la ville : San Blas. Ce quartier est dans les hauteurs de la ville. Nous empruntons des escaliers dans les rues qui rappellent une ambiance mediterraneenne. L'endroit est beau et il n'y a pas beaucouip de touristes. Quelques europeens et quelques peruviens cohabitent... Un lama est la star pour des photos, il pose avec des touristes sans rechigner. Nous descendons vers la place des armes, nous y arrivons et prenons quelques photos. Une jeune femme vient vers nous, et nous demande si nous parlons espagnol, je lui reponds que pas nous ne parlons pas tres bien. Nous conversons en anglais. Elle nous dit faire un reportage sur les americains qui se sont fait attaquer  dans une vallee pas tres loin de Cusco, et nous demande si elle pourrait faire quelques plans de nous et de nos tenus vestimentaires, en montrant le cameraman qui l'accompagne...Nous avons faim et cela nous fait hesiter...Et puis mince, c'est une autre maniere de decouvrir Cusco et le Perou !! On monte tous dans un taxi, direction le site de Saqusawaman, a 50 m de notre camping, pour faire des poses et des plans filmes pendant 15 min...Nous voila americains aux yeux de la camera ! Les americains en question se sont fait tabasser et ruiner leur vehicule par une communaute vivant en autarcie et n'ayant pas l'habitude des touristes...
 

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28 Janvier 2013 - J21 - Cusco y Andahuaylillas

Ce jour nous avons rendez-vous a Andahuaylillas pour visiter et rencontrer les membres de l'association du projet Q'Ewar, projet a vocation sociale et dont l'objet est la fabrication de poupees en tissu . Le moment ideal pour eux est 15h. Soit nous nous organisons pour descendre en ville a Cusco, aller manger au marche, car il semble que les mets locaux soit delicieux, copieux pour la modique somme de 3,5 Soles. Tous les locaux sont assis sur un banc, devant les cuisinieres et leur stand de 1 m de large sur 2 m de profondeur. Quelques minutes auparavant, nous nous sommes arretes a un stand ou l'on fait des jkus de fruits frais, avec une variete digne du Perou ! Un regal et de quoi se ressourcer....Nous allons au sud de la ville et empruntons l'avenue par laquelle nous sommes arrives, avenue de la "Cultura", pour nous rendre au Ministere de la Culture et acheter nos billets pour le Machu Picchu. En effet c'est le seul endroit ou acheter les billets, sans doute un moyen d'eviter le marche parallele de vente de "boletas". Pas loin de la, nous trouvons la "estacion" pour prendre un bus et aller a Andahuaylillas. L'idee de repartir en arriere nous deplait un peu, en effet nous avons deja fait cette route dans l'autre sens, en velo, avec un sentiment d'accomplissement une fois arrives a Cusco. Ce sentiment se veut derange par ce "retour en arriere" ! C'est une pemiere en transport collectif peruvien. Les cotes erreintantes sont lissees par les bus, toutes les routes que nous avions percu comme magiques, tous les cols que nous avons gagne a la force des jambes sont banalises...Arrives a Andahuaylillas, nous filons instinctivement vers les hauteurs ou se trouve l'association. Nous passons 2h30 en compagnie de toutes les ouvrieres en visitant chacun des ateliers a differents stades de la confection des poupees. Certaines timides, d'autres plus interactives, nous avons egalement le plaisir d'interviewer la femme du president de l'association qui nous explique le role de la femme au Perou, et la place de l'assocation de l'emancipation de la femme...
 

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29 Janvier 2013 - J22 - Visite de la Vallee Sacree (1er jour)

Les deux prochains jours, nous allons visiter la Valle Sacrée…Ce jour nous partons pour Moray et Maras. Le temps d’avaler deux empanadas en ville et nous nous rendons au départ des bus en cette direction (direction de la ville d’Urumamba dans cette vallée). Nous négocions le prix de nos tickets de bus, c’est devenu une habitude compte tenu de celles des locaux…Nous grimpons au-dessus de Cusco et les endroits que nous découvrons sont très verts, la présence de l’eau est importante et le décor en est le témoin. Apres un peu de route nous arrivons sur le site de Moray. Le site se présente comme un amphithéâtre principal et de deux secondaires, plus petits à proximité, ils sont constitués de plusieurs terrasses disposées en cercle concentriques. L’ambiance est zen, le soleil partage la vedette avec de gros nuages gris, nous nous sentons très bien au centre de l’amphithéâtre. La visite se fait en 45 min, le temps de descendre sur le site et de revenir aux abords…Nous empruntons ensuite une route magnifique avec de grandes plaines escarpées vertes, derrière lesquelles culminent des sommets d’une couleur noire tranchante sur ces pâturages au vert étincelant. Las Salinas de Maras, un site grandiose, ou se révèlent des centaines de terrasses creusées dans la colline par les Incas, pour y extraire le sel, car irrigue par des eaux volcaniques riches en fer et en sodium ! Nous nous promenons entre ces terrasses et comprenons le principe d’irrigation et de décantation des eaux. Je goutte l’eau, elle est chaude, ferreuse et très salée. Ces « salinas » sont encore exploitées actuellement, et cela depuis les Incas…Notre retour à Cusco se fait avec de belles images en tête...


 

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Le retour en France après plus de 5 mois d'expédition...

 

 
Lundi 08 juillet 2013
 
Notre expédition s'achève un peu plus tôt que prévu pour des raisons de budget et de climat, puisque la saison des pluies est maintenant bien installée au Népal...
 
Nous remercions tous nos partenaires sans qui l'aventure aurait été difficilement réalisable !Nous remercions également toutes les personnes qui ont suivi notre périple durant ces 6 derniers mois, qui nous ont écrit, qui nous ont soutenu, qui nous ont encouragé, qui nous ont aidé...!
 
Nous sommes revenus avec des images inoubliables en tête, le souvenir de rencontres mémorables, insolites, émouvantes...
 
L'apprentissage de nouvelles cultures, de nouveaux référentiels...La découverte et la contemplation de nombreux visages de notre belle planète Terre...Nous espérons d'une manière ou d'une autre pouvoir vous présenter prochainement les fruits cueillis de notre aventure...
 
Fannie & Flavien

Pour notre avancée en terrains varies, de bonnes chaussures sont indispensables

Le vélo au quotidien nécessite des chaussures souples pour pédaler.

Nos marches d’approche nécessitent une bonne résistance à l’abrasion, du confort, de l’étanchéité sur des terrains humides ou boueux.

Les chaussures Millet Switch, fournis par notre partenaire Sport-Avenue / Twinner Riviera Sport, remplissent totalement ces prérogatives.

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30 Janvier 2013 - J23 -Vallee Sacree (2eme jour)

par Fannie

        Ce jour, nous nous réveillons tôt, nous avons prévu de visiter la deuxième partie de la vallee sacrée : visite des sites de Pisac, puis Ollantaytambo, puis rejoindre Aguas Calientes pour monter au Machu Picchu demain.

Nous plions la tente, prenons le strict nécessaire et laissons nos vélos et le reste au camping.

Un vieil homme nous propose de nous emmener jusqu'au terminal de bus qui nous fait gagner un temps précieux. Le mini bus quasi tout neuf nous emmène a Pisac…quelques kilomètres avant, un arrêt subi : le chauffeur n’a pas les papiers du véhicule et a repère les policiers deux lacets plus bas…des gens commencent a descendre a pied…finalement on redémarre et récupère les personnes plus bas…quel folklore !!! Arrives a Pisac, il pleut, Flavien a mal au cœur (conduite du chauffeur très brutale)…il est déjà 10h30, on décide de ne pas voir le site de Pisac faute de temps et de privilégier la visite d’Ollantaytambo située à 75 km au nord-ouest de Cuzco et à 2792 m d'altitude.

Deux bus plus tard, nous avons 2h30 pour visiter, manger et se rendre à la gare pour attraper notre train.

Quel site !!! Cette forteresse inca dont le nom signifie l'auberge d'Ollantaytambo, du nom d'un guerrier, fut le siège de combats acharnés entre Incas et Espagnols, Manco Inca s'y réfugiant pour tenter de fédérer la résistance inca après la chute de Cuzco.

Je suis séduite par les murs de pierre qui sont d’une précision incroyable, il se dit qu’une lame de couteau ne passerait pas dans les jointures ! Les blocs furent transportés et montés jusqu'au temple par un système de plans inclinés, depuis les carrières qui se trouvent à environ 6 km.

Nous découvrons ce qu’a pu être une cite inca avec  ses bâtiments, ses rues, ses patios et des canaux d’irrigation partout, avec une vue imprenable sur la vallée.

Nous baladons en serpentant les rues, les restanques, une atmosphère agréable se dégage, mais nous devons déjà repartir pour la gare. ​

A 15h30, départ du train touristique du Machu Picchu pour la ville thermale d’Agua Calientes, village qui est situé au bord du Río Urubamba le plus proche du Machu Picchu situe a une altitude de 2040m.

Nous ne sommes pas enchantés de prendre ce fameux train, nous avons tellement entendu de mal sur cette liaison très chère et très touristique car c’est le moyen le plus rapide et le plus facile pour approcher le site du Machu Picchu. Nous avons opté pour ce choix car le treck par le chemin de l’Inca est fermé pour le mois de février.

Nous sommes sur le quai avec d’autres touristes…pffff..Nous montons, sommes bien installés, et nous démarrons...après quelques minutes nous découvrons avec surprise et émerveillement que nous longeons un Rio énorme, puissant.

Le train s’enfonce durant 1h30 dans la jungle en longeant le Rio !! Nous sommes collés a la vitre en extase devant ce fleuve, la flore luxuriante…des orchidées accroches nous regardent, des montagnes vertes s’élèvent droites…c’est MAGNIFIQUE…nous arrivons dans la ville thermale sous le charme du trajet, a une altitude de 2040m, une moiteur et des odeurs nouvelles nous entourent.

C’est la première fois depuis notre arrivée que nous nous trouvons si bas en altitude !!!

 

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31 Janvier 2013 - J24 - Machu Picchu y Waynapicchu

Le réveil de ma montre sonne brusquement, il est 3h50 du matin…Le site du Machu Picchu ouvre ses portes a 6h, il nous avons apriori 1h30 de marche pour y arriver.  Le Rio impassible devant l’heure matinale, gronde toujours de ses milliers de mètres cubes seconde…Des frontales passent sur le chemin plus loin en direction du Machu. Nous rejoignons le groupe devant de grandes portes métalliques grillagées, qui laissent apparaitre derrière un pont et une forêt équatoriale épaisse qui grimpe dans sur versants raides, rappelant l’enclos du Jurassic Parc…Peut être va-t-on trouver des dinosaures ?? Des 5h les gardes ouvrent les grilles pour nous laisser entamer la montée vers le sanctuaire…A ce moment la, la pluie se met à tomber a grosses gouttes, nous sortons les ponchos étanches… Finalement nous mettons 45 min pour arriver devant les portes d’entrée du Machu Picchu. Nous sommes les 3eme à pénétrer dans cet antre…La brume est partout, le jour s’est levé il y a 30 min environ, nous partons vers la gauche en direction de la porte du soleil, nous ne voyons pas le site sur notre droite…45 min plus tard nous nous rendons compte de notre erreur : ce chemin amène a la porte du soleil et pas du tout au site du Machu Picchu. Nous redescendons et la devant nous il apparait. Nous n’étions qu’a quelque mètres ce matin, mais ne l’avons pas vu compte tenu de la brume…Entre temps quelques touristes ont pris possession du site, mais heureusement pas beaucoup. Nous traversons rapidement cette citée Inca, pour nous rendre au pied du Waynapicchu, la montagne qui surplombe la cité du Machu Picchu…L’ascension est magnifique, et la sensation que nous avons est de gravir un donjon, tant tout est raide, tant c’est pierreux autour de nous, enveloppe de brume, et de paysages escarpes. L’ascension se termine par des marches tellement raides et étroites que nos pieds se posent de profil, et nous les gravissons avec les mains comme une échelle. Un bâtiment de pierres nous coiffe littéralement, tellement la pente est raide. Nous le traversons et grimpons des marches au-dessus pour arriver au sommet de l’édifice…Une ambiance et une beauté inégalable. Les Incas savaient  ce que voulait dire : vivre au cœur de la nature dans son état le plus sauvage. Nous restons près d’une heure comme dans le ciel, en apesanteur, tellement nos yeux ne voient que les cieux tout autour. D’un coup, nous percevons en contrebas le site de la cité, qui dévoile ses charmes géométriques. Puis nous entamons la descente, sensible par endroit, car tout est glissant avec la brume et la pluie…De retour sur le site du Machu, dans la Cite…Nous découvrons partie après partie, et la situation de l’endroit nous parait de plus en plus familière. Nous y savourons les pierres, les paysages, le changement de temps avec l’alternance du soleil et de la pluie, de l’air frais et de la chaleur « gonflée » de moiteur. Les salles visitées sont mystérieuse d’histoire, d’images d’une civilisation disparue…Les terrasses est et ouest vouées a l’agriculture témoignent de l’autarcie de la cite…Nous quittons les lieux après des heures de voyage dans le temps…

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06 Fevrier 2013 - J30 - VJ14 (4h42 - 50 kms - altitude 3590 m)

Plus de 10 jours a Cusco, avec hier la preparation des velos : lavage, graissage de nos deux montures. Fannie commence a conditionner les affaires et refaire les sacs. La sortie de la ville n'est que montee et grimpette...A peine sortis de la ville, devinez quoi, la pluie se met a tomber a grosses gouttes en quelques secondes ! Le temps de tout mettre dans les sacs etanches et d'enfiler nos ponchos, on est a l'"abri"...Nous repartons avec une route sinueuse qui descend desormais avec une pluie equatoriale. Durant notre trajet du jour, la pluie alterne avec des passages "secs"...Nous gardons le poncho, il est de regle aujourd'hui. La region porte un nombre tres important de taureaux, on en croise plusieurs dizaines au bord des routes et dans les pres. La region est riche en elevages. Encore des chiens et toujours des chiens qui nous courent apres ! Notre bivouac est emprunte a un terrain pierreux et de petite vegetation en hauteur d'un village avec un "balcon" sur des champs en contre-bas...Et un magnifique arc-en-ciel qui nous souhaite la bienvenue, on l'a bien merite !

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07 Fevrier 2013 - J31 - VJ15 (4h42 - 50 kms - altitude 2132 m)

La pluie n'a cesse de tomber toute la nuit. Apres un moment eveilles, nous sortons des fils de couleurs en coton pour....confectionner des bracelets bresiliens, comme quand on avait 15 ans ! On les appellera "bracelets peruviens" ! Apres un bon moment, vu l'heure, soit la pluie s'arrete, soit nous sortons commes des escargots...Les dieux nous ont compris, quelques gouttes terminent leur course sur la toile de la tente, et le soleil se met a cogner. Nous partons gaiement apres un bon repas de midi, a l'horaire la plus tardive jusqu'alors. Nous arrivons a un col a une altitude de 3750 m apres quelques kilometres. Nous ne connaissons pas la configuration de la route, une bonne surprise nous attend : les 40 prochains kilometres vont etre de la descente ! Des belles courbes et des belles epingles, avec des paysages d'un vert etincellant. Nous prenons de la vitesse, on frise les 45-50 kms/h, je mets la GoPro sur la tete pour avoir quelques images ! On croise plein de taureaux qui broutent sur les bas-cotes de la route, ils restent impassible...Excepte un qui meugle au moment ou on passe, comme si il avait entendu Fannie le traiter de vache quelques instants auparavant ! Une halte de plusieurs minutes  a Limatambo pour deguster des grains de mais sales (mon peche mignon !) et les habas (feves tranchees, sechees, et salees, le peche mignon de Fannie !). Des enfants en velo s'approchent de nous, la remorque de notre partenaire Cycloboost les intrigue ! Il ne se passe pas une journee de velo sans que des gens s'interessent a notre remorque Aevon, la prennent en photo ou sourient en la voyant ! Elle est decidemment atypique et tres pratique !...Nous sortons de la ville lorsque le soleil commence a se voiler, un rio serpente  en direction de la vallee, nous le croissons a deux reprises. La route perd de son bitume au profit de graviers et de pierres, et de coulees de boue en travers de la route, la pluie se met a tomber. Nous enfilons rapidement nos ponchos. Pour l'anecdote, la capuche de mon poncho ayant tendance a finir sur mon visage, je rajoute toujours ma casquette en-dessous qui fait maintien...Cela etant dit, nous evoluons dans des gorges jusqu'a arriver au quasiment au fond. Au detour d'un virage, la falaise a droite et a gauche un rio, gonfle par les petits que nous avons croise, dont le courant dissuaderait d'y tremper les pieds. Des cris d'oiseaux viennent de la falaise, on ne voit rien que la roche et la vegetation...Ils doivent etre au-dessus a une trentaine de metres. Puis d'un coup l'envol de 3 ou 4 perroquets d'un vert clair magnifique ! Le versant de la falaise en face grimpe de pres de 150 m, des cactus s'edifient sur les parties les plus hautes, surement les moins humides...Nous arrivons au point le plus bas a 1 960 m d'altitude, sur le pont qui traverse le rio (soit 1 800 m de deniveles negatifs dans la journee). Jusque la peut etre notre plus belles journee, lorsqu'il se fait tard et nous devons trouver un emplacement pour notre bivouac, la nuit tombe, Fannie m'appelle, son pneu avant est a plat !...Le temps de regarder et le pneu arriere aussi ! Bloques a cet endroit, la nuit noire totale, nous cherchons un endroit pour dormir ! Pas le choix on regardera tout cela demain...La suite c'est pluie, insectes nocturnes en tout genre, une chaleur moite et le bruit de camions a ne plus en finir...

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08 Fevrier 2013 - J32 - VJ16 (3h17 - 21 kms - altitude 2750 m)

Denivele positif : + 772 m & Denivele negatif : - 106 m

Un reveil difficile car pas beaucoup dormis, et le chant des camions toujours present nous met directement de mauvaise humeur ! Je passe une heure quasiment a reparer les crevaisons de la veille. On retrouve 4 epines de cactus seche sur la roue avant et 5 sur la roue arriere...La crevaison etait inevitable ! Resultats des crevaisons , pompe anti-crevaison a l'arriere (qui n'a pas tout de suite tenu) et changement de chambre pour l'avant ! On bidouille les derniers affaires avant de partir lorsqu'un camping-car s'arrete et fait marche arriere...Qu'est ce qu'il nous veut ? Pas tres sociable ce matin, je suis pret a leur bondir dessus...C'est pas possible, le logo "En-vie-d'ailleurs", Nicolas, Fannie, Lou et Noa ! Comment est-ce possible, ce n'etait pas leur itineraire ? En fait cela fait 10 jours qu'on joue au chat et la souris sans le savoir autour de Cusco et du Machu Picchu ! Ils ont meme dormis devant notre camping alors que nous etions aux abords du Machu ! En fait ils ont change d'itinerire pour des questions de logistique...Le soleil tape tres fort, nous n'avons pas beaucoup d'eau, et pas mange a part un petit dejeuner leger il y a quelques heures maintenant...Nou partons sous le soleil de plomb, il est midi passe, decidemment nous partons tres tard ces derniers jours ! Les lacets sont interminables et grimpent d'un bon pourcentage, je suis en train de cuire des bras et de la nuque, je mets ma veste noire Chullanka, mais la temperature a l'interieur monte en fleche, du coup je perds anormalement de l'eau, deja que nous n'en avons pratiquement plus a ce moment la ! David Manise nous l'avait bien dit, pas d'efforts qui font monter trop vite la temperature corporelle en cas de manque d'eau, et se protege du caniard pour eviter la deshydratation acceleree ! J'ai tout faut ! Plus on monte, moins on en voit le bout et plus le manque d'eau se fait severement ressentir ! Apres 3 heures de montee et 15 kms nous arrivons a Curahuasi et l'heure est a la boisson ! Petites emplettes pour le soir et nous repartons. Entre temps je verifie visuellement sans cesse que le pneu de Fannie ne se degonfle pas ! Nu avancons au milieu des champs et des habitations lorsque a la sortie du village une maison type salle communale avec de grandes baies vitrees attire mon attention. Devant elle une belle pelouse verte avec des arbres au moins centenaires ! Voila un bel emplacement pour un bivouac...Un homme vient immediatement a notre rencontre, il nous fait visiter les leix, la salle est grande, il y a l'electricite, un grand lavabo avec de l'eau fraiche, et pour les toilettes...c'est l'arriere de la salle communale ! Il nous proposede nous installer pour la nuit ! Belle aubaine, Fannie voulait se debarbouiller avec de l'eau claire !

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09 Fevrier 2013 - J33 - VJ17 (4h45 - 30 kms - altitude 4030 m)

Denivele positif : + 1158 m & Denivele negatif : 0 m

Nous nous reveillons avec la sensation d'avoir bien dormis, il est tot . La famille peruvienne qui en fait loge parfois dans les "appartements" de la salle communale, s'active et nous les entendons sortir. La veille le gardien, chef de famille, etait rentre ivre et nous avait tenu la jambe en parlant et en repetant toujous la meme chose, un gars bourre en quelque sorte ! Du coup pour rester un peu tranquilles nous n'avons pas manifeste quelconques gestes en les entendant, faisant mine de dormir...Sauf que j'ai leve la tete lorqu'il est sorti, et il m'a vu...reveille donc. Il entre et commence la causette. Fannie emerge et rale, il repart au bout de 10 minutes, comprenant que nous partirons vers 8h. Nous partons en saluant toutes les personnes vues la veille, le soleil nous accompagne en ce debut de journee, pour laisse place ensuite aux nuages. Au detour d'un petit hameau, nous trouvons un restaurant de fortune ou s'est arrete un car peruvien, quelques personnes en sorte pour se restaurer. Une femme y prepare des chicharrones de porc avec une pomme de terre et du mais bouilli puis grille. Nous avons bien faim et attendons notre plat dns une barquette pour le devorer. Nous depensons beaucoup de calories car nous montons sans cesse depuis ce matin, a une allure faible entre 5 et 7 kms/h. La pluie nous rejoint et alterne suivant le deplacement ds nuages. Deux heures apres, nous mangeons a nouveau, du pain, fromage et fruit. La derniere heure semble interminable, le col joue a cache-cache avec nous ! A chaque endroit au detour d'un virage ou nous pensons l'apercevoir, il se derobe...Nous passons pres de 5 heures sur nos velos a parcourir 30 kms et un denivele positif de 1200 m ! Les sensations sur le velo sont reduites a un automatisme, les jambes s'activent, les yeux sont rives sur le hut des montees, l'objectif donne la cadence...Le brouillard s'en mele sur la derniere demi-heure, le col est proche, nous le franchissons a 4030 m et installons notre campement  sur une ancienne route desaffectee, avec une mare dans laquelle nous tirons de l'eau a filtrer. Nous mangeons et ecrasons nos duvets, a un bemol pres, les piqures de moucherons de la veille au matin sortent en cloques enormes rouge vif et qu'elles grattent affreusement ! On s'endort a 20h30...Reveilles a 23h pour un pipi, dehors l'ambiance est fantastique : nuit claire et brume, les ombres des collines avoisinantes, nous sommes seuls au monde...Je rentre dans la tente, me glisse dans le duvet le sourir aux levres et plonge dans un sommeil reparateur...

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10 Fevrier 2013 - J34 - VJ18 (2h34 - 36 kms - altitude 2500 m)

Denivele positif : + 38 m & Denivele negatif : - 1504 m

Je me reveille en forme, et j'ai tres faim, les pates de la veille ne m'ont pas suffit ! Nous dejeunons et rangeons nos affaires. Des camions au loin passent le col, nous les entendons. Nous traverons une grande rigole au bord de la route... Il s'agit de fair passer les velos dans un ecoulement qui de profil se presente comme un grand "V". Les roues l'une apres l'autre et de l'elan, et le tour est joue !  L'ambiance ce matin est feutre, du brouillard, des uages qui arrivent et se dissipent. Parfois des gouttelettes d'eau nous rafraichissent le visage quelques secondes : nous passons dans un nuage...La route qui ne cessera de descendre jusqu'a Abancay, 1500 m plus bas, est sinueuse et s'enchaine dans de belles courbes d'une route de montagne. Ce jour nous prenons plein de photos de nous en situation : a velo, au travers des virages que nous offre la route...Et plein de film egalement. Je me poste en haut d'une courbe sur laquelle j'ai une parfaite visibilite, et filme Fannie. L'action est pure et passante, une poesie de nomades ! Fannie prend de l'avance, je l'apercois environ  1 km devant moi, apres une courbe sur la gauche, l'image est glissante...Nous sommes dimanche, et le dimanche...les peruviens s'endimanchent pour aller dejeuner. A l'entree de la ville dans les hauteurs un restaurant attire plein de locaux, qui arrivent en voiture familiale ou bien en taxi...Nous nous arretons, dans notre costume du dimanche en velo…pour reprendre des forces . Deux petites heures apres nous arrivons dans le centre, la ville est toute en pente, notre chargement pese lours derriere nous. Nous debarquons a l’Hostal Omega, nous y passerons deux nuits…

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14 Fevrier 2013 - J38 - VJ21 (2h45 - 32 kms - altitude 3692 m)

Denivele positif : + 620 m & Denivele negatif : - 34 m

J’ai du mal à me réveiller, je n’ai pas bien dormi…je resterai bien ici une nuit de plus. Flavien m’offre un bouquet de fleurs sauvages qui m’encourage à me lever  trop mimi

Nous dégustons du porridge au quinoa – avoine avec une salade de fruits arrosée d’un jus de citron vert au bord de l’eau.
Flavien repart au village acheter des freins pour mon vélo et je finis de ranger le matériel.
Nous décollons assez tard du coup, le soleil est déjà fort, les paysages sont beaux et les cactus laissent place à de la végétation moins aride. La route grimpe toujours, je m’accroche au compteur et essai de prendre un rythme et ne pas faiblir. Le temps commence à se gâter et il est à peine 13h. Nous nous arrêtons manger un Menu dans une gargote et un homme discute avec nous. Il parait curieux de notre voyage mais très vite il part dans des théories abracadabrantes, Flavien est à deux doigts de s’énerver, je paie. Nous partons, je n’ai pas aimé cet échange et l’effet négatif qui se dégage de cet homme. C’est l’esprit pas très tranquille que je fais des courses pour ce soir dans le hameau suivant. Le jeune homme qui me sert est adorable et me sens de suite mieux.
Nous trouvons un bivouac environ 10km après Cotaruse. Nous dominons un torrent, c’est joli. Nous sommes crevés. Ce soir, ce sera œufs mollets, fèves, tomates, oignons et citron et des galettes de flocons versions salée que je confectionne. Extinction des feux à 20h !

Ah oui ! Au fait, on a passe le cap des 1000 kms ce jour, avec 1001,7 kms parcourus...

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15 Fevrier 2013 - J39 - VJ22 (3h17 - 28 kms - altitude 4319 m)

Denivele positif : + 749 m & Denivele negatif : - 228 m

Un reveil difficile, on est lents a se mettre en route. Au moment de decoller, deux enfants viennent a notre rencontre. Le frere, environ 8 huit ans et la soeur environ 5 ans. PLus tot dans la matinee ils nous faisaient "coucou" de plus haut, au-dessus de nous. Ils nous proposent de nous montrer leur maison, leur famille et de boire un verre de lait frais. On fait environ 1 km sur la route en montant en direction du prochain col, eux nous suivent a pied, on trottinant aux cotes de Flavien, ils discutent ensemble de leur ecole a Abancay, de leur parents...Nous posons nos velos contre des pierres sur la colline, en effet pas question de descendre avec nos velos par le "chemin", c'est trop escarpe ! En realite c'est un endroit de passage pour les vaches  entre les rochers...Nous arrivons a la maison, l’endroit est très beau, un rocher domine le site, des vaches appellent leur veaux pour téter, la mère et la grande sœur des petits nous accueillent avec un grand sourire. Elles nous offrent du mais grille avec du fromage frais (façon brousse). Elle nous offre un bol de lait qu’elle traie devant nous. Je goute, un délice ! Ca mousse, c’est tiède et très fin de gout. Je leur mets nos graines salées et sucrées dans un bol, les petits se régalent…Comme nous ! On reste la a partager puis la pluie sonne le départ. Un beau et un bon moment avant notre ascension qui promet d’être difficile. On grimpe pendant 10 kms, nous faisons une pause, on est crevés. Une moto s’arrête, et un allemand, Fred, nous offre spontanément des bananes, des paquets de graines et de l’eau et nous renseigne sur la configuration de la route. Il nous donne du baume au cœur et…aux jambes ! Nous savons que ça va grimper fort, mais que sur quelques kms…je m’ »accroche » au compteur, aux paysages…Nous mangeons ses graines, et on le remercie avec une pensée pour lui. La route grimpe tellement, que je crie pour avancer, Flavien en fit de même derrière, je l’entends pester ! J’arrive enfin « en haut », et un hameau se présente devant moi, avec un plateau désertique a perte de vue. Je suis essoufflé par l’altitude, j’attends Flavien e on s’arrête au premier resto pour faire le « plein »…Nous mangeons ce qu’il y a : Arroz con Huevo (œufs frits avec du riz). Nous repartons, fatigues, il fait froid car le vent souffle fort, et en plus il se met à pleuvoir ! …Je pédale mais n’avance pas…Je voudrais faire plus de kms aujourd’hui, mais quand je vois la route qui remonte, c’en est trop ! On s’arrête au milieu des éperviers, sur un plateau qui domine un torrent en contre-bas. On se hâte de monter la tente, je me change car je suis trempée, Flavien va filtrer de l’eau en contre-bas du camp. On s’endort dans nos duvets a 18h, et se réveille à 21h, avec la faim au ventre…Thon, oignons et queso (fromage) pour le diner, puis on retombe jusqu’au lendemain 7h…Waouu enfin une bonne nuit !

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16 Fevrier 2013 - J40 - VJ23 (3h40 - 32 kms - altitude 4730 m)

Denivele positif : + 748 m & Denivele negatif : - 370 m

Une journee qui debute avec de la montee...Encore ! Cela fait maintenant 6 jours que nous grimpons quotidiennement environ 700 m de deniveles positifs...Nous arrivons sur la Pampa, ces grandes plaines de pres de 100 kms de long qui offre des paysages magnifiques et tres sauvages. On pedale et on prend des photos, l'altitude augmente, nous sommes a plus de 4500 m. Les alpagas nous accompagnent au borde de la route et dans les grandes plaines au loin. Les efforts sont de plus en plus durs, car les cotes sont tres longues et Fannie porte sur son velo entre 20 et 25 kilos, quand a moi entre 25 et 30 kilos. Le vent souffle de face en pleine cote, les temperatures plongent. Bref il fait froid, et l'altitude se fait sentir...Ce cumul de parametre rend l'avancement difficile...Mais nous atteignons des altitudes janais atteintes ensemble : 4734 m. Nous faisons une pause pour savourer cette endroit le plus haut jamais atteint du Perou, et des montagnes que nous ayons visite ! L'euphorie remplace la peine, bientot nous passons un colet a 4748 m avec une vue imprenable sur des canyons et des sommets enneiges. La joie de ces routs sont les descentes qui viennent ensuite (il est vrai que ces derniers jours elles etaient tres rares...). Celle qui suit est de toute beaute, mon esprit prend le temps de flaner apres l'effort...Le plus dur et le plus eprouvant reste a venir...sur les 3 prochaines heures...En effet la route a nouveau en direction du fameux col que l'on convoite dans nos esprits depuis quelques jours. La grele se met a tomber soudainement, elle nous trempe en l'espace d'une minute. Le vent s'est leve de pair et nos ponchos sont tres durs a enfiler ! Nous repartons mais la grele nous cingle le vidage, puis elle se transforme en pluie battante, et cela jusqu'au col, 8 kms de lacets plus tard...Et la elle se transforme en neige, une sorte de tempete de neige glacee qui nous trempe encore plus. Entre temps nous avions ote nos mitaines, car glacees, elles nous gelaient les mains...Le metal de nos poignees de guidon sont egalement glacees et nous transpercent jusqu'aux os, nous remettons nos gants...Au col, tout va vite, nos doigts se raidissent, ils picotent, puis plus rien et ils font tres mal ! C'est une veritable tempete de neige et de froid qui nous accueille la-haut, il faut absolument qu'on se mette au chaud et tres vite ! Une grande plaine avec partout des amas de roches, et des endroits ou la neige tient...elle tient sur la vegetation, bonne aubaine pour pouvoir planter notre abris. Tout se couvre de neige tres vite, Fannie a tres froid, moi aussi...Nous nous concentrons pour hierarchiser ce que l'on doit faire pour se mettre au chaud, En dix minutes nous sommes dans notre tente...Dehors tout se cotonne de blanc, mais le vent sevit tres fort. Il fait 0 degre dans la tente et nous enlevons tous nos vetements totalement trempes et sortons de nos sacs etanches de quoi se changer rapidement, et nous glissons dans nos duvets pour faire re monter notre temperature corporelle...Ce qui il ya de plus essentiel en survie, c'est  bien la protection thermique !                                   

 

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​Philosophie du Voyage

 

A l’heure où j’écris il fait 4 degrés dans la tente, il neige dehors, parfois des flocons, parfois du grésille…Il est 19h30, on entend les paquets de neige glisser sur la toile de tente…Au cours de la journée, plusieurs pensées m’ont traversé l’esprit : avant je comptais des chiffres dans le cadre de  résultats financiers, aujourd’hui mes yeux comptent des dénivelés positifs et négatifs, des altitudes, des temps de parcours, des informations « tangibles », de terrain, vécus, ressentis, avec une signification profonde quand a la découverte d’un pays, de sites naturels, d’une nature omniprésente…Ces chiffres sont le reflet d’une expédition qui m’ouvre l’esprit au monde, de nouvelles découvertes et des images gravées dans ma mémoire. Ces chiffres « calculent » nos efforts et notre volonté d’aller voir plus loin, d’explorer et de combler notre curiosité…Ces chiffres ont un sens authentique ! Ce voyage, cette expédition, c’est faire l’expérience de l’Homme, visiter et explorer l’esprit nomade, qui est l’esprit qui a habité des générations et des générations des hommes « premiers » ou préhistoriques. C’est ressentir  le bonheur d’une découverte, aussi petite qu’elle soit, ressentir l’envie d’aller voir ce qu’il y a là-bas au bord du torrent, derrière la montagne, au-delà de la brume, par de la une colline…Ressentir les éléments et s’y adapter, les accepter et les laisser rythmer le cours de votre vie, et s’en faire un tableau, comme un moment particulier et privilégié. Car en effet être sous la pluie, sous la neige, sous le vent,…dans un endroit sauvage et plein de charmes, c’est un moment unique ou nos sens s’expriment en plein…Le tableau c’est ça ! Découvrir le monde par sa seule force motrice, apporte des satisfactions énormes et cette pleine capacité d’apprécier les tableaux qui s’offrent a nous. Ou chaque petite victoire a un gout délicieux pour ce qu’elle  a été mérite, l’effort l’a nourrit. C’est tout cela et encore plein d’autres choses, que faire l’expérience de l’Homme…C'est retrouver un positionnement juste dans l'echelle des choses, de l'espace et du temps. C'est aller chercher les choses belles, les images uniques parce qu'on est la au bon moment, et que cette image est ephemere, mais qu'on a eu le privilege de la capter, et de s'en enrichir...

17 Fevrier 2013 - J41 - VJ24 (3h35 - 49 kms - altitude 4644 m)

Denivele positif : + 465 m & Denivele negatif : - 552 m

Nous sommes sur un plateau en pleine pampa, et nous savons que la uite du parcours sont des descentes, puis des remontees en direction d'un autre col a passer...Il faut dond des freins fiables pour Fannie ! Les patins etant uses jusqu'a la limite, j'entreprends ce matin, apres avoir seche de la veille, de mettre a l'avant et a l'arriere de nouveaux patins de frein...Un jeu fourni par notre partenaire Chullanka, tres bien adapte, et un autre achete dans la ville de Chalhuanca (la similitude de nom n'est pas voulue...), standard mais a modifier pour le montage...Ce matin, le soleil est venu nous dire bonjour et secher les affaires trempees de la veille. La neige finie par fondre entirement sur le plateau sous les rayons chauffants. Les montagnes a l'horizon reste saupoudrees. Nous passons cette journee dans la pampa, les cotes et les descentes se succedent, le temps se ferme en milieu de journee...A nouveau le vent danse autour de nous, il reste de cote, faisant vaciller parfois nos velos par bourrasques. Nous l'avons de face dans certain virage, mais par chance pas trop longtemps ! Un alpaga couleur marron devoile l'epaisseur de sa laine lorsque le vent s'y engouffre, un manteau sacrement epais ! Des gouttes, des grelons...des cordes s'abattent d'un coup, et le vent nous fouette litterallement le visage ! Le temps de mettre mon poncho, et l'eau...coule du pantalon dans mes chaussures ! Fannie se debat quelques dizaines de metres derriere moi et manque de s'etouffer en mettant son poncho, celui-ci se plaque sur sa bouche, le velo vacille , la casquette s'arrache, elle craque puis se reprend...Le haut du corps est sec et protege par le poncho, mais le pantalon prend l'eau avec le pedalage et deversse des quantites importantes d'eau dans nos chaussures...Les doigts nous piquent et perdent de leur dexterite. Au detour d'un virage , avec l'arrivee sur un lac gendiose, nous decidons de nous mettre au sec dans notre tente Azimut Nature. Dedant, le rechaud chauffe de l'eau qui a son tour rechauffe nos corps engourdis...Cette nuit en sortant aux "toilettes", nous obervons des voies lactees, qui illumine le cile de maniere grandiose, et des etoiles sont de la partie...

 

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18 Fevrier 2013 - J42 - VJ25 (4h35 - 73 kms - altitude 3548 m)

Denivele positif : + 501 m & Denivele negatif : - 1616 m

Au petit matin une sorte de rosée givrée a entièrement recouvert l’herbe verte de la prairie sur laquelle nous sommes, sorte de petits grelots…A nos côtes un sillon dans la terre, un petit ruisseau ruisselle dans un bruit épuré de collier de perles d’eau ! De petits cristaux de glaces font le lien entre l’eau et la terre…Cela sera éphémère car le soleil arrive, il est 6h passe et le ciel est d’un bleu profond. Le lac de par sa couleur, contraste avec avec les collines derrière et le vert se mélange au marron, a l’ocre jaune…La route est belle, 500 m après notre départ nous dépassons des baraquements se trouvant aux abords du lac, sans doute servent-ils aux personnes qui exploitent ses ressources…Derrière ce tableau, des flamants roses qui forment un ilot d’une couleur fidèle a leur nom. On se met à descendre, des camions montent et descendent également, on en croise toutes les 10 minutes environ ce matin. Mais à chaque fois qu’on dégaine l’appareil photo pour se filmer ou se photographier en situation, l’un d’eux fait une apparition au détour d’un virage, mince alors ! Une grande boucle en bas d’une descente marque le retour d’une remontée, deux ânes nous regardent fixement en tournant la tête a la même vitesse…Sur la droite une cascade dévoilant un petit filet d’eau qui scintille au soleil matinal, je prends une photo. Parti seulement en short cycliste ce matin, mes jambes sont au frais, avec ce petit vent d’altitude. J’entrouvre ma veste pour laisse rentrer de l’air car cela fait quelques mètres que nous avons attaque la cote, et vu le soleil, nous montons facilement en température ! Un petit collet passe, nous distinguons la route au loin, de grandes courbes a flanc de colline semblent prometteuses car en descente, une sorte de pente douce ou nos prendrons un rythme régulier et facile. La ville de Puquio figurait à 31 kms sur le panneau croise ce matin en quittant les abords du lac. Lorsque nous abordons un collet qui surplombe la ville nous avons déjà parcouru 33 kms, et d’après un nouveau panneau il reste encore 10 kms. Les distances ne sont pas le fort des péruviens, ou du moins des panneaux ! En réalité nous avons parcourus 47 kms au total, contre 31 indique initialement ! Des odeurs s’exaltent avec le soleil chauffant, des odeurs de végétation, des parfums de fleurs, des senteurs de roches humides, au détour d’un torrent qui coule…L'air semble printanier avec une douce chaleur, un peu d'humidite et une luminosite joyeuse ! L'environnement de Puquio est particulier : de gros blocs détachés des falaises aux alentours ont été charrié par l’eau, et font penser à des géants endormis…La ville est dans une cuvette, comme de nombreuses villes traversées jusqu’ici, et la majorité des rues sont en terre, parfois creusées par les pluies tropicales. De gros sillons accidentent les rues qui sont parfois difficilement praticables. Le plein de calories fait, nous nous elancons a nouveau sous un soleil lourd et repartons vers de plus hauts plateaux. Nous montons vite les 15 kms apres la ville de Puquio. Le temps change et le vent se leve au même moment que la route redescend. L’orage éclate a 1,5 kms de l’endroit où nous sommes, en effet le tonnerre retentit après 5 secondes (vitesse du son 300 m / seconde). L’éclair traverse littéralement le ciel…Une goutte, deux, puis trois et quatre, et un rideau s’abat en quelques secondes. Des trombes d’eau dévalent les pentes a notre droite sur la route, créant de mini torrents qui freinent et rendent dangereuse notre descente a vélo ! L’eau est partout…Compte tenu du dénivelé important qu’on perd, nous aurons sans doute une surprise le lendemain car il nous reste un col a 4390 m selon la carte, avant de descendre pour de bon vers Nasca. Nous passons 30 min pour savoir où nous poser. Le petit vallon pour lequel nous optons, est creuse par un cours d'eau, mais les abords sont plats et couvert d'un tapis d'herbe, bien en retrait de la route. Bien au-dessus de nous se trouve un hameau. Trois personnes passent a quelques dizaines de metres de nous pour rejoindre leur maison. Un jeune homme vient jusqu'a nous, il a une petite maison et souhaite nous accueillir pour la nuit...Je le remercie vivement mais decline car tout est monte pour nous reposer...

 

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19 Fevrier 2013 - J43 - VJ26 (3h18 - 26 kms - altitude 3400 m)

Denivele positif : + 730 m & Denivele negatif : - 265 m

Nous abordons cette journée en la considérant comme celle qui nous conduira à Nazca, 125 kms plus loin, sachant qu'il y a au moins 80 kms de descente vers les dunes de sable qui séparent Nazca de l'Océan Pacifique, 70 kms derrière...Ce matin le soleil ne sèche pas nos affaires, il ne veut pas se montrer véritablement, il reste entre deux nuages, ou derrière l’un d’eux…Nous remballons nos affaires et certains de nos vêtements encore tout mouilles de la veille. Nous ramenons nos vélos sur la route, qui sur le chemin se sont charges de boue, en passant un grand caniveau à l’aide d’une large pierre en guise d’un demi-pont de fortune…Les pneus et les crampons collent à la route, ma remorque Aevon de notre partenaire Cycloboost s’en sort très bien. L’amortisseur compense les à-coups dus à l’alourdissement de la terre…Cette remorque est remarquable d'adaptation aux différents terrains et conditions climatiques. Le « floc-floc » rythme la boue que nous recevons dans le dos et parfois sur les lunettes de soleil…Apres 15 min nous atteignons ce que nous pensions être un hameau la veille, en fait c’est le village de Lucanas. L’entrée du village se faisant au milieu de blocs de rochers. Pour l’heure nous faisons le plein d’eau et de graines à grignoter pour la route. Fannie est oblige de négocier à nouveau, car la commerçante, comme très souvent, essaye de majorer les prix de 2 ou 3 Soles, par plusieurs tentatives…La route se met à descendre nettement, très nettement ! Nous sommes dépités car tout ce que nous descendons nous allons devoir le gravir à nouveau, puisqu’il est question de passer un col à 4390m. Le vélo de Fannie fait un « cliquetis » bizarre, cela provient de la roue avant…Quelque chose frotte, deux parties métalliques entrent en contact. Cela pourrait être un roulement, et nous allons beaucoup descendre vers Nazca, je me mets en tête de vérifier rapidement, il ne faudrait pas que la roue se coince en pleine descente, sous peine de provoquer une chute ! Le démontage en laissant les charges sur le vélo est scabreux, mais nous y arrivons ! Je graisse l’ensemble des pièces et remonte le tout au bord de la route. Le bruit est toujours là mais il s’estompe un peu…Nous touchons le fond de la vallée a 3400m, il va falloir remonter 1000m en moins de 30 kms ! Ce n’est pas sans nous rappeler la journée du 09 février ! Fannie grimpe facile, elle est en forme ! Pour ma part je n’ai pas la gniac aujourd’hui, la chaleur m’essouffle, les jambes me brulent…Ca va aller mieux, le tout est de garder l’objectif en visuel ! Monter au plus vite pour en être débarrassé ! Nous voyons la route sur le « mur » en face de nous, les lacets n’en finissent pas, ainsi que le dénivelé…L’endroit n’en demeure pas moins beau et verdoyant ! Une fois en « haut », nous arrivons vite à un péage, nous sommes encore à 300m du col et a 8 kms de distance. Un restaurant de « routiers » propose un menu copieux et pas cher, l’endroit est simple mais très accueillant ! Nous voilà assis depuis 10 min aux alentours de 13h, qu’il se met à pleuvoir  dehors. De plus en plus fort, nous attendons pour reprendre la route, mais la pluie ne semble pas vouloir s’arrêter. Deux femmes et une jeune fille rentrent avec de gros baluchons, elles transportent des fromages. Elles nous observent et parlent entre elles, puis l’une d’elles se lève et nous apporte un bout de fromage. Crayeux et légèrement sale, il arrive au bon moment, quelques minutes après notre déjeuner. Elle nous en rapporte deux gros morceaux pour lesquels nous la remercions à nouveau. Fannie décide de leur donner des barres de chocolat comme modeste contrepartie, dans une idée de partage…Elles sont ravies ! La jeune fille s’approche de notre table pour observer les bracelets que nous sommes en train de tisser…Elle semble passionnée d’apprendre que nous venons de France, elle est jeune mais vive d’esprit, et se fait très bien comprendre, nous pose plein de questions. Une certaine sagesse transparait de sa personnalité. Leur départ se fait avec de grandes embrassades, elles sont toutes les 3 de Lucanas, et repartent à pied sous la pluie pour 15 kms ! Nous restons « bloques » par la pluie, il est déjà 17h, le propriétaire nous montre l’arrière-salle et nous propose d’y passer la nuit, nous acceptons fort volontiers ! Le petit-fils, Mario, un garçon de 7 ans, nous fait la causette, nous apporte du mais sale sans demander à son grand-père, nous fait des dessins singes de sa main…Un adorable gamin ! Il est l’heure de diner, nous plions nos assiettes et allons nous coucher dans la salle d’à cote…Les derniers clients discutent et rigolent, nous entendons leur voix résonner. L’ambiance se calme, les lumières s’éteignent, nous nous endormons

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20 Fevrier 2013 - J44 - VJ27 (6h09 - 107 kms - altitude 605 m)

Denivele positif : + 485 m & Denivele negatif : - 3552 m

A plusieurs reprises le propriétaire s’est levé cette nuit, apparemment pour préparer et cuisiner les plats du matin…Nous nous réveillons tôt à 5h passe, les premiers clients se font entendre. Nous nous levons de bon train et avons faim : Arroz a la Cubana (œufs, riz et bananes flambées)…Un p’tit dej bien consistant ! Des péruviens nous abordent avec les questions habituelles, d’où vient-on ? Et où va-t-on ? On échange deux ou trois blagues, l’humour st un excellent moyen pour créer la proximité…Une fois sur le depart nous prenons une photo du propriétaire qui nous félicite de faire ce qu’on fait ! Un des trois péruviens, en fait 1 péruvienne et deux péruviens, veut être pris en photo avec Fannie, devant son camion…Tout un programme ! Ils sont très sympas et encourageants ! …Un taureau énorme est couche a 20 m du resto, il « siège » la et nous regarde partir. Nous reprenons l’ascension en direction du col, un camion nous dépasse, ceux sont nos « amigos », ils nous saluent, eux aussi vont en direction de Nazca. Il n’est pas même encore 8h, le panorama est vierge tout autour de nous, nous entendons de l’au ruisseler un peu partout, il a plu énormément la veille. Aujourd’hui le soleil est la et le ciel d’un bleu magnifique. D’un coup sur notre droite, marron clair, des vigognes ! Ces animaux sont beaucoup plus fins que leurs cousins les Lamas, je prends des photos et je filme…Juste les animaux et la douce sonorité du torrent en contre-bas. Ils sont en petit groupe, et apparaissent très prudents au contact de l’homme, ils sont sauvages et vivent dans une réserve naturelle…La chaleur commence à arriver et cela fait moins d’une heure que nous roulons. Une cascade plus basse que la route vaporise des gouttelettes d’eau dans l’air, celui-ci nous rafraichit sur plusieurs dizaines de mètres, le long e la route, un régal ! Des vigognes à nouveau, elles poussent de petits cris stridents en nous voyant. Elles sont très fines et élancées, un animal plein de grâce, non sans nous rappeler l’allure d’une biche ou d’une antilope…Le col nous accueille et nous voilà à nouveau dans un décor de pampa, des collines à perte de vue, une végétation basse, de petits cours d’eau sinueux, des torrents, des plateaux qui s’élancent au loin, des lamas, des alpagas et maintenant des vigognes, des taureaux et quelques vaches… Et aussi une ligne d’horizon découpée par des collines et des sommets qui dominent. Je prends de la vitesse très rapidement, 25, 30, puis 40 et 45 km/h, pourtant la route parait plate…Fannie est très loin, je ne la vois plus…L’accélération est surprenante ! Encore une sorte d’illusion d’optique due à la « droiture » de la route et a l’immensité de l’environnement ! Puis la route semble suivre le dos d’un dromadaire, avec des creux et des bosses droit devant nous, pourtant nous descendons toujours et vite ! La route fini par se relever et nous changeons de pignons, tant il devient dur de monter…Le soleil disparait, les nuages remplissent le ciel, celui-ci se met à gronder, rien de bon ! Nous qui pensions rester au sec aujourd’hui ! Sur le bas cote de la route, en mettant ma couche de protection, un camion américain me klaxonne en me montrant sa remorque vide ou il me propose, d’un signe de la main, d’y monter…Je le remercie et lui fait signe que je continue en vélo malgré cette pluie un peu hostile. Son pouce me confirme qu’il a compris et qu’il nous souhaite « Suerte » pour la suite ! Entre temps Fannie s’est réfugiée sur la droite, dans une maisonnette, d‘où elle me fait des signes…Elle est sur le pas de la porte en compagnie d’une femme et me fait signe de venir m’abriter. La pluie fait rage dehors, son bruit su la tôle du toit fait penser à un…séisme ! A deux reprises nous nous levons pour repartir et le « saucée » reprend de plus belle nous clouant à note sort, nous clouant à notre siège…A la 3eme fois nous nous dirigeons vers la sortie. La commerçante tes étonnée, nous dit d’attendre encore un peu…Mais nous partons quand même, après tout à partir de ce collet, nous allons faire que descendre jusqu’à Nazca, on va bien finir par passer sous les nuages ! Psychologiquement nous venons de passer un cap, puisque désormais tous les kms parcourus descendent vers l’Océan Pacifique ! Ca y est le départ st lance ! Ma remorque Aevon chargée et mon propre poids me font dépasser Fannie sans pédaler, alors qu’elle de son cote entretient un pédalage continu…Je prends de la vitesse et laisser « chanter » mes pneus sur le bitume, ma remorque est stable, c’est un régal dans les virages serres ! (Pour info, les remorques ont obtenu une note de 9/10 au test materiel du magasine Carnets d'Aventures...) La cadence est donnée ! Le paysage se transforme très vite en un paysage aride : de la roche jaunâtre et orangée couleur sable, de canyons secs, des cactus « poilus », et de la poussière…La pluie s’est arrêté 500 m après notre départ, un pacte avec les éléments…Bientôt le canyon se creuse et nous avons l’impression de prendre de l’altitude tout en descendant. La magie de cette route repose sur son cote aérien, et cette vision qu’elle offre sur son trace à tout moment, tel un grand serpent des sables…Tout autour des collines plissées par les forces tectoniques et d’autres canyons gigantesques participent a cette sensation aérienne des lieux…Une pause Pan con Queso s’improvise dans un petit hameau, car les sensations fortes nous ont donné faim, et cela fait plus de 3h que nous roulons ! A peine repartis nous distinguons un dôme couleur or, qui se démarque au loin dans la brume, vers la direction ou nous allons…La plus grande dune du monde  se tient encore en-dessous de nous, puisque le Cerro Blanco culmine à 2000m, et s’élève au beau milieu de collines rocheuses arides…La route est fascinante car très sinueuse et on l’aperçoit a des kms plus bas, entre les dues. Nous faisons la course avec des camions et une moto tellement nous descendons vite…Aucune végétation autour de nous, pas le moindre herbe, plantes ou arbustes, que du sable et de la roche couleur jaune « chameau »…D’ailleurs on les imagine très bien en caravane, à nos côtes…La course folle du jour nous amènera 3550 plus bas…Plus nous descendons, plus l’air devient chaud, voir étouffant sur la fin du parcours. Le paysage est une première pour nous…Les dunes de sables façonnés par la géologie, les vents et la pluie rare (c’est une des régions du monde où il pleut le moins) se sont durcies. Les collines de roches délitées et de sable se teintent d’une couleur grise nuancée d’un bordeaux vif, qui accentue l’idée « brulante » que nous pouvons nous en faire…Le changement de monde est radical : nous étions en pleine pampa froide et nous sommes dans un désert de collines sablonneuses arides avec des pentes extraordinaires et une atmosphère suffocante, ou la vie n’a pas véritablement trouve sa place….Ces 1700 kms parcourus marquent un contentement énorme, nous réalisons a la vue d’une carte les kms parcourus et les montagnes traversées ! Et tout cela en pleine saisons des pluies…

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Rubrique culinaire péruvienne

 

Voici un peu plus de 2 mois que nous sommes au Pérou et je pense qu’il est temps de faire une petite rubrique sur la cuisine péruvienne.



Nous pensions manger beaucoup de quinoa, beaucoup de chocolat et boire du café !! 
Et bien rien de tout cela, nada !

Le quinoa est utilisé dans les soupes de quinoa, et essentiellement pour les petits déjeuners (flocons de quinoa et avoine, quinoa soufflé au miel, farine de quinoa) et le fameux « leche de quinoa ».

Pour le chocolat, quel fut notre déception quand, fatigués par notre première journée de vélo, nous achetons du chocolat artisanal en barre…nous croquons dedans … et là, une sensation crayeuse sous la dent, ce n’est en fait que du sucre avec de la pâte de cacao…IN MANGEABLE !! 
Le seul chocolat mangeable vendu dans toutes les épiceries est du Nestlé au lait qui est un peu trop sucré !
Nous avons trouvé, enfin, du bon chocolat fabriqué au Pérou et vendu dans la capitale de Lima.

Pour le café, c’est un peu pareil, la production est en grande partie envoyée pour l’exportation.
Les péruviens ne boivent pas de café ou alors un café liquide auquel ils ajoutent de l’eau chaude.
Les seuls Expresso, je les ai dégusté dans des établissements plutôt touristique et possédant une machine.



A suivre....

De Nazca a Paracas...

 

Notre arrivée à Nazca s'est faite le 20 février 2013. Nous ne pouvions y séjourner sans aller voir les énigmes que représentent les lignes de cette ville, appelées Géoglyphes. Il s'agit de lignes tracées au sol sur les dunes et les plaines rocheuses, selon une méthode de mise à nu de la roche sédimentaire enfouie. Ces lignes sont d'une géométrie parfaite et complétées par des représentations d'animaux symboliques mesurant plusieurs dizaines de mètres jusqu'à plusieurs centaines ! Ces géoglyphes ne sont visibles dans leur totalité que du ciel.

Notre découverte débute ainsi dans un avion 4 places plus 2 pilotes, qui bouge énormément mais qui nous permet d'aller au cœur du site. Le spectacle est fascinant, mais les 3 photos prises, l'œil dans le viseur, me font passer visage pâle et me donnent une forte envie de rendre mon p'tit dej ! Et Fannie crispe ses ongles dans mon bras : elle n'est pas très à l'aise non plus lors des virages serrés, très serrés !
Retour sur le plancher des vaches et des lamas, nous sympathisons avec Bertrand, un Québéquois, avec qui nous passons les quelques jours suivant à Nazca. Premier endroit au Pérou où les commerçants ont le sens du...commerce ! Et une sorte d'ouverture d'esprit qui les mène à avoir véritablement le sens du service. Ce point de vue peut sembler un peu dur, mais c'est ce que nous ressentons. Ce qui explique l'état d'esprit des gens de cette ville, c'est en partie le fait qu'elle soit près de l'océan et de villes portuaires et aussi l'histoire de la région. Nous profitons de la proximité d'une salle de gym pour nous adonner à un entrainement physique.
Quelques jours après nous démarrons pour Ica, dans l'idée d'aller jusqu'à Paracas qui se trouve au bord de l'Océan Pacifique. Habitués quotidiennement à devoir négocier les prix lorsque les commerçants tentent de se faire un peu de "gras" et habitués à des échanges souvent pas très clairs lorsqu'il s'agir d'un prix, notre départ de Nazca se passe mal ! En effet, nous décidons de faire une partie de la route en bus, car la Panaméricaine est désertique, étouffante et de nombreux camions y circulent. Enervé de devoir accepter cette réalité et de ne pas pouvoir faire le trajet en vélo, j'arrive à la station centrale des bus très grincheux. Les guichetiers annoncent un prix hasardeux en voyant nos vélos, ce qui me gonfle rapidement ! Je hausse un peu la voix pour tenter de discuter ce tarif qui me semble un peu arbitraire ; le regard en coin du vigile me gonfle encore plus, une réflexion de travers de sa part, et il s'en prend une ! Le coût est de 12 soles par personne et 10 Soles par vélo, soit 44 soles au total… Fannie tend un billet de 50 Soles pour payer le tout. La guichetière nous rend la monnaie, Fannie me donne 6 Soles en retour à mettre dans le porte-monnaie, c'est là tout le quiproquo expliquant la suite !...
Nous sortons, armés de nos billets et commençons à charger nos sacs dans la soute du bus. Au moment des vélos et de la remorque, l'homme en charge des bagages nous demande la somme supplémentaire de 20 Soles pour les vélos ! Quoi ? Nous venons de les payer lui dis-je ! Il me montre le papier en me répétant qu'il faut payer 20 Soles. Je monte dans les tons en indiquant fermement de nous acquitter de cette dette. Il est inconcevable de payer quoi que ce soit d'autre. Il continue ! Fannie s'énerve à son tour et ni une ni deux, on l'embarque par le bras pour aller voir la guichetière ! Je rêve ! La guichetière à son tour "ment" et annonce que nous avons payé 24 Soles ! J'explose en tapant du poing sur la table, pour ce qui me semble être une bonne escroquerie ! Fannie à ce moment là me parle à l'oreille… Elle n'est plus sûre : en fait la guichetière lui a rendu 6 Soles en pièces  et… un billet de 20 Soles. On se stoppe, gênés et ridicules ! Il disait vrai, nous devons nous acquitter auprès de lui, bagagiste en quelque sorte des 20 Soles pour nos bicyclettes ! Je sui plus que confus, je fais mes excuses en espérant qu'ils veulent bien les accepter. Les guichetiers me font un signe que c'est réglé. Nous sortons avec l'homme à qui je tape sur l'épaule et présente mes excuses, il me tend la main, nous sommes pardonnés...Je lui glisse un pourboire pour le remercier d'avoir chargé nos vélos, fin de l'incident !
Débarqués quelques temps après sur la Panaméricaine, nous enfourchons nos vélos pour traverser Pisco et rejoindre 2 heures après la douce et calme ville balnéaire de Paracas !
Nous sommes le dimanche 24 Février et le dimanche, dans la région côtière, il est de coutume de s'arroser avec toutes sortes de bombes à eau, seau, bassines, etc… Nous traversons les rues de Pisco lorsque 3 gus surgissent d'un coin de rue avec… des seaux à la main ! Nous sommes baptisés en pédalant, puis, plus loin, rebelote, des dizaines de litres d'eau nous sont infligées sur 200mètres de rues ! Plus tard, des pélicans sur une barque amarrée sonnent l'arrivée à Paracas, ville côtière à l'entrée d'une baie, laquelle se poursuit par une Réserve Naturelle du même nom, une réserve totalement sauvage. Notre point de chute ; Paracas backpackers' house, un endroit charmant et accueillant tenu par Alberto, un homme charmant. Au large, à environ une quinzaine de kms de la côte, se  trouvent les îles Ballestas, surnommées les "Galápagos" du Pérou, compte tenu de la présence importante d'une faune très variée : phoques, lions de mer, plusieurs espèces d'oiseaux. Nous prenons un bateau pour nous y rendre. Les îles se distinguent au loin, nous passons à côté des falaises de la Réserve de Paracas où se trouve un chandelier gravé dans la roche de plus de 100m de long. Il daterait de la période des Nazcas et aurait peut-être un lien avec les lignes du même nom. Les îles Ballestas ont ce nom compte tenu des nombreuses roches creusées par la mer et l'érosion qui sont comme des arbalètes ! L'arrivée est fascinante : des centaines d'oiseaux sur une falaise et des centaines de phoques sur une plage sous une roche, des cris énormes et graves retentissent : ce sont des mâles, nous sommes en pleine saison des amours. Certains sont allongés au soleil, d'autres se battent, certains nagent aux abords de notre embarcation. Nous sommes sur leur territoire et l'envie de me faire tout petit pour les dessiner me vient spontanément tant le tableau est magnifique !



 

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Jeudi 14 mars  - Trek Huayhuash  - 2kms -  1h08

Dénivelé positif : +356m, Dénivelé négatif : -9m


Notre premier jour de trek a ben failli être reporté au lendemain, même si ce n'est pas vraiment le premier jour car nous avons fait 2 kms et monté 356m de dénivelé.
Tout commence d'Huaraz, où nous prenons un bus qui est sensé nous mener à Llamac. Or, le bus pris dans l'enceinte de la station "El Rápido" nous amène à Chiquián après 2h30 de route. Il s'arrête là et ne va pas plus loin : la raison est que l'itinéraire qui suit, Chiquián  - Llamac est une piste soumise aux aléas de la saison des pluies, ceci nous le comprenons aujourd'hui… Hier, en arrivant à Chiquián, nous ne comprenions pas qu'il n'y ait pas de bus, de combi, de taxi en cette direction. Le chauffeur contacte le patron de l'hôtel  Gran Huayhuash, qui parle anglais et nous accueille fortement bien. Il nous propose une chambre matrimoniale pour 50 Soles, nous la demandons pour 40, qu'il accepte. Nous dînons plus tard dans le resto de l'hôtel un lomo saltado, précédé d'une soupe de blé. La nuit est calme, pas de chiens qui aboient aux alentours comme cela fait 2-3 semaines que nous les entendons dans les différentes villes où nous avons logé (Cañete, Huaraz…). A un moment, le patron de l'hôtel organise une rencontre avec la compagnie locale des bus pour nous proposer un service sur mesure : 280 Soles pour nous amener à l'heure que l'on souhaite (5 ou 6h du matin), à Llamac en bus, rien que nous dedans ! Cela est franchement trop cher ! Du coup, on nous propose des billets à 10 Soles chacun pour un départ "public" à 8h. A 7h50 nous sommes dans le bus après avoir remercier le tenancier de l'hôtel. Nous faisons 200m dans le village, le bus s'arrête, le départ est reporté à 9h pour cause d'éboulement sur la route. Peut-être un prétexte ? Oui et non, c'est ce que nous apprendrons par la suite...La piste sur laquelle nous roulons est défoncée par des pierres l'eau qui ruissèle et creuse des sillons sur la piste. D'ailleurs, nous faisons un autre arrêt ; le conducteur et le patron (rencontré la veille pour la proposition perso) sortent pelle et pioche (et ce n'est que le début, vous verrez !) afin de désengorger le ruisseau sur le bas-côté, de la boue et des pierres qu'il charrie et permettre à l'eau de s'évacuer sans se déverser sur la route. L'opération prend 10mn et est assez efficace. 200m plus loin, rebelote, mais cette fois-ci je donne un coup de main : nous rétablissons l'évacuation de l'eau par une rigole en travers de la route où le tuyau enterré pour cela est obstrué…
Quelques kms plus loin, le bus s'arrête à nouveau et cet arrêt-là va durer environ 1h30. Nous sommes rejoints quelques minutes après par un autre bus, plus petit celui-là, qui stoppe sur la piste derrière nous. Le problème est simple : une partie du versant qui surplombe la piste sur la gauche s'est littéralement décroché et a fini sur notre route dans un amas de boue trempée et de pierres. Cela obstrue le passage. Les hommes descendent du bus, j'en fais autant et récupère une pelle pour me rendre vers le talus "déversé" sur la route. D'autres gens arrivent et commence à polémiquer en espagnol… Deux personnes arrivent avec des bottes en caoutchouc, les seuls d'ailleurs à en avoir– Pour ma part, je plonge la main pour attraper un caillou, c'est gluant ! Un baptême de boue… Je tente de traverser et m'enfonce soudain… J'entends des commentaires sur le "Gringo", j'avance encore et mon pied s'enfonce jusqu'à la cheville, la boue rentre, je suis dedans ! Fannie explose de rire, elle, bien à l'abri sur le talus opposé, ce qui désinhibe les Péruviens qui éclatent de rire à leur tour ! C'est plus fort que moi, je ne pouvais pas rester les bras croisés en attendant que certains autres se mouillent... Je plonge mes mains pour enlever de gros cailloux, pellette pour faire une tranchée et évacuer l'eau, mais à chaque coup de pelle, la masse gluante se reforme comme si de rien n'était ! Nous décidons de poser des pierres relativement plates en guise de "pavés" afin de solidifier tout cela. Des enfants et des vieilles dames m'apportent des pierres, les regards sont bienveillants et remplis de curiosité : peut-être ne s'attendaient-ils pas à voir un "gringo" mettre la main à la pâte… enfin à la boue ! En 1h environ, la piste est dégagée du minimum, le bus fait sa tentative à vide, il passe comme un tank ! Nous montons dans le bus et descendons le revers derrière l'épingle. Je suis tout "crotteux", mon t-shirt Sport-Avenue a mis la main a la patte…boueuse, notre partenaire nous accompagne dans toutes les situations ! J'en ai même dans l'œil, suite à un pelletage un peu viril. Entre temps des gens m'interpellent et me disent de me reposer, de manger et boire, et que nous avons gagné notre billet à bord…
Sur la suite du parcours, la piste se rétrécit et nous descendons à plusieurs reprises, a 3 hommes, pour dégager les gros blocs de pierre tombés sur la route… Des vaches se font courser puis elles grimpent sur le bas-côté. Nous frôlons le précipice en-dessous duquel coule le Rio. Nous accueillons à bord un mouton qui semble un peu perdu lorsque sa "bergère" va s'asseoir… Enfin, nous arrivons à Llamac et il est 11h45. Le temps d'acheter 500g de riz et 250g de pâtes, nous partons dans la colline pour débuter notre trek. Il est 16h45 et il pleut dehors. Fannie lit tranquille…



 

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Vendredi 15 Mars - Trek Huayhuash - 10,4 kms - 5h10

Dénivelé positif : +820m    Dénivelé négatif : -383m


Ce jour, à 12h30, je suis ému, très ému ! Mes yeux sont humides, ma vois tremblote. Nous arrivons à la Laguna Jahucocha, au pied des plus hauts sommets de la Cordillère Huayhuash ! La vision est édifiante, fantastique ! Au-delà de mes rêves et fantasmes. Nous côtoyons de très hauts sommets, les deuxièmes plus hauts du monde, à près de 6 900 m d'altitude… J'espérais un jour pouvoir m'en approcher, toucher de tous mes sens des montagnes plus que sauvages !
La lagune alterne des couleurs turquoise ou gris suivant les caprices du ciel. Les sommets se dévoilent un peu puis se couvrent d'un voile de nuages pour entretenir le mystère et le soleil revient, le glacier brille et met en scène des nuances de couleur bleue et blanche… Une larme de glacier coule sur la falaise en-dessous, c'est une gigantesque cascade qui donne naissance à un torrent…
Le réveil de ma montre Suunto sonne : 5h ce matin, la nuit n'a pas été terrible, ni pour Fannie, ni pour moi car insomnies de plusieurs heures. Je descends au torrent par les terrasses qui nous ont accueilles pour la nuit,  pour filtrer de l'eau et remplir nos gourdes. La luminosité du jour augmente, l'air est frais-une dizaine de degrés– et nous sommes à 3 600m. Une petite hantise ce matin : remettre mon sac sur le dos ! Il fait le poids d'un cheval ou d'un âne. Il doit arborer fièrement les 28 kg, peut-être un peu moins, à un ou deux kg près.
Après le bain de boue de la veille, j'avais lavé mes chaussures et les chaussettes à grande eau. Ce matin, avec la pluie de cette nuit, rien n'a séché. J'enfile mes chaussures qui se mettent à "suinter" l'eau lorsque je rentre mon pied. Sympa à 6h de mat ! Nous partons à la fraîche avec un peu d’exercice d’embler pour se réveiller :  traverser le torrent et se mettre les pieds dans l'eau ! Ça monte et ne fait que monter sur les 3 premiers kms, environ 700m jusqu'à Pampa Llamac qui est à 3 250m. On découvre les sommets enneigés très hauts, plus hauts que nos référentiels habituels. La suite de l'itinéraire est à flanc, nous entamons la descente vers la Laguna ... Deux ânes, une femme et une fillette croisent notre chemin, suivis du père de famille un peu en retrait. Les questions très habituelles auxquelles nous avons droit à chaque rencontre : ¿ De donde viene? ¿ Dónde se van ? - De France, mais de Bolivie en vélo… ¡ Todo el Perú a bicicleta! L'homme semble admiratif lorsque je lui dis : Français !  La France semble avoir bonne presse auprès des Péruviens car ils semblent toujours agréablement surpris, eux qui nous prennent au premier abord pour des Américains ! Après une petite heure, je m'arrête pour confectionner une canne avec la branche d'un arbre ; je la prépare pour Fannie, mais elle n'en voudra pas finalement. Tant mieux, elle me va très bien. Nous arrivons dans la vallée où se trouve encore à quelques kilomètres le lac. Un gros torrent coule, les abords ont été aménagés par l'homme : des murets pour se déplacer et emmener les bêtes (vaches, taureaux) en pâturage et des canaux d'écoulement creusés dans la terre qui acheminent l'eau proprement vers le torrent, sans fragiliser les pentes des collines… Nous passons un petit hameau au beau milieu de la vallée, avec en arrière plan des sommets glacés. Le temps est couvert, nous ne distinguons pas grand-chose. Une femme nous indique qu'on peut lui acheter du "queso», sans doute reviendrons-nous demain. Le lac n'est plus qu'à une petite heure de marche, nous distinguons au loin le "remblais" habituel aux abords d'un lac de montagne. Plus loin, un homme avec une gueule de cinema nous escorte un peu en nous parlant, puis s'éclipse, plus rapide que nous. Nous le retrouverons d'ailleurs plus tard au bord du lac…
Le ciel se dégage, le soleil brille fort et le spectacle opère, ou plutôt la magie ! C'est pour ces moments-là que j'ai commencé à écrire… Nous trouvons un joli coin de paradis, à 2m du lac, sur une herbe rase, "tondue" par les vaches, en témoignent les belles bouses aux alentours ! Nous filtrons de l'eau, mettons notre Balise Spot en marche, offert par notre ami Philippe de Valdeblore, pour indiquer l'endroit choisi pour notre bivouac et savourons cette vue sur le glacier. Le temps se gâte à nouveau, bientôt au chaud sous nos duvets.



 

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Samedi 16 Mars - Trek Huayhuash - 10 kms - 3h40

Dénivelé positif : +592m    Dénivelé négatif : -592m

Départ de 4076m, montée à 4636m, retour à 4076m


Ces précisions correspondent à notre sortie du jour ! En effet, nous restons aujourd'hui à notre bivouac au Lac Juacocha pour profiter de lui et aller explorer les environs ! C'est ce que je m'attache à faire en deuxième partie de journée.

Ce matin, nous sommes restés au fond de la vallée pour apprécier la beauté de l'eau turquoise du lac du glacier. Nous croisons des enfants qui nous demandent des "caramelos". "¡ No tengo!" leur répondis-je.
Au fur et à mesure que nous grimpons dans le cirque,  les enfants poussent des cris, nous interpellent, sifflent ! Que veulent-ils nous dire ? Et puis, nous approchons de la crête, leurs cris s'intensifient, il semble qu'ils veulent nous mettre en garde : la crête peut être instable et s'effondrer vers le centre du cirque, dans le lac… Nous n'y prêtons qu’une petite attention, la vue vaut peut-être de prendre un peu de risque, en toute précaution… Les photos que nous prenons montrent le glacier qui s'étale et "perd" au-dessus du lac une cascade qui fait le lien entre les deux… Au-dessus du glacier, un sommet qui se cache dans la brume, il semble flotter dans les airs, sans contact avec le sol ! Nous redescendons vers le hameau niché entre les 2 lacs, sur un remontoir pierreux devant la zone marécageuse qui précède le lac plus au nord, zone où broutent vaches et taureaux.
Nous redescendons donc dans l'idée d'acheter un fromage. Un homme vient à notre rencontre, nous lui demandons, il rentre dans sa maison de pierres au toit fait de paille et de boue. Il ressort avec un beau fromage assez frais (brousse) ; il nous en demande 5 Soles. Nous repartons contents de la transaction, avec l'idée d'en dévorer un gros bout arrivés à la tente. Comme tout bon Français qui se respecte, le fromage se mange avec du pain ! Les circonstances nous donnent envie de manger du fromage, sorte d'envie instinctive de manger des matières grasses car il fait humide et assez froid, environ 5° la nuit et 10° la journée au soleil. Et puis, comme depuis le début, beaucoup de pluie ! Le matin, l'après-midi, plus trop de règles ! Cette fois-ci le soleil ressort en ce début d'après-midi. La présence de l’astre de feu me donne l’envie d’aller voir 300m de dénivelé au-dessus de notre campement. Vu d’ici, l’accès semble impénétrable : une gorge se dessine, en-dessous de laquelle coule un torrent. De chaque côté, des pentes très raides où aucun tracé de chemin se dessine. Cette gorge, après avoir passé ce versant raide, s’enfonce dans un vallon à l’intérieur duquel se trouve la succession de deux lacs. Cela pourrait ressembler d’ici au nid de King Kong…

Plein d’entrain, je veux déjeuner vite et léger pour pouvoir partir ! On prépare de la polenta et des gousses d’ail à croquer. Pas très appétissant en soi, mais une sorte de nourriture instinctive qui me fait saliver ! Fannie est fatiguée et reste à la tente. Je décolle avec pas tout à fait un litre d’eau, une barre de céréale que je ne toucherai pas, mon poncho. Fannie me regarde m’éloigner, je la prends en photo. Je décide de couper au travers de la partie marécageuse, mais mes tentatives m’amènent à m’enfoncer à plusieurs reprises. Je contourne donc vers la gauche en passant à proximité du petit hameau visité le matin même. Les taureaux qui broutent, m’observent sauter entre les petits îlots comme Tom Sawyer qui saute de caillou en caillou, chose que je ne vais pas tarder à faire ! En effet, arrivé au milieu des murs en pierre, pas très loin du hameau, je me rends compte des torrents, insoupçonnables jusqu’ici, à traverser. Ils sont au nombre de 3, larges de 4 à 5 mètres, avec un débit important. A certains endroits des rochers peuvent permettre de passer, encore faut-il trouver la bonne combinaison espacement-forme du rocher-partie immergée. Je tente de jeter 2 grosses pierres pour achever un passage, mais le courant les emporte comme un morceau de bois malgré leur taille importante et leur poids !
Je finis par trouver un passage que je reprends quasi au même niveau pour les torrents suivants. Je mémorise visuellement les endroits et les pierres pour le retour. Parti à 14h45, il est 15h30 et je n’ai toujours pas entamé le versant raide qui m’amènera 300m au-dessus dans le vallon au-dessus duquel se trouvent les lacs ! Au pied du versant, j’aperçois une traînée mettant à jour une terre rouge, qui pourrait être un chemin ou une ravine qu’empruntent régulièrement les eaux de pluie. Qu’importe, je m’élance dedans et prend vite de la hauteur. Le hameau et le lac, ainsi que les murs de pierre prennent une géométrie différente. La zone marécageuse se dessine en détail et laisse apparaître les milliers de ramifications tels des vaisseaux sanguins qui irriguent la terre et terminent dans le lac. J’aperçois en tout petit notre Azimut Nature au bord de l’étendue d’eau ; d’ici, l’échelle de la tente est dérisoire. En haut du versant, le torrent « remonte » vers un horizon plat : sans doute le lac est-il derrière. De part et d’autre des versants en cuvette, je suis à gauche du torrent et avance rapidement dans les herbiers pour arriver au plus vite. Le temps s’est fermé et l’ambiance est brumeuse, la saison des pluies est toujours là ! Je monte jusqu’à une grande dalle où le torrent se jette en cascade. Sur ma gauche de grands sommets orientés ouest se distinguent dans un épais manteau nuageux. Le lac est magnifique, d’un bleu gris cristallin, sans une ride à sa surface, plus parfait qu’un miroir. Je me pose debout sur un énorme bloc qui me protège de la bruine. Je médite en compagnie de la Pacha Mama… Je sais, grâce à la carte, que dans le fond, il y a un deuxième lac, je ne le vois pas encore car, à mi-distance, un plateau cache la vue ? Peut-être est-il derrière ? Et tout au loin, une moraine se trouve à 300m encore au-dessus de moi. Des trous d’eau découpés dans un sol de tourbe noire, d’un cercle parfait, attirent mon attention… Des tourbières et des petits cours d’eau sur le plateau, le lac est donc après cette grande moraine qui grimpe ! Une joie intérieure d’être là ne me quitte pas ! Mon enthousiasme s’exprime au travers des bonds que je fais pour traverser tous les petits torrents qui serpentent ! Je suis dans un état d’éveil instinctif et je suis bien ! Le sol constitué de cailloux et de sable gris ainsi que l’altitude me force à ralentir mes pas. Je dépasse les 4600m d’altitude et cueille des fleurs de couleurs vives contrastant avec le lac, pour les redescendre et les offrir à Fannie. Je débouche sur la collerette de la moraine à 4636m. Dans le fond de l’entonnoir, se trouve un lac couleur turquoise et sur sa gauche un glacier en cascade semble descendre des nuages. J’orne l’endroit d’un cairn pour marquer mon passage. Il est 17h05, j’ai dépassé de 35mn mes engagements pris auprès de Fannie, de prendre le chemin du retour à mi-temps avant la tombée de la nuit ! Mais j’avais envie d’emmagasiner un maximum de choses dans cet endroit. Je repars en glissade contrôlée dans les pierres et le sable de la pente, je me dépêche, il me reste moins d’une heure avant l’arrivée de l’obscurité. La fine bruine se transforme en une vraie averse, je poursuis mon retour en faisant attention de ne pas glisser sur les pierres du chemin que j’improvise. Je traverse les herbiers et, à chaque touffe, de l’eau se déverse dans mon pantalon. Rien ne sert que j’enfile mon poncho pour les jambes. Sur le haut, je porte une membrane fournie par notre partenaire Sport Avenue, légère, étanche… J’aperçois maintenant à nouveau la tente, je fais des signes pour prévenir Fannie de mon retour au cas où elle serait dehors et m’apercevrait. Je descends en quatrième vitesse, la nuit tombe, il est 18h00. Dans le méandre de la plaine marécageuse, je retrouve mon passage -les herbes sont légèrement couchées- puis les endroits où j’ai traversé les cours d’eau. Mes pieds trempés, cette fois-ci je « coupe » par les marécages. A 700m de la tente, ma cheville me « flashe » dans une douleur vive : sur un saut, mon appui de réception s’est dérobé. Après quelques minutes je ne sens plus de douleur… La tente est là, devant moi, dans la pénombre… Fannie a lu et fait sa manucure pendant mon absence.



 

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Mercredi 20 Mars - Trek Huayhuash - 16 kms - 4h05

Dénivelé positif : +103m    Dénivelé négatif : -300m

 


Ce matin, nous avons fait une rencontre, non pas une rencontre humaine mais une rencontre universelle, celle d'une âme… un chien, il nous a séduits, nous l'avons séduit…
Puisque nous sommes au Pérou, les Indiens d'Amérique et le chamanisme croient que les âmes, qu'elles soient animales, végétales, naturelles, sont amenées à se rencontrer, se quitter, se retrouver à nouveau dans le cycle de la vie… Ce matin, cette âme nous était familière… Nous appartenons tous à la même famille…
J'ai passé une nuit régénératrice de tous points de vue : physique, mental, spirituel… Est-ce la proximité de ces grands espaces qui nous entourent et qui émanent de ces sommets gigantesques, imposants ?
Hier au soir, déjà, une euphorie m’avait saisie, je me sentais très bien. Une envie de viande me suit depuis 2 jours ne me quitte pas, mais sans m’obséder… Je saute du lit à 5h45 pour ouvrir la tente et jeter un coup d’œil dehors. Le ciel est dégagé !!! Tous les sommets sont visibles en détail ! C’est une première… Tout de suite, je me souviens de la visite des trois lacs de la veille sous la pluie. L’envie d’y retourner est très forte ! Comme pour finir quelque chose d’inachevé ou faire un beau voyage qui remplacerait celui de la veille… On reprend une photo sous un angle et une ambiance magnifique qui annule la précédente…
J’en parle à Fannie, qui me dit dans un premier temps qu’elle se repose. Je décide d’y aller et met tout en branle : filtrage d’eau pour remplir une gourde vide, "casse-dalle" d’une ou deux barres énergétiques. Entre temps, je m’habille et Fannie en fait autant, finalement elle m’accompagne.
Ce mati, je flotte, des phrases "sages" de la nuit me reviennent et me font dire que c’est ça, réaliser un rêve : c’est se lever, se donner les moyens, jouer avec les conditions extérieures, garder sa détermination et souvent son optimisme. Le rêve de ce matin : aller au pied de ce que l’on croit être le "Siula Grande" ! et qui se trouverait au bout du 3° lac, au moment de l’alignement visuel parfait des 3 lacs de glaciers. Nous partons, j'ai le sourire intérieur qui transparaît… Une autre réflexion me vient, je l’avais déjà eu il y quelques temps, en France, au bord d’un torrent. C’est l’analogie entre un torrent qui, vu d’ici va droit vers une falaise, une colline, comme un moment donné dans notre vie, on peut se dire qu’on ne voit pas de solution à notre problème. Seulement, vu d’ici ! Car en fait, le torrent trouve son chemin en contournant l’obstacle. Le cas échéant, au moment nécessaire, la vie offrira une ou des solutions, à ce que l’on prenait jusqu’alors pour un problème. Si la nature sait le rendre stérile, si le fonctionnement de la nature est régit par ses lois, alors ses lois s’appliquent au fonctionnement de notre vie aussi !
Mes pas sont légers mais énergiques et vifs, notre rêve se réalisera avant que les nuages ne viennent tout boucher ! Nous n'aurons juste qu’à marcher vite ! Nous connaissons l'itinéraire puisque fait la veille. Le panorama à notre droite est gigantesque. Le niveau de l’eau des lacs semble assez haut puisque certain tronçon du chemin est visible sous l’eau cristalline d’un lac secondaire. Nous traversons la rive en passant sur des pierres à plusieurs reprises. De gros rochers éboulés sont l’abri d’un rongeur avec la queue en panache, ressemblant à un lièvre ; nous en voyons à plusieurs reprises.
Fannie pousse un grand cri : à ses côtés le jeune chien de la veille qui voulait faire ami-ami ! Il vient de lui mordiller le mollet comme pour lui signaler sa présence et lui dire bonjour. Il la suit, se mettant entre ses jambes, en essayant de la mordiller par endroits. Il cherche à se faire accepter t rentrer dans notre "meute". Parfois il s’arrête pour m’attendre et fait le même cérémonial avec moi, puis repart en avant vers Fannie… Le deuxième chien, le râleur de la veille qui semble plus âgé est venu jusqu’à nous aussi. Aujourd’hui il n’aboie pas mais reste en retrait, craintif et nous observe à chaque virage du sentier sinueux. Il finira par repartir… Pendant ce temps "Belle" et Fannie sont ensemble, l’enthousiasme du chien à notre égard crée un attachement entre nous. Il nous a séduits, nous l’avons adopté et lui aussi d’ailleurs ! Ce chien a soif d’aventure, il est partant, plein d’énergie et a un superbe bon esprit.
Nous grimpons dans de gros éboulis de la moraine, la tâche est scabreuse, notre compagnon à "4 pattes" s’en sort très bien… Il nous devance parfois, en se retournant fréquemment et rectifie son trajet si nous dévions, comme un véritable partenaire de trekking. La complicité qu’il nous accorde est touchante, il est tellement spontané à notre égard qu’il en est très attachant…
Nous voilà sur la moraine creusée, dans laquelle sommeille le dernier lac, ou le premier, celui en tout cas le plus au fond du vallon. Le glacier au-dessus "dégueule" et se finit en une cascade. Fannie nous attend là. Je décide de poursuivre avec mon compagnon aventurier plus loin sur le pourtour du lac pour tenter de prendre en photo l’alignement des trois lacs. A tout instant la chute sur la droite m’amènerait directement plus de 100m plus bas dans l’eau turquoise, il faut être prudent. Le chien me suit, me devance parfois ; ses pattes glissent sur un rocher, mais il est très habile de ses 4 pattes, plus que moi avec ma semelle Vibram !
Nous rejoignons Fannie après avoir pris des photos, le chien nous devance et nous ouvre la voie dans la partie marécageuse du retour. Sans se tromper il nous guide pierre par pierre en direction d'une berge du lac plus au sec… Plus tard nous montons sur une butte car le sentier est sous l’eau quelques mètres. Le chien se hisse, il nous suit au pas. Puis, en aval sur le torrent, il se rend compte que nous avons changé de berge, le torrent est tumultueux à l’endroit où il se trouve… Un peu apeuré, il saute vaillamment de l’autre côté pour nous rejoindre. Nous le félicitons en le câlinant ! Un peu plus loin, nous devons faire l’exercice inverse, mais les pierres semblent glissantes et espacées, alors que le torrent s’écoule en une grande cascade ! Fannie se lance et appelle "Belle". Celle-ci a peur, elle hésite, fait un tour sur elle-même puis se lance en bondissant ! Quelle bravoure ! Nous la caressons ! Le temps s’est couvert. Le temps de faire notre paquetage, de filtrer de l’eau et de se faire à manger, la pluie arrive…
Image de film : derrière nous une immense colline nous surplombe, nous sommes à ses pieds ; tout en haut une silhouette nous observe, telle un indien posté là… C’est une femme, peut-être le maître du chien ? Il a disparu après que nous soyons rassasiés. Nous quittons les lieux, bâtons en main, sacs au dos sous une pluie battante et froide. Il est 12h06. Il nous faut 45 mn pour arriver au bout du lac et commencer notre itinéraire dans la vallée… La pluie redouble, mes mains se crispent autour du bâton… Le chemin ou tout du moins ce qu’il en reste en cette saison des pluies, c’est un tracé de terre noire criblé par les empreintes des bêtes, empreintes profondes d 15 à 20cm, remplies d’eau. Impossible d’y poser le pied sans voir disparaître quasi toute la chaussure sous cette boue noire… Les abords sont des mottes d’herbe détrempées, qui s’écrasent sous notre poids ou se dérobent pour laisser apparaître de la boue… Le terrain est miné et, petit à petit nous faisons de moins en moins attention où nous mettons les pieds tant l’exercice est fatigant intellectuellement ! Nos pieds se trempent au fur et à mesure de notre avancement… Les 15 kms à venir vont être un cauchemar dans ces conditions ! La température descend, on le sent, la neige se met à tomber. Nous voilà dans la vallée sur le bord du versant ouest, en plein marécage. La brume ferme le paysage à 200m devant nous, la neige nous glace les mains et le visage. Nous sommes dans l’environnement des premiers hommes, où la lutte pour survire était le quotidien. Nous n’allons pas tarder à vivre un autre aspect : celui de l’attaque par une bête sauvage… Des aboiements, nous passons un virage en hauteur, des chiens déboulent sur nous, l’un se calme lorsque je le regarde droit dans les yeux, il s’approche en se baissant et en couinant : signe de soumission. Un deuxième, plus agressif se rapproche, je lui fais front, il sort les crocs, j’agite mon bâton, il s’enfuie… Il se met à courir en direction de Fannie, 30m devant moi, il bondit sur elle par derrière et lui arrache un bout du poncho ! Je me rue vers lui dans l’idée de lui faire passer un mauvais quart d’heure : mes instincts se sont affûtés ces derniers temps, mon agressivité prend le dessus, je me lance sur lui ! A ce moment-là, un homme apparaît, me faisant des grands signes tout en appelant son chien, sorte de Rottweiler bâtard… L’homme a dû comprendre que j’étais prêt à frapper son chien et tente de m’en dissuader. Je stoppe et laisse partir le chien… Nous poursuivons notre route, Fannie sanglote, tout cela nous a un peu réchauffés ! tout du moins pour quelques minutes. Nous sommes tellement trempés que la déperdition de chaleur est importante. Il nous faut mettre les doudounes en-dessus ! Deux toits de maisons ou cabanes se montrent à quelques centaines de mètres ; un endroit pour se vêtir au sec peut-être ! Nous y arrivons, la première est en ruine, sans toit, et à côté une petite maison où habitent une vieille dame et un homme plus jeune, peut être son fils… Nous rentrons, énervés, un peu fatigués, pour passer notre doudoune et repartir. L’endroit est très modeste : une pièce où s’enchevêtrent un lit, une commode sur laquelle est posé un poulet désarticulé, toutes sortes de boîtes, un banc et une gazinière. La toile du plafond s’est décrochée et se trouve à 1,70m du sol… Nous donnons 10 Soles pour le dérangement et reprenons notre quête du "sec". Cette maison était à mi-chemin, il nous faudra encore 2 heures pour rejoindre Queropalca. Heureusement, plus tard, la neige arrête de tomber et la température remonte un peu. Les paysages traversés paraissent être originels de l’histoire de l’humanité. De grands taureaux nous croisent en poussant des meuglements. Ils pourraient être des taureaux de combat… A nouveau les chemins sont impraticables à pied, les abords sont un moindre mal, mais il est très dur d’avancer normalement ! Les deux derniers kms sont de la vraie descente vers le village. Nous croisons un muletier qui chevauche sa bête, accompagné d’un jeune homme, l’air sympathique. Le vieil home se met à nous raconter des histoires de manière théâtrale, sa région détient tous les charmes et de loin ! Le paysage lui donne raison lorsque nous nous retournons : les sommets de la Cordillère surgissent au fond, alors que nous en sommes loin maintenant… Descente dans le lit d’un torrent et nous arrivons sur la place centrale du village où des hommes nous saluent… Nous demandons un bus pour la ville de "La Unión", il n’y en a pas ! Seulement demain matin à 5h, nous répond l’un des hommes. Nous l’interrogeons pour des taxis, il nous montre du doigt la seule voiture du village : voici le taxi ! Il se propose d’aller chercher le chauffeur dans deux ruelles à côté… Il revient accompagné de deux autres, 10 mn plus tard. La négociation commence à 500 Soles, nous arrivons à le convaincre pour 350 Soles et cela pour environ 4h de chemins et de pistes… Conscients que cette somme est très chèrement payée, le service rendu nous permet de gagner un temps précieux pour notre départ du lendemain en direction d’Huaraz ! Et puis ce sont deux pères de moins de 25 ans, cela leur fera un bon argent de poche bien mérité.
En effet, pendant 4 heures, la voiture verte (une Toyota) va se tortiller dans tous les sens à cause des ornières, des coulées de boue, des pierres et éboulements sur la piste. Elle se tordra dans les virages de montagne sans jamais faillir… Musique péruvienne, arrêt-minute dans un village sur le parcours pour acheter des recharges téléphone "Claro", des coups de fils à des "chicas", nos deux compères pilote et copilote… et vice-versa sont en train d’organiser leur venue à La Unión ; ils sont de sortie ! Leur enthousiasme les transportera pendant les 4 heures de piste !! jusqu’à faire un autre arrêt pour persuader une fille mignonne de monter à l’arrière avec nous, et l’emmener faire la fête ! Au regret du conducteur, elle déclinera plusieurs fois et ne montera pas !
Toujours trempés jusqu’aux os, cela fait un bon moment que nous ne sentons plus nos pieds mouillés, enfin dans nos chaussures détrempées ! Ou peut-être est-ce un oubli volontaire ou réflexe tant c’est pénible ! Notre cerveau ne veut plus s’occuper de ce qui se passe en bas ! Nous resterons emmitouflés pendant 4 heures…Les lumières de La Unión scintillent, la ville s’étend en longueur, mais nous y arrivons à 20h30. Il nous tarde énormément de prendre une douche chaude et de mettre nos pieds enfin… au sec !! Le temps de trouver un hospedaje, nos amis du taxi nous amènent dans un endroit convenable, pour 40 Soles la nuit. Cela nous va très bien… Un arrêt à la banque pour retirer du cash et payer la course, et nous voilà livrés à nous-mêmes dans la ville où nous cherchons de la « carne » ou du « pollo » à nous mettre sous les canines !



 

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Dimanche 17 Mars - Trek Huayhuash - 11,4 kms - 5h15

Dénivelé positif : +700m    Dénivelé négatif : -460m


Les sacs sont lourds ce matin... Nous remontons vers le hameau de la veille et le dépassons pour nous enfoncer dans la suite de la vallée glaciaire, puis rapidement nous empruntons le versant nord, à gauche du vallon, en direction du col à 4750m, soit 700m de dénivelé plus haut. La pente est raide, mon sac me tire en arrière et mes pas lourds sont lents. La pluie nous rend une belle visite et notre chemin se perd dans les éperons rocheux… Nous retrouvons l’itinéraire, mes doigts glacés cramponnent mon « sceptre » de marche… Le col se trouve tout en haut d’éboulis et d’un versant rocailleux, sombre et aride…
Passé le col, nos chaussures s’engagent dans un goulet large au sable gris et humide, nos pas sont plus légers et amortis…
Deux chevaux sont sur une croupe herbeuse en contrebas, leurs pattes avant sont attachées. Sur la droite, contre un rocher plat, un chapeau dépasse : deux cavaliers se reposent sous leur poncho et leur chapeau, seules protections contre la pluie… Ils sont d’abord surpris de nous voir là, en dehors de la saison touristique, puis nous demandent notre destination. Nous allons au lieu-dit Quartelhuain… En réponse, ils semblent nous dire que l’itinéraire est derrière l’éperon rocheux à notre droite et qu’il faut remonter… En effet, au col, un grand panneau semblait interdire l’accès sur notre droite, au chemin qui en partait…Erreur, nous aurions dû les écouter !! Nous poursuivons notre descente, sûrs de nous.
Puis, pause déjeuner : des vaches se rapprochent, salivant abondamment en nous voyant sortir des choses de nos sacs et manger ! Alternance pluie abondante et soleil, nos ponchos font sauna ! Une discussion avec un paysan sortant d’une maison dans un hameau en contrebas, nous fait atterrir dans une camionnette de miniers très sympathiques, qui nous déposent quelques kms plus loin, avant de bifurquer vers une carrière à ciel ouvert. Nous essayons de nous repérer sur notre carte de trekking, mais celle-ci semble incomplète : des routes, notamment celle prise n’apparaît pas dessus ! Pourtant nous sommes à peu près certains de l’endroit où nous nous trouvons : à deux pas de Palca. Du moment où nous avons passe le col sans passer par le deuxième qui est à quelques centaines de mètres du premier, nous avons quitté le tracé du trek tel que nous voulions le faire. Nous voici égarés sans trop savoir où aller, car les hommes que nous interrogeons, pas très à l’aise à la lecture de la carte, nous indiquent de mauvaises directions. Nous sautons dans une autre voiture de deux miniers qui rentrent chez eux. Ils ne connaissent pas très bien la région, seule la route leur est familière. Du coup leurs informations ne semblent pas très exactes, bien qu’ils fassent de leur mieux et preuve d’une grande disponibilité ! Ils nous déposent sur un lieu de campement, totalement en dehors de notre itinéraire, dans une autre vallée. Comment avons-nous atterri là ? alors que selon la carte, nous devrions être ou aurions dû être pas loin de reprendre notre tracé initial ?? Mystère !! Et comme l’instant présent nécessite toute l’attention, nous arrivons devant le panneau du lieu-dit, persuadés d’avoir tout lu. Nous ne lisons que les inscriptions en jaune, dont le nom du prochain col… Une fois la tente montée et nous dedans, nous sortons la carte pour essayer de comprendre la situation ou nos erreurs ! Nous y passons plus de 30mn, et dans un moment de lucidité, rares durant cette journée, nous citons le nom du prochain col à franchir qui est sur la carte, et que nous avons lu sur le panneau à quelques dizaines de mètres de nous… le jaune ! Nous sortons alors que la nuit tombe pour retourner lire le panneau… et voir qu’accessoirement est écrit en blanc Quartelhuain, l’endroit où nous devions être. Nous y sommes ! Finalement, tous nous avaient dit vrai, seules les routes sur la carte n’étaient pas représentées comme en réalité, ce qui nous a fait douter, mais notre sens de l’orientation l’a emporté ! Nous passons la soirée, sereins, nous sommes là où nous devions être, pour poursuivre notre trek comme prévu !



 

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Lundi 18 Mars - Trek Huayhuash - 15,7 kms - 5h50

Dénivelé positif : +1015m    Dénivelé négatif : -610m


Les journées débutent et finissent par le filtrage de l’eau. Pour ce bivouac, nous sommes à côté d’un torrent étroit mais tumultueux et haut ! Sans doute à cause de la saison des pluies, il s’est énormément rempli, ce qui lui donne un côté démesuré par rapport à son lit. L’eau est marron et charrie beaucoup de limon. La filtrer nécessite du temps si l’on souhaite utiliser tous les corps de filtre : céramique et charbon actif. En effet, en l’espace d’un litre, la céramique se « charge » et il faut la nettoyer… Mais comment nettoyer un filtre encrassé avec la même eau sale ? Brosser la céramique dans l’eau sale et la rincer avec un petit volume d’eau filtrée. Et nous voilà repartis pour 1 litre d’eau et de moins en moins au bout de 4 litres d’opération… Autre solution beaucoup plus rapide : utiliser le filtre en version « rapide », uniquement la partie en charbon actif plus micropore, une fois l’eau filtrée ! Inconvénient : on limite de beaucoup la vie du charbon actif… Mais ce matin la solution 2 était adaptée, car nous voulions démarrer rapidement. A notre droite, des versants de plus de 500m de haut. Objectif de la matinée : passer au-dessus de ce versant vers le col puis redescendre et faire le plus de kms possibles sur du plat « relatif » jusqu’au lac Carhuacocha pour le reste de la journée. Ce jour encore, la montée est raide car beaucoup de dénivelé sur peu de kms. Le col surplombe un lac dont les rives sont de couleur rouge, typique de l’oxyde ferrique. La descente se fait dans des ressauts et des éboulis, puis un chemin se dessine au milieu de pâturages durant les 5 kms suivants. Il aboutit à un hameau de 3 ou 4 maisons sur une sorte d’îlot autour duquel se séparent deux bras du torrent pour se rejoindre ensuite. Pour entrer dans la forteresse naturelle, un pont en bois que nous empruntons pour acheter éventuellement du fromage si nous voyons quelqu’un. Mais personne ne se profile aux alentours ! Nous nous approchons d’une maison typique de pierre au toit de chaume, avec en arrière-plan des sommets de la Cordillère… Mon œil plongé dans l’objectif de l’appareil photo, Fannie me hurle « Attention, le chien ! » Le temps que l’information arrive à mon cerveau, et l’animal me prend à revers sur le côté ! Les oreilles basses et les crocs sortis, cette chienne aux mamelles pendantes s’est transformée en loup ! Ses grognements terroriseraient un chaperon rouge ou même les 3 petits cochons ! Pour ma part, l’adrénaline me fait brandir mon bâton et adopter la même attitude que mon adversaire, celle du mourre avec le front en avant, attitude pour entrer dans le combat ! Elle arrive petit à petit en nous tournant autour et en bondissant pour attaquer, pour nous faire « dégager » de son territoire, c’est-à-dire au-delà du pont en bois ! Seule, Fannie semble épargnée par ses attaques ! Peut-être est-ce l’os trouvé au sol qu’elle lui a lancé, os avec lequel la chienne a joué quelques secondes avant d’attaquer à nouveau ! En tout cas, elle la laisse tranquille, alors que moi, elle pourrait à tout instant me sauter aux fesses ou à la gorge ! La dernière attaque avant que je repasse le pont est la plus virulente. Elle est à 1,5 à 2m de moi, pattes fléchies, prête à bondir ! Je la regarde dans les yeux, elle ne me quitte pas du regard, elle est mauvaise. Je savais que les femelles sont mauvaises, mais à ce point-là ! ?
Instant d’après…rincée à l’eau de pluie ! Ensuite, chevauchée magnifique sur le plateau : des chevaux reviennent d’un pâturage en galopant. Les montagnes derrière, comme nous, assistent au spectacle !
Il fait ensuite monter à nouveau et traverser des « terrasses » de pâturages plus hautes en altitude. Un torrent nous barre le chemin, de l’autre côté des planches de bois, identiques en longueur et en largeur ; les bergers les enlèvent après avoir traversé en laissant vaches et taureaux paître tranquillement, une sorte d’enclos naturel sans doute. Nous comprenons l’astuce pour les planches, traversons, puis les ôtons à nouveau. Certaines bêtes nous regardent étonnées et d’autres ne se préoccupent guère de nous et de notre paquetage au « dos de tortue » !
Nous traversons une sorte de pampa au sol détrempé et marécageux : l’eau semble s’écouler d’une terrasse naturelle à l’autre… Puis le col, dominé par une colline à sa droite où nous distinguons la silhouette d’un berger et son troupeau. Le chien descend droit vers nous en aboyant. Je m’immobilise, le regardant arriver. Il finit par s’arrêter…
Nous décidons de nous arrêter peu après le col, sur une croupe verdoyante avec une vue directe sur les contreforts de la chaîne montagneuse. Le dieu de la pluie des Andes attend que nous montions la tente pour déverser des cordes. La nuit ne va pas tarder à tomber, le berger aperçu précédemment siffle dans les collines pour ramener ses bêtes. Il est à cheval, sous la pluie et le vent avec un poncho. En parallèle, son chien vient vers nous en aboyant. Arrivé à votre niveau, il s’arrête, il s’assagit et s’assied à côté de notre tente sous les éléments déchaînés, sans broncher… Un sacré beau tableau, non sans rappeler de belles scènes de Croc-Blanc ou de Danse avec les loups ! Pendant ce temps, le cavalier effectue son travail sans s’imaginer que tout cela m’inspire de la perfection et une grande poésie…
Un torrent d’altitude, cette fois-ci l’eau est cristalline, j’en profite pour laver à grande eau notre filtre. Ce soir me prend une grande envie de viande rouge… je me console avec du thon et des pâtes. On s’endort rapidement.



 

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Mardi 19 Mars - Trek Huayhuash - 5,2 kms - 2h15

Dénivelé positif : +44m    Dénivelé négatif : -413m


Seul et unique jour où tout commence par de la descente. Nous croisons un jeune couple avec une petite fille. Nous parlons puis nous nous saluons… Je retrouve vers eux pour les prendre en photo. L’homme marchande, il veut une contrepartie. Sa petite fille repartira avec une de nos 3 gourdes, en espérant qu’elle en fera bon usage. Arrivés au lac Carhuacocha, un homme vient vers nous, il a l’air sympathique. Dix minutes de discussion, puis il sort un carnet où il inscrit 40 Soles sur chaque ticket, ainsi que la mention Réserve Naturelle Huayhuash. Nous ne voulons pas payer et de toute façon, nous ne pouvons pas, car il nous reste de quoi reprendre le bus et manger un peu, une fois la civilisation retrouvée dans 2 jours… De plus le prix nous paraît astronomique, il est par personne et directement comparable aux 5 soles payés à l’entrée de la Réserve de la Cordillera Blanca. Fannie s’énerve contre cette apparente escroquerie, je suis plus calme et bien décidé à ne rien payer, en lui indiquant que nous venons de faire un cadeau de valeur importante à une enfant de la communauté. Il essaie de négocier une de nos gourdes, je décline. Il nous « autorise » à poursuivre notre trek en restant bienveillant à notre égard.
Deux chiens aboyant avaient précédé la venue de l’homme. L’un d’eux se met à nous suivre. En fait les deux, mais l’un se montre très joueur, affectueux, notamment avec Fannie. Le deuxième, plus renfrogné, aboie sans cesse et s’approche pour nous intimider. Ironie de la situation, le chien affectueux semble vouloir tempérer nos « rapports », car il retourne voir son congénère, puis revient se frotter à nous, comme pour sonner la trêve ! Cela dure 20mn et les chiens disparaissent lorsque nous arrivons au bord du vallon marécageux, le temps de trouver comment traverser ces quelques 2kms de plaine plongée dans l’eau. Une heure après, nous posons le camp avant la succession des 3 lacs et de leur vallée glaciaire. Nous dormirons ce soir juste au pied des plus hauts sommets de la Cordillère Huayhuash !



 

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Entre Huaraz et Huanchaco, puis bassin amazonien...

par Fannie

 

Nous avons décidé de prolonger d’une journée notre séjour à Huanchaco pour voir le début d’une compétition de surf, volley, triathlon… qui met la petite ville en effervescence.
Nous comptions surfer ce matin même, mais les vagues ne sont pas au rendez-vous. Ça devait être ma première, mais non ! Je n’ai toujours pas surfé dans le Pacifique et peut être l’occasion se représentera à Lima avant le départ.
Faute de vagues, nous en avons profité pour mettre des nouvelles sur internet, manger un bout et prendre un bus, direction Chiclayo en fin d’après-midi.
Ces 5 jours au bord de l’océan nous ont fait prendre conscience que nous étions crevés. Nous avons dormi - beaucoup - un peu couru, un peu visité, un peu surfé pour Flavien.
Nous souhaitons rejoindre Chiclayo, ville plus au nord, à environ 3h30 de bus - carrefour entre la côte, la jungle et les montagnes - pour visiter le musée "Señor del Sipán", considéré comme le plus beau d’Amérique du Sud, puis rallier la ville de Tarapoto (environ 14h de bus de nuit) et Yurimaguas, puis prendre un bateau en direction d’Iquitos.
Nous arrivons fatigués à Chiclayo vers 22 h à la recherche d’un hôtel. La plupart sont complets car nous sommes en Semana Santa (Semaine sainte). Le taxi nous dépose devant l’entrée d’une chambre plus ou moins propre, mais nous sommes trop fatigués pour chercher autre chose. Nous nous endormons malgré le bruit.

Réveil difficile le matin… Nous nous rendons au Mercado Central (marché de la ville) pour déjeuner. Ici pas de "leche de quinoa", nous prendrons des fraises, un jus de papaye et du "queque" (cake maison).
Après avoir acheté nos billets pour le soir (bus de Chiclayo à Tarapoto, environ 14h de route), nous nous rendons à Lambayeque avec un taxi-combi pour le musée. Il fait lourd, la lumière est aveuglante ici, une espèce d’harmattan me fait penser à Douala (ville de mon enfance au Cameroun).
Le musée, d’architecture étrange, représente le temple de Sipán. Nous prenons un guide en anglais pour nous seuls, un vrai régal ! Je comprends quasi tout et Flavien complète le reste.
Ce musée, sur l’époque pré-Inca est très intéressant et impressionnant. Nous ne regrettons pas notre détour ! Il retrace la culture Mochica, de 500 à 800 ap. J.C. à travers la découverte du Temple de Sipán, haut dirigeant Moche.

Pour plus d'information, vous pouvez consulter le lien ci-dessous :​
http://www.perou-online.com/histoire_perou/civilisation_moche.htm​​​​​

Après 2h passées auprès du "Señor de Sipán" notre ventre crie famine. Nous reprenons un taxi et déjeunons d’un bon repas dans une "pollería" (restaurant essentiellement de poulet) vers 15-16h. Après quelques courses en prévision du trajet, nous voilà dans le bus. Ensuite nous poursuivons la "journée" avec 14h de bus, exténuantes, et pourtant une des meilleures compagnies mais nous sommes à l’étage et vers la fin la route est chaotique et nous sommes secoués comme des pruniers, Flavien n’est pas très bien, le mal au cœur le poursuit. Nous arrivons vers 9h du matin à Tarapoto.

Depuis le lever du jour j’admire le paysage et j’ai la sensation d’être transportée dans une ambiance plus proche de l’Afrique que du Pérou.
Notre objectif : rallier Yurimaguas le plus vite possible pour essayer d’attraper un bateau pour Iquitos dès aujourd’hui, car le dimanche il n’y a pas de liaison.
A peine arrivés, un thé et jus de papaye avalés, nous voilà dans un taxi-combi qui nous amène à Yurimaguas - 3h de trajet - à fond ! Les Péruviens au volant sont dangereux ! Nous arrivons sains et saufs à Yurimaguas où comme d’hab’ des motocyclettes-taxis nous attendent et nous interpellent alors que nous ne sommes pas encore sortis de la voiture. Nous montons dans un en lui demandant de nous conduire au bureau du Edouardo (bateau pour Iquitos).
Au lieu de cela, il essaie de nous vendre un tour dans la jungle à Lagunas qui est "beaucoup mieux qu’Iquitos" et qu’il faut "absolument acheter des hamacs" là où il veut "absolument " nous emmener, et que le bateau ne partant qu’à 17h nous avons donc 5h devant nous. Nous ne lâchons pas le morceau, et la suite nous montrera que nous avons eu raison.
La dame nous apprend que le bateau part à 14h ! Nous nous faisons déposer devant le port. Après que Flavien ait fait un tour sur le bateau, nous décidons de prendre une cabine et de suspendre des hamacs dehors, en plus.
C’est la course ! Nous avons une petite heure pour retirer de l’argent, acheter à manger pour midi, de l’eau - beaucoup -. Notre taxi nous restera fidèle jusqu’au bout avec un bon pourboire à la fin.
Et voilà, nous y sommes ! Cette partie de notre aventure a fait tant parlé, à créer tant de peurs chez nos proches et du coup un peu pour moi aussi… Finalement, le Rio est large, certes, le bateau est un bateau de marchandises qui prend des passagers sur 2 niveaux couverts et bâchés durant la nuit, avec des hamacs en rang d’oignons, mais tout est très organisé, calme. Nous sommes dans la cabine 10 sur 13 à l’étage. Sur place, nous avons acheté un hamac et en avons loué un autre. La cabine nous permettra d’avoir nos affaires en sécurité et nous pourrons dormir un peu plus au calme que sur le pont.
20 minutes après notre arrivée, le moteur démarre, nous partons. Je n’en reviens pas, c’était si simple ! Nous naviguons au milieu du rio de couleur marron, les berges verdoyantes, papayers, palmiers, bananiers et autres nous entourent. Nous naviguons dans le sens du courant, qui coule lentement, c’est zen !
Sur notre pont, une majorité de Haïtiens, des Péruviens, deux Polonais et une Allemande. J’ai vraiment l’impression de naviguer sur un fleuve en Afrique, entourée de tous ces Haïtiens ; ils parlent pour la plupart français et en sont fiers. Nous avons 2 nuits et 3 jours à passer sur ce bateau et contrairement à mon imagination, je m’y sens bien, même très bien… J’ai enfin l’occasion de profiter du temps qui passe, de le regarder passer à travers les paysages, m’assoupir, admirer à nouveau, allongée dans mon hamac. Le bruit du moteur ronronne, des Haïtiens fredonnent, des musiques de postes s’élèvent et se retirent ! Nous avons juste à penser… à rien !

La nourriture est distribuée 3 fois par jour au son de la cloche. Les sanitaires, WC avec douche au plafond sont nettoyés régulièrement. L’eau tirée du rio est un peu marron. La seule contrainte est d’aller aux toilettes ; trop dur !
La seule animation, c’est quand nous ravitaillons les petits villages qui bordent le rio : des femmes, des fillettes montent vendre des fruits, des poissons frits, du serpent, des tamales (viande avec du riz dans des feuilles de bananiers), des morceaux de canne à sucre, des boissons fraîches… et même des animaux (singes, canards, poules…). Après notre embarquement, nous mangeons un bout, puis je sieste dans mon hamac. En discutant, nous apprenons qu’une bonne partie des voyageurs est sur le bateau depuis 2 nuits !





 

 

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Dans la jungle...

par Flavien



​Mercredi 3 avril 2013

Les eaux noires… C’est d’ici que j’écris ces quelques lignes.
Autour de nous, de l’eau, des cris d’oiseaux, la mangrove et ses arbres plongés dans l’eau en cette saison des pluies. Un paradis imaginé, rêve durant des années ! Le paradis vert, l’Amazone !
Nous voilà à 1h30 de bateau dans l’intimité profonde de la forêt amazonienne, accueillis par des natifs ou des locaux.
L’occupation fascinante des enfants, ici, est l’exploration en pirogue, la pêche et cette vie d’un style original…
Un bout de fond d’une poésie relaxante est celle des insectes, ponctuée par des cris d’oiseaux totalement différents et des « glops » des poissons qui percent la surface de l’eau.
Je me sens comme les premiers explorateurs ces magnificences, comme Nicolas Hulot, accompagnés de guides.
En effet, notre guide d’une petite trentaine est une mine de savoir.
Pour conter la suite de la journée…je m’éclaire à la lampe à pétrole d’une douce lumière orangée, assis sur un banc, avec autour un noir absolu, teinté parfois de lueurs, le reflet du ciel au travers de certains arbres, entouré des sonorités de la forêt. Fannie, assise en face est plongée dans un livre sur la faune de la forêt équatoriale.
Une telle ambiance est une grande première pour nous et chaque instant vécu est à retenir…
Les Pisnet anwoodpecker –les pics, font retentir leur percussion à des centaines de mètres, sonorité typique. ..
Ainsi notre après-midi a débuté avec la rencontre des dauphins. Le spectacle que nous offre Mère Nature est grandiose. Jamais je n’avais vu pareil horizon avec un ciel si vaste. Au beau milieu, nous sur une embarcation, plusieurs ailerons apparaissent, puis des nageoires hors de l’eau : les dauphins sont curieux et joueurs. Je réalise la valeur du cadeau que je reçois et les larmes me viennent…
Le village de Libertad… Durant la saison des pluies comme actuellement, les villageois vivent au-dessus de l’eau dans des maisons sur pilotis, se déplaçant en pirogues. Ils retrouvent le sol ferme et leur terrain de foot, central au village, à la saison sèche.
Leur activité première en unique est la pêche. Elle s’effectue de jour et le plus souvent la nuit pour attraper notamment à l’aide de filets, le poisson-chat pouvant mesurer plus de 2 m…La journée, la pêche est plus ludique puisqu’elle s’effectue à l’aide d’une lance pour attraper les poissons en surface. Le spectacle des enfants entre 8 et 11 ans s’adonnant à cette activité est typique.
Sortie de l’école lorsque nous arrivons à Libertad : certains embarquent tout seul dans leur pirogue, une rame à la main, d’autres sont avec leur mère ou encore en famille. Quelques dizaines de mètres seulement les séparent de leur habitation, ils y sont n quelques coup de rame, le moment est hors du temps…
Le soleil s’est couché, il est passé derrière l’horizon et étincelle désormais de ses lueurs rosées, violettes et orangées. La nuit arrive, nous sortons en pirogue, nos mains frôlent l’eau, je vide le fond de la pirogue avec une calebasse prévue à cet effet. Du village émane de la fumée, ça sent bon le feu de bois, les ménages s’apprêtent à souper. L’image de la forêt s’endort laissant place à sa mélodie…





Jeudi 4 avril 2013 : Les oiseaux, le végétal et la Réserve Nationale

Première nuit passée : un lit de 140cm en bois avec de grosses lattes sur lesquelles repose un fin matelas, autour duquel est arrimée une moustiquaire, bordée tout autour du lit…
Le lever se fait sans peine, nous sautons du lit à 5h 45, enfilons nos vêtements longs : chemise et pantalon, pour se protéger des insectes, ainsi que nos bottes en caoutchouc. Uns grosse gorgée d’eau et nous voilà dans la pirogue à 6h ! Acinto démarre le moteur mono-cylindre 4 temps d’un bruit typique, qui fait « péké, péké »… C’est le nom des bateaux ici, compte tenu de la sonorité de leur moteur.
Ce matin, nous partons à la rencontre des oiseaux et du végétal de la « Selva Amazonas ». Le rio Yana Yaku, littéralement « les eaux noires », est bordé d’arbres qui s’élancent vers les rayons du soleil. Leurs habitants sont de magnifiques oiseaux, tels qu’Aras, Toucans, Aigles harpies…
Les eaux noires d’huile que notre pirogue sillonne constituent un véritable miroir qui transpose les arbres et le vol des oiseaux dans un reflet limpide, donnant à chaque paysage un double parfait… Ainsi la main dans l’eau et le visage suintant l’eau, nous assistons à de multiples envolées ou passages d’oiseaux… Larry, notre guide parlant anglais nous présente les différentes espèces que nous rencontrons, leur habitat, leur mode alimentaire. Parfois il reproduit leur cri pour les attirer et les inviter à se rapprocher. A chaque oiseau, son arbre, ou à chaque arbre ses habitants. En effet, le végétal représente ici, à la fois un habitat, un garde-manger et des zones de reproduction.
La pirogue bifurque à droite. Nous sortons du lit de la rivière pour pénétrer dans la forêt et la mangrove. La végétation dense s'écarte difficilement, la machette fait 2-3 fois son travail. Une clairière se présente, au centre un arbre magnifique dont les fleurs d’un rose vif tapissent le sol des terres que nous gagnons. Nous débarquons pour rentrer quelques dizaines de mètres dans la forêt à pied, pour aller voir quelques spécimens, animal et végétal. Larry nous mentionne les noms natifs et en espagnol. Nous comprenons l’interdépendance et les « services » que se rendent les espèces animales et végétales dans cette jungle. Ce lieu est un espace de culture, désormais abandonné où la forêt a repris ses droits et où la seule trace restante est une vieille maison en bambous colonisée par de nouveaux habitants.
L’appareil photo s’éteint, plus de batterie ! Les nombreux films effectués la veille ont tout vidé.
La nature luxuriante a sans doute inspiré les créateurs des paysages du film Avatar. Les fleurs roses qui tapissent le sol sont un trésor pour les yeux, tant la couleur enchante l’endroit…
Nous ressortons de la mangrove pour atteindre le rio et revenir sur nos « pas ». A gauche, en retrait, en lisière de mangrove, une maison sans murs sur pilotis se confond dans le décor. Seul le linge coloré de cette famille tranche dans la couleur à dominante verte. Nous y faisons une escale rapide pour y récupérer du poisson fraîchement pêché par l’homme du foyer, en contrepartie de fruits sans doute gorgés de sucre comme nous aurons l’occasion d’en manger une heure après au petit déjeuner. Larry en profite pour nous parler des spécificités de l’endroit où nous nous trouvons.
Nous rentrons dévorer notre premier repas de la journée. La suite se prépare : hamacs et moustiquaires, vivres et eau, lances et cannes à pêche… Nous partons cet après-midi pour la Réserve Pacaya Samiria, afin d’en découvrir la faune et la flore et de passer la nuit au beau milieu de la mangrove, suspendus dans nos hamacs au-dessus de l’eau. Nous sortons du rio Yana Yaku, là où celui-ci se mélange aux eaux marron du rio Ucayali, tel un nuage de lait dans une tasse de café noir… Les deux eaux se rencontrent mais ne se mélangent jamais véritablement. Notre objectif premier est de traverser les nombreuses centaines de mètres de ce rio boueux afin d’en atteindre l’autre rive, pour pénétrer dans la mangrove et s’y enfoncer davantage.
Au bord de la rive, immergée désormais, de nombreux tourbillons se forment. Nos guides cherchent en « endroit », un passage pour pénétrer l’intimité de cette forêt. Quelques coups de machette, et nous trouvons un semblant de passage où les locaux ont l’habitude de pénétrer afin de poser une ligne horizontale d’un roseau à l’autre soutenant des lignes verticales armées d’un hameçon au bout qui affleurent l’eau. Une ligne fixe pour pêcher, une sorte de piège à poissons…
Une joie immense m’envahit et un enthousiasme à me faire sauter dans l’eau.  Nous nous frayons un passage au milieu de la végétation, en écartant les branches avec les mains, après le passage de la machette. A peine la place pour laisser passer notre pirogue, si proche de la végétation que des araignées ou autres insectes se retrouvent dans le bateau. Nous déchirons des toiles, poussons des branches, tordons des feuilles, le tout assis dans notre pirogue. Une mante religieuse perchée sur une feuille m’arrive en pleine figure, je m’écarte et l’observe en passant à quelques centimètres…
Des « floucs » s’entendent lors de notre passage, dans la végétation basse à quelques mètres de nous. Sans doute des poissons ou batraciens qui prennent la fuite, sensibles aux vibrations que nous produisons.
La végétation basse laisse la place maintenant à des arbres majestueux ! L’in d’entre eux attire notre attention car son écorce est de couleur gris métallisé, luisant parfaitement comme du métal peint. Cet arbre change son écorce tous les 3 mois, ce qui lui vaut le nom d’arbre Anaconda. Sa « mue » est apparente et fait des lambeaux d’écorce qui pendent le long du tronc.
Notre pirogue zigzague entre les troncs sortis de l’eau. Des insectes « ornent » toute la végétation que nous croisons ou dépassons. Ainsi il faut regarder à tout moment avant de toucher un tronc ou du feuillage lorsque nous devons manœuvrer pour nous dégager ou éviter des branches qui viennent à notre rencontre. A chaque endroit où notre œil se pose des fourmis arboricoles, des araignées, des chenilles, des insectes volants… Notre avancement est accompagné de la mélodie des chants d’oiseaux, de près, de loin… Certains ressemblent à des cris de singes, mais ce n’est pas le cas. En effet, les singes se trouvent dans la partie plus profonde de la jungle.
Bientôt nous entendons la voix de deux hommes. Acinto, notre guide, échange à voix feutrée quelques mots avec eux, en langue indienne, peut-être pour les prévenir de notre passage. Ils sont restés à quelques centaines de mètres au milieu des arbres, mais l’eau présente partout nous renvoie les sons… Ils sont plongés dans l’eau, les coudes adossés à une sorte de radeau qui en fait n’est juste qu’un assemblage encordé d’arbres fraîchement coupés, qu’ils vont tenter de sortir de la forêt et atteindre leur communauté. Ils prennent là juste de quoi construire ou renforcer leur habitation, un très faible prélèvement en comparaison du désastre que causent les industries du bois, sans doute des dizaines ou centaines de kms plus loin..
Nous arrivons sur un enchaînement de lacs. Seuls, l’aspect de clairière et les informations des guides nous permettent de nous en rendre compte. Un tapis de « salade » d’eau s’étend au beau milieu. La pirogue fend le tapis dans un bruit de frottement qui rappelle une pluie d’été sur une cabane en bois. La densité de ces plantes nous freine considérablement et les coups de pagaies semblent arracher de l’eau en vain. La machette fait office de la pointe d’un bateau brise-glace qui se fraye un chemin. A deux reprises, nous brisons le silence et la douce mélodie de la forêt avec le « péké-péké » que dégaine Acinto à l’arrière de la pirogue… Nous reviendrons d‘ailleurs sur la particularité et la conception de ces moteurs totalement adaptés à ce type de navigation.
Ces plantes aquatiques étant de plus en plus denses, nous sortons des lacs pour les contourner par la forêt, le comble !
Nous cherchons maintenant de grands ficus. Ces arbres forment de véritables cathédrales dans la forêt. Leurs racines apparentes entre nouées offrent bien des abris, notamment pour les paresseux qui grimpent jusqu’à la canopée et pour nos hamacs que l’on peut très bien suspendre aux innombrables racines et branches Parfois le soleil perce le feuillage vert intense, le spectacle est superbe ! Les rayons qui percent « s’arrêtent » sur des feuilles ou atteignent l’eau qui se met à scintiller…
Nous trouvons notre arbre, un ficus moyen. Nous débarquons tous les deux sur les « rambardes » qu’offrent les racines de l’arbre pour permettre à nos guides d’aller chercher aux environs 2 troncs dont nous allons nous servir pour constituer 2 traverses sous l’emplacement futur de nos hamacs. Ces ponts nous servirons à accéder à 2 lits respectifs. Quelques minutes auparavant, un singe s’était approché de nous d’arbre en arbre. Sa curiosité l’a poussé à sauter de branches en branches au-dessus de nos têtes pour le grand plaisir de nos yeux.

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​Au Népal

​par Flavien


Mercredi 1er Mai 2013

Le Népal, un pays mythique et mystique ! Mythique car de nombreuses histoires proviennent des montagnes et de leur hauteur…Mystique pour ces traditions ancestrales bouddhistes, pour les esprits de la montagne et son Yéti…Nous sommes arrivés il y a 2 jours maintenant, le 29 au matin. Durant notre vol de Doha a Katmandu nous avons fait la connaissance de Doewa, une américaine du Colorado, ancienne championne des X-Games de Border cross. Celle-ci à booké 1 mois au Népal avec un tour-operator et nous propose une fois arrivés à Katmandu de la suivre à son hôtel, du coup nous y prenons une chambre et faisons la connaissance de Tika, le responsable d’une agence d’expédition himalayenne. Il comprend très vite quels sont nos souhaits et nous propose d’organiser l’ascension du Lobuche peak, un sommet de 6 119 m à l’ouest de l’Everest dans la région du Khumbu, en nous laissant le soin de monter vers l’Everest par nos propres moyens... Une visite brève du quartier de Thamel à Katmandu, et de manger de délicieux « momos » (raviolis de viande népalais) trempés dans une sauce pimentée succulente, faire des photos pour nos permis d’ascension, organiser notre rencontre 1 semaine plus tard avec un guide pour grimper le sommet, le temps pour nous de passer 7 jours sur le trek du camp de base de l’Everest afin de nous acclimater…Nous voilà dans l’avion entre Katmandu et Lukla (qui se trouve au pied de la chaine himalayenne dans la région du Khumbu), un bimoteurs d’une vingtaine de places, s’envolant vers les hauts sommets…Le vol se passe à une altitude de 3 700m, puis nous descendons à 2 700m pour emprunter la piste d’atterrissage au milieu des montagnes à Lukla…Après quelques turbulences en l’air, nos yeux se rivent sur le versant de montagnes droit devant nous, que nous apercevons par le cockpit, nous fonçons droit dessus ! Au dernier moment la piste apparaît, l’avion se cabre, et les roues crissent sur le tarmac d’altitude ! Sains et saufs nous descendons de l’appareil volant en savourant ce nouveau paysage…Nous avons échappés au surplus de bagages avec nos 35 kilos répartis dans nos sacs à dos. Nous sommes un peu chargés, mais rien de comparable aux sherpas que nous croisons cette première journée de trek, qui portent jusqu’à 90 kilos à dos d’homme ! Les croiser et les observer reste incroyable ! Bien des choses pourraient nous rappeler le Pérou comme le chahut de la ville, les moyens de locomotion, la physionomie des gens, l’étrangeté de la langue… Mais pourtant il n’en est rien, l’ambiance est totalement différente, l’énergie (si on doit appeler le ressenti intangible) est autre, plus positive, plus accueillante. Il en est de même pour les odeurs, plus neutres, moins dérangeantes, avec plus de parfums dans l’air. Les sonorités musicales d’influence indoue sortant des commerces dans les rues sont envoutantes, tout comme la musique du Bol de méditation, dont les vibrations vaporise l’eau qui se trouve dedans ! Et détend le corps en quelques instants lorsque l’objet est posé, vibrant, sur le dos ou sur le torse…Mais revenons aux montagnes et à cette première journée où nos pieds foulent le sol himalayen, où nos yeux voient voler les drapeaux de prières, et où nos mains se posent sur les « tourniquets » servant à purifier l’âme de celui qui les fait tourner...Les rêves concernant l’Himalaya sont de dimension autre que ceux que nous avons pu réaliser au Pérou. Ils embarquent des fantasmes plus récents, propres à l’alpinisme, des désirs de hauteurs, et de légendes de la montagne, avec des noms comme les sherpas, cette grande famille de natifs vivant en altitude, et étant pour la plupart des porteurs ou des guides professionnels…Nous rallions Monjo en 3h30 et trouvons un Lodge très accueillant avec douche chaude, et une chambre qui sent bon le bois….La chambre coûte 100 Roupies pour une nuit, soit moins de 1 Euro, et il est de convenance cependant de prendre ses repas au Lodge, la nourriture étant un peu plus chère que le logement (entre 300 et 600 Roupies d’une simple soupe à un plat à base de viande). Les boissons sont à base de thé et il est possible d’avoir une tasse ou des thermos de 3 tailles différentes, cela coûte entre 60 et 400 Roupies népalaises. Après avoir savouré un thé au gingembre, nous branchons notre balise SPOT offert par notre ami Philippe de Valdeblore, puis glissons dans nos lits très douillets, mais séparés, pour une nuit reposante.

 

NEPAL

par Fannie

Vendredi 10 Mai
Hop ! Je m’habille dans mon sac de couchage. Flavien émerge et je suis déjà au « taquet ».
Nous sortons, j’ai le bonnet, gants en laine, mon sous-pantalon mérinos, sur- pantalon et mes 2 mérinos, plus mon pull en cachemire, le tout recouvert de ma doudoune en plume. Je sens qu’il fait froid, mais je suis bien couverte.
Nous prenons le thé et un bol de riz au lait, dehors, debout à la lueur de nos frontales. Le ciel est dégagé, les étoiles le recouvrent, le vent est absent, tout est pour le mieux.
Je mange très vite le riz mais laisse le lait. Je sens que ça ne passe pas très bien, peut-être est-ce l’heure matinale, ou le lait ?
Nous partons du campement un peu avant 3 h du mat’. J’aime bien la configuration du tracé, alternance de rochers et de neige. Je peux crapahuter, mais très vite, je sens mon sac lourd, qui me comprime le ventre. Dès que je passe de la position 4 pattes à debout, ça tourne, avec la nausée, j’ai chaud. Je reconnais vite ces symptômes : je fais une chute de tension.  Je le dis à Flavien et m’assois sur un rocher. Ça fait à peine une heure que nous grimpons, il fait nuit noire et j’espère que ça va passer. Je bois de l’eau chaude, défais les sangles du ventre et de la poitrine, me relève… les fourmis dans mes membres ont disparu, ma vue est claire, je respire normalement, c’est bon ! Je repars !
La voie continue dans des ressauts, je me régale, alternance des mains, des pieds, ça « grimpouille » ! 
Nous arrivons au lever du jour, vers 5 h, à une épaule qui marque une transition. Là, nous chaussons crampons, guêtres, baudrier. Je laisse mon sac, mets mes moufles « grand froid » et nous attaquons la dernière partie en neige et glace jusqu’au sommet. Nous entamons le premier tronçon encordés : le premier est l’assistant guide, puis moi, l’Irlandais, Flavien et le guide. Nous évoluons à corde tendue. Le paysage se découpe autour de nous, c’est irréel ! La pente devient plus raide et nous arrivons à un premier corps-mort planté dans la neige.

Je lève la tête et vois la voie tracée par la corde fixe. Waouh ! c’est très pentu, voire vertical par endroits !

Je suis la première à m’élancer. Je suis vachée à la corde et je tiens le jumar (sorte de poulie qui coulisse sur la corde reliée à un baudrier). Le but du jumar est de faciliter la montée en se tractant avec les bras et avancer les pieds au fur et à mesure.
Je ne saisis pas tout de suite l’utilité du jumar et je suis sur mes crampons, mais je fatigue vite. Je sens de nouveau une baisse de tension arriver. Le guide me dit de ralentir. Je continue en tête en me tractant plus avec les bras, mais j’ai l’impression que ma force m’échappe. Ma tête tourne, la nausée revient. Je m’arrête et demande la gourde. Flavien, plus bas, me la fait passer. Ça va mieux ! Je repars, avec mon style cette fois, avec mes mains et mes pieds accrochés à la neige et, tant pis pour le jumar ! Je suis mieux ainsi. Je n’ai aucun signe de mal d’altitude. Je sens juste que je ne peux pas prendre mon rythme habituel. D’ailleurs, dès que j’accélère, hop ! hop ! ma tête tourne. Je passe le dernier passage très vertical et me retrouve au sommet. Je ne réalise pas tout de suite et demande confirmation au guide qui me suit. WAOUH ! J’y suis, l’Everest en face. Le soleil brille, pas de vent, pas un nuage. Un panorama à 360° s’offre à nous. Je me penche sur la cordée et annonce à Flavien qui débouche que nous y sommes ! C’est somptueux. Il fait bon là-haut ! Nous avons mis 4 h20.
Après des accolades, des photos et quelques grignotages, nous entamons la descente dans un décor à vous couper le souffle. Je pars la première en rappel et enchaîne les passages jusqu’en bas, toute seule. Un régal ! J’attends les autres afin de rejoindre l’épaule en cordée.
Toujours ébahis par le panorama, nous enlevons le matériel et descendons dans les ressauts. Flavien manque par deux fois de glisser, entre glace, gravillons et rochers.
Tout à coup, j’aperçois le lac en contrebas, avec nos tentes. Je réalise à cet instant précis que OUI, je l’ai fait ! Oui, nous l’avons fait ! Gravir un sommet à plus de 6 000m dans l’Himalaya. Je ne sais pas pourquoi, mais je fonds en larmes tandis que je descends en trottinant vers le « High camp ».
Je me revois 9 ans plus tôt, quasi jour pour jour, ne pouvant sortir de mon lit, tant mes articulations étaient enflammées. Je repense à ces années où petit à petit, j’ai dompté ce mal. Je me remémore, une après-midi où je suis allée nager alors que mon corps n’était que souffrance. Je ne pouvais plus crawler et me suis laissée porter par l’eau, puis après 10mn j’ai réussi à lever les bras et à vraiment nager ! Ce genre de petite victoire m’a amenée ici, aujourd’hui. Je crois que dans mon cas, le fait de m’autoriser à faire, à mon niveau, de la course à pied, de l’escalade, du ski, etc… a contribué à ne pas donner d’importance à la maladie, même si elle existe. Ce n’est pas la solution pour tout le monde, mais c’est la mienne !
Aujourd’hui, j’ai fait un sommet à plus de 6 000m et je le dois en partie à Flavien, car, avant ce projet, je ne pensais pas que ce genre d’ascension soit à ma portée et pourtant … !
Nous arrivons donc au camp intermédiaire. Nous sommes tous émus, assis sur des rochers, le lac à nos pieds et le sommet au-dessus, ensoleillé. Nous avons eu droit à une journée magnifique !
Le guide, qui ne s’arrête jamais, nous sert du thé, un bol de soupe et de « French Bread ». Ce fameux « french bread » est du pain de mie trempé dans l’œuf et cuit dans beaucoup de beurre (genre de pain perdu). Le gras coule dans ma bouche mais ça requinque !
Nous plions tout le campement et descendons sur le camp de base. Le vent se lève, nous récupérons nos affaires superflues cachées dans les rochers et nous quittons les guides, direction le hameau de Lobuche (4 900m) pour nous reposer.
Nous arrivons, épuisés, dans un Lodge vers 15 h. Le temps d’enlever les chaussures, on s’effondre sur le lit. Vers 19 h, la tenancière nous réveille, le poêle de la pièce commune est chaud. Nous nous levons tant bien que mal, mangeons et nous recouchons aussitôt jusqu’au lendemain 7 heures.



 

Jeudi 9 Mai
La nuit ne fut pas terrible. Au réveil, tout est gelé sauf nous ! Nous plions la tente, les guides aussi et nous prenons le chemin du « high camp ».
Nous sommes 6 en tout : le guide principal qui a gravi l’Everest 3 fois, son frère assistant guide, un jeune porteur pour la cuisine, un Irlandais et nous.
L’Irlandais se propose de prendre notre tente en échange de celle montée pour le guide qui est beaucoup plus importante et confortable pour deux. Nous acceptons avec joie ! Les 3 autres sont dans une tente haute qui sert de cuisine et de chambre.
Ces Népalais sont impressionnants par leur rudesse, leur sourire et leur dextérité dans les sentiers avec des charges lourdes. Le guide fait le repas, le thé et thé au lait tout au long de la journée.
Nous nous retrouvons tous autour du repas dans la tente car dehors le temps s’est couvert, le vent s’est levé. Après les spaghettis à la sardine, l’assistant guide et le sherpa partent porter du matériel en vue de l’ascension de demain. Nous les observons disparaître dans les nuages, chaussés de baskets, portant cordes et amarres à neige sur le dos. Ils ne rentreront que vers 17 heures soit 3 h plus tard pour l’heure du « Milk tea ». Nous nous reposons dans la tente, à 5 100m quand arrive l’heure du dîner. On se couche vers 19 h, le réveil est prévu pour 2 h du mat’. Je prépare mes affaires, mets mes habits dans mon sac de couchage, ainsi que les batteries des appareils (photo et GO Pro). Mon sac à dos est prêt, il contient mes crampons, mes guêtres, le baudrier, de l’eau, crème, lunettes et mes gants pour le grand froid !
Flavien s’endort vite et moi, je galère… c’est toujours la même chose ; avant un sommet, je trépigne, tourne et retourne et attends l’heure du réveil ! Bref, je dors très peu. Quand enfin je m’assoupis, j’entends la voix du guide qui prépare le petit déj’.



Mercredi 8 Mai
Nous avons rendez-vous vers 14 h à 45mn de là. Nous profitons de la matinée ensoleillée pour nous laver avec une bassine d’eau glacée ! Je prends mon courage à 2 mains et plonge ma tête, je tente de me shampouiner. Chose difficile mais pas infaisable ! Après ce récurage nécessaire, nous mangeons un bout au soleil avant de prendre la route.
Nous arrivons vers 13 h au Camp de Base et montons notre tente hyper light pour la première fois. Le vent souffle, il neige des flocons de « polystyrène ». Nous sommes à l’étroit, mon matelas passe par-dessus celui de Flavien, ainsi que mon duvet. Nous sommes des légos !

 

Mardi 7 Mai
Aujourd’hui, nous avons choisi de rejoindre Dzongla pour y passer la nuit et nous rapprocher du camp de base pour le lendemain. Nous n’avons que 430m à monter, mais une distance d’une dizaine de kilomètres, et je n’aime pas les longueurs.
Ce matin, je sens mes jambes, nous sommes un peu cassés, peut-être avons-nous fait un effort trop important, hier ?
Nous partons vers 9 h30, marchons bien, mais la dernière portion n’en finit plus. Le sentier, plat, se découpe à flanc de colline, le vent souffle fort, à décorner un yak ! Flavien a mal aux tempes, aux cervicales. Ma tête commence à me serrer. Est-ce l’altitude ? le sac ? la fatigue du « petit » sommet d’hier ?
Nous arrivons enfin ! Nous prenons au déjeuner une aspirine à 2 et nous nous couchons avec le réveil pour 19 h30.
Nous débarquons dans la salle commune, la tête dans le sac, et là ! un groupe de Bordelais et un du Sud Ouest. Trois groupes de Français, trois groupes du Sud Ouest !! Nous tchatchons avec eux, puis au lit avec une aspirine. Nous sommes à 4 830m, j’ai les tempes qui serrent un peu mais rien d’extraordinaire. Nous dormons bien, c’est bon signe.



Lundi 6 Mai
Nous venons de passer notre première nuit à Dingboche, 4 400m. J’ai bien dormi, à part un léger mal de gorge. Aujourd’hui, nous avons prévu de monter en altitude et redescendre dormir au Lodge. C’est ce qui est recommandé pour s’acclimater.
Vers 7h, nous déjeunons en compagnie d’un groupe de Bordelais qui eux, redescendent.
Un des gars du Lodge nous conseille de monter le sommet qui domine le village à 5 110m. Il nous annonce qu’en marchant bien, nous mettrons environ 2h30 et 1 h pour la descente.
Nous voilà partis, je suis moins en forme que les autres matins, mais le soleil et le panorama m’encouragent. Je grimpe facilement, sans gêne particulière. Flavien me suit aux pas. Nous arrivons devant un petit temple où nous rencontrons Dan, l’Américaine. Après une séance photos, nous laissons le groupe derrière et nous nous élançons dans la pente raide. La configuration du sommet me plaît, ça grimpe !
Je ne sens pas les effets de l’altitude, nos dépassons plusieurs groupes, nous nous arrêtons pour boire puis repartons. D’un coup, Flavien voit sur sa montre que nous venons de passer 5 000m ! Et je ne me suis rendu compte de rien.
Je suis en forme, un peu le souffle court, mais rien d’exceptionnel. Nous marchons d’un bon rythme, le vent souffle, les nuages passent vite, je mets ma veste. Flavien lève la tête et aperçoit le drapeau blanc qui flotte : c’est le sommet, à environ 50m au-dessus de nous. La fin se termine dans des blocs et je débouche sur une corniche à 5m du drapeau. Nous y sommes, mât touché, en 1 h36 ! Les guides locaux n’en reviennent pas, la plupart des touristes le font en 4 heures.
Je m’installe sur un rocher, le dos calé. Le soleil me chauffe, je savoure. Je suis à 5 119m ! Nous l’avons fait et facilement !
Je suis fière et repense à toutes ces années de galère où mes genoux, mes poignets, etc…m’ont handicapée.  Et bien, c’est derrière moi !
Nous attaquons la descente au petit pas de course et en 3/4 d’heure nous sommes au Lodge. Nous n’avons pas ressenti l’effet de l’altitude pour le moment.
Pendant que j’écris ces lignes, nous attendons notre déjeuner : pour moi ça sera une soupe à l’ail et un « chapati » avec du beurre de yak. Et ensuite, une petite sieste dans nos duvets.



 

Mercredi 1er Mai
Le départ de l’hôtel fut précipité : paiement de l’hôtel, paiement de l’ascension, déjeuner et taxi.
Nous voilà dans l’avion, je n’en reviens pas, tout se déroule bien ; ici, tout est bien organisé et même les toilettes sont décentes.
Nous sommes une petite vingtaine dans l’avion, ça bouge drôlement et je ne suis pas très rassurée ! On aperçoit la chaîne himalayenne, je n’y crois pas encore ! Nous atterrissons, la piste s'est découverte au dernier moment ! Ouf ! Nos pieds touchent la terre ferme. Nous sommes à Lukla à 2600m, point de départ pour l’Everest, les plus grands ont foulé ces terres.
Nous achetons 2 litres d’eau et retirons 3000 roupies (- de 30 €). Nous sommes chargés, environ 35kg à nous deux. J’ai mal au genou pendant la première heure, mes épaules me tirent, j’ai trop de poids, mais j’avance… quand je vois les sherpas et les charges sur leur dos je ne me plains plus, et j’avance. Le chemin est très terreux et monte avec des marches d’escalier façonnés de pierres. Nous montons vite et arrivons à Monjo en 3h42 avec 520m de dénivelé – et +.
Je remarque un joli Lodge, nous nous installons dans une chambre revêtue de bois. Nous sommes séduits. Nous prenons une bonne douche chaude, mangeons et nous couchons. Après une nuit agitée, nous prenons la route pour Namché vers 7h30. Nous nous sommes levés tôt afin d’attaquer la montée sur Namché à 3400m. Malheureusement, un quart d’heure après être partis, un bureau du Parc nous demande 3000R par personne. Surprise ! nous n’étions pas au courant et l’agence ne nous avait pas prévenus ! Plus d’argent, nous sommes dans de beaux draps ! Finalement, une guide nous dépanne en échange de nos passeports. Nous la retrouverons à Namché  dans son Lodge où nous passerons deux nuits.
La montée sur Namché est facile et nous arrivons avec surprise dans cette ville d’altitude formant un amphithéâtre.


Arrivée le 29 avril à10h à Katmandou.
Nous  avons passé un bon vol. Qatar Airways est une compagnie vraiment très bien ! Mise à part l’attente à Doha qui fut fatigante.
Ne sachant pas dans quel hôtel aller, nous avons suivi Dan, une américaine ancienne championne des X-Games. Nous prenons le même taxi, gratuitement et nous nous retrouvons  dans une chambre spacieuse et très calme.
Ma première impression du Népal, enfin de Katmandou, est très bonne. Je remarque une nette différence entre le Pérou et le Népal ! Je sens que je vais m’y sentir bien.
Après une bonne nuit de repos, nous rencontrons Tika (chef d’une agence de trek et autres) pour faire notre sommet. Tout se passe très vite, nous acceptons sa proposition dans la journée sans même consulter d’autres agences. Nous lui faisons confiance, peut-être influencés par les 5 macarons Tripavistor en 2012 ! Bref, c’est fait. Après avoir consulté nos comptes, nous récupérons nos permis d’entrée et nos billets d’avion. Départ prévu demain matin à 8h de l’hôtel.
Après deux nuits à Katmandou, une visite brève dans les rues de Thamel, nous avons goûté les  meilleurs momos de la ville et avons assisté à un spectacle de danses avec menu typique. Tout est allé très vite mais nous sommes bien, pas fatigués, prêts à attaquer le trek en vu du sommet de 6 119 m.

Dans la vallée du Khumbu - NEPAL

par Flavien



Dimanche 12 Mai

Nous démarrons ce matin de Lobuche pour deux heures de marche jusqu’à Gorak Shep, le dernier hameau avant le Camp de Base de l’Everest !
Ces hameaux, et cela pour chacun traversé tout au long du parcours, sont constitués de maisons en pierres. Elles s’appellent toutes « lodge quelque chose » ou « quelque chose lodge », tel que Himalaya lodge, Everest lodge, Expediton lodge, etc…Ces refuges sont tous construits sur le même modèle, à savoir « dinning room » ou  une salle à manger, tout en bas, avec un poêle au centre que le personnel n’allume pas avant 17 h, un comptoir avec bouteilles d’eau, coca, sprite, cigarettes, whisky en fioles, gâteaux, papier-toilette, barres chocolatées, twix et snickers. Le coût des chambres est de 100 à 300 Roupies pour très souvent 2 lits simples, une fenêtre et de grandes plaques en bois isolées par du polystyrène en guise de murs. Du coup, ces petites chambres sont très souvent cosi et sentent bon le bois.

Elles mesurent environ 2m/3m et les lits sont de part et d’autre de la fenêtre. Les lieux ne sont pas chauffés, du coup on se balade en doudoune car la température varie entre 2° la nuit et 10°c dans la journée. Autant dire que les duvets et les couvertures sont de règle dès qu’on a tombé la doudoune ou autre pull chaud !
Les toilettes se résument à une chambre d’1m/1m avec une dalle en céramique à « la turque », une poubelle pour le papier usagé et un gros bidon d’eau avec une carafe qui flotte, pour rincer son chef-d’œuvre.
Le parcours entre Lobuche et Gorak Shep est sous la neige et le paysage en est d’autant plus grandiose. Il a neigé la veille lorsque nous sympathisions avec des Suisses de Genève, père et fils, en trek pour 3 semaines dans la région.
Nous grimpons doucement un sentier entre des amas de roches, sorte de moraine. En contrebas, à notre droite, le glacier du Khumbu, accroché au fond de la vallée où se trouve le Camp de Base de l’Everest, descend en vagues de glace gigantesques, dominé par de nombreux sommets de 6 000 et 7 000m. Un torrent énorme charriant de la roche nous barre quasiment la route et pénètre sous le glacier dans un vacarme résonnant, malgré la distance importante qui nous sépare du glacier. Le ciel est d’un bleu immaculé ; seuls des panaches blancs de neige, soufflés par le vent apparaissent à la cime des sommets de cet incroyable et grandiose paysage ! Les perspectives sont masquées par le bleu du ciel, le blanc de la neige et de la glace et le noir de la roche. A plusieurs kilomètres, au fond de la vallée, à plus de 5 300m d’altitude, nous apercevons des points jaunes et orange : les tentes du Camp de Base du plus haut sommet du monde ! Elles font « tâches » sur le glacier du Khumbu qui semble autoriser leur présence sur son lit de roches et de glace.
Nous sommes maintenant dans un de ces lodges, où nous nous reposons encore après un court déjeuner. La vue de la fenêtre est justement tournée sur le toit du monde que l’on ne distingue pas directement. Mais on sait qu’il est juste derrière ces beaux sommets de 7 000m qui font écran.
Nos corps sont lents et fatigués aujourd’hui, il nous faut boire comme des trous, à cause de l’altitude !
On nous avait dit que le glacier énorme du Khumbu est jonché de pierres et de poussière grise, ce qui réduit son attrait malgré son immensité dans la vallée…Mais aujourd’hui, ou du moins ce matin, compte tenu de la neige qui brille et de la nuit, il est tout blanc pour nous !

Nos corps émergent de la sieste engourdis. Nous décidons de monter 600m plus haut, au Kalapathar pour apprécier la pleine vue sur les sommets du toit du monde.
La première ½ heure, les poumons suffoquent et puis d’un coup l’air entre mieux et l’ascension devient plus évidente. A mesure que l’on monte, le vent glacial forcit, nous obligeant à rajouter notre membrane (de notre sponsor Sport-Avenue) pour stopper la déperdition de chaleur. Le sommet est un enchevêtrement de pierres entre lesquelles s’est tapie de la neige fraîche, rendant les gros cailloux glissants. De longs drapeaux de prières flottent dans les airs, devant le dieu des sommets. Un ange est posé là. Cette statue guide de son regard les grimpeurs de l’Everest qui se trouvent parfois en face d’elle, de l’autre côté de l’énorme glacier. En contrebas, à l’ouest, la vision du camp de base, en miniature atteste de la grandeur de l’aventure, de l’immensité de l’engagement que représente l’ascension de ces fameux 8 000m : Everest, Lhotse, Makalu ! L’accomplissement d’un rêve se dessine devant moi, sur une décalcomanie d’un bleu intense, ce ciel qui aujourd’hui touche à la perfection.
De l’autre côté, le Lobuche East apparaît devant nous, cette montagne que nous avons gravie, semble nous saluer de sa grandeur. Sous lui, deux autres « petits » glaciers ont creusé pendant des milliers d’années un vallon de toute beauté. Nous passons un petit moment à admirer ce spectacle et à réaliser l’endroit où nous sommes, si petits au sein d’une nature si gigantesque.
La démesure ici, est bien plus importante que dans nos très belles Alpes. La descente vers le hameau est rapide et nous croisons d’autres « promeneurs des cimes » qui se promettent peut-être au sommet, le spectacle d’un coucher de soleil, si le vent ne les fait pas redescendre dans les deux prochaines heures...


Vendredi 10 Mai
Fannie n’a pas bien dormi quand les deux heures sonnent. Pour ma part, j’ai optimisé mes heures de sommeil, puisque je n’ai pas le souvenir de m’être réveillé durant cette nuit. Il fait nuit noire, notre assistant-guide nous tend un thé chaud puis un bol de riz au lait. Il ne fait pas trop froid, environ -5°, avec un air très sec et de magnifiques étoiles. Fannie engloutit son bol, moi je n’ai pas très faim car les pâtes au thon du déjeuner de la veille et le Dal-Bath du dîner m’ont permis de faire des réserves ! Mais comme ce qui est pris n’est plus à prendre, je termine mon bol pour avoir un maximum de calories à brûler !
« Zam zam » ! (On est parti, en népalais). Les deux premières heures se font à la frontale dans des éboulis de roches glissantes, avec des plaques de glace et de la neige encore dure à ces heures de la nuit. Au bout d’une petite heure, Fannie n’est pas bien, une chute de tension semble-t-il, car partie un peu vite, l’estomac plein et la boucle du sac qui appuie sur le ventre. Notre guide sort une gourde d’eau chaude qui la retape.
Notre ami irlandais souffle fort, il nous dit ne pas être du matin… Et quel matin à 3 heures du mat’ ! Quelques prises de pied instables, des mains qui glissent, le souffle court, et nous arrivons sur une crête rocheuse, à la limite de la paroi glacée du Lobuche lorsque le jour pointe son nez…
Les sommets de l’Himalaya, aux alentours se réveillent en s’étirant dans cette lumière matinale. Ils sont debout à 360° de notre champ de vision, certains « d’attaque » sous les premiers rayons de soleil et d’autres encore endormis à l’ombre.
Nous enfilons nos baudriers et chaussons nos crampons à 5 500m. Le fait de se courber et de freiner la respiration nous donne un peu la tête qui tourne. Nous partons en une seule cordée sur les premiers ressauts glacés de notre hôte. Des orgues de glace nous saluent. Gigantesques et de verre, ils sont façonnés chaque année de manière différente. La pente est relativement forte, environ 40% par moment, mais le plus pentu reste à venir avec plus de 55%.
Lorsque la pente devient plus… « pentue », nous passons sur une corde fixe avec un jumar. Cette technique permet une plus grande autonomie des grimpeurs et évite des manips plus lourdes et plus longues qui ralentiraient l’ascension à plusieurs.
Fannie est en tête avec le guide, plusieurs dizaines de mètres au-dessus. Après que l’assistant-guide a vérifié mes manips de changement de cordes et ma dextérité à les réaliser, je ferme désormais la marche, ce qui me laisse le temps de filmer, prendre des photos et…filmer encore !
Fannie n’est pas bien, nous n’avons pas beaucoup bu depuis notre départ matinal. Je lui fais passer une gourde d’eau quasi gelée, nous sommes à peu près à 5 700m. Bizarrement je ne ressens pas le manque d’oxygène croissant avec notre progression, sans doute mon état d’excitation et d’euphorie masque-t-il la chose…
Fannie récupère et relance son pas sur le versant à 55°, suivie de près par notre guide. Au-dessus et au-dessous de nous, une pente vertigineuse, autour de nous des cimes, des sommets jusqu’à l’horizon. On comprend que l’Himalaya soit la chaîne de montagnes la plus vaste du monde ; on le voit, mais surtout on le sent car justement on ne peut pas tout voir !
Je lève la tête et voit Fannie disparaître : elle est au sommet ! Nous la rejoignons tous, le temps d’une minute. La journée est décidément magnifique !
Nous voilà à 6 100m, en face de l’Everest, dans une forme olympique, le sourire scotché aux lèvres…Notre premier 6 000 ensemble, notre premier 6 000 tout court ! Le temps de boire, de grignoter et de marquer l’évènement pour nos sponsors, nous accueillons un groupe de 5 personnes de l’équipe britannique de recherche « Xtreme Everest 2 », qui vient de passer 3 mois au camp de base dans le cadre de recherche sur l’altitude et l’acclimatation humaine. L’un d’eux, Tom, m’expliquent qu’ils ont fini et qu’ils prennent 15 jours de vacances avant de rentrer en Angleterre. Au programme, plusieurs ascensions prévues de sommets entre 5 000 et 6 000 mètres ! De chouettes vacances pour des médecins et des scientifiques !

Le temps du sommet est fini, l’heure est à la descente. Toutes les longueurs de cordes grimpées se descendent en rappel. Fannie, en tête a convaincu notre guide de la laisser partir, elle est rapide… J’attends mon tour et me lance dans des rappels où la corde « file », je me régale ! Et puis j’attends le tour d’après et ainsi de suite…Le soleil est tellement intense que malgré mes lunettes indice 4, je vois les cristaux de glace scintiller comme un flash, des milliers de flashes qui clignotent. Aux ressauts, à l’inverse de la montée, nous enlevons baudriers et crampons pour reprendre la vois de la roche et de la neige pour finir dans les éboulis et atteindre le lac de notre camp d’altitude. Je manque à deux reprises de finir sur les fesses en glissant sur du sable et des cristaux de glace étendus sur le rocher. Dans un réflexe, je contracte tous mes muscles et me retrouve debout en position « goofy », ayant réchappé à la chute…
Le retour au lac est émouvant car, en se retournant et en levant la tête, le sommet ensoleillé nous paraît si loin…loin mais gravé dans nos têtes. Assis sur un caillou, nous détendons nos muscles endoloris, en sirotant un thé chaud préparé par nos guides...puis un bouillon à la tomate et des « french bread » (tartines de pain de mie trempées dans l’œuf et frites à la poêle) pour se refaire une santé, avant de refaire nos « bagages », tout plier et redescendre vers le camp de base nos corps fatigués, éreintés mais heureux d’être là. L’accomplissement d’un rêve donne à réfléchir sur nos vies et leur contenu : si tu n’accomplis pas tes rêves ou du moins si tu n’essaies pas, tu n’as pas vécu me dis-je.
Rien n’a bougé dans nos cachettes. Le simple fait de monter jusqu’aux éboulis à 50m et de soulever les pierres pour récupérer nos affaires me fatigue énormément. Nous nous quittons là avec nos guides, nous les remercions et les saluons : nous avons leurs noms et email pour rester en contact…Assis sur notre pierre, nous sommes très fatigués et le problème c’est que nous devons maintenant rallier le village de Lobuche à environ deux heures de marche. L’idée ne nous enchante guère, mais il est temps, zam-zam !
Mon corps subit son propre déplacement, pas après pas ! De plus, le sac s’est alourdi des affaires récupérées dans la cachette. Et puis, nous sommes à flanc de colline, en plein vent à décorner un yak ! Nous en croisons d’ailleurs, leur laine ébouriffée par les rafales… Tout est dur à monter, la plus simple butte herbeuse, ou bien deux pierres superposées. Le vent nous glace, nous passons à proximité du premier camp de base pour gravir le Lobuche Peak, ce dernier étant plus près du village du même nom.
Ça y est, nous y sommes. Les baraques en pierre nous attendent pour un chaleureux réconfort au coin du poêle et en compagnie d’une assiette d’un met népalais. 



Jeudi 9 Mai
Le High Camp ! C’est de là que j’écris ces lignes… Ce camp d’altitude, ou camp intermédiaire ou encore camp avancé, constitue la deuxième étape après le camp de base pour l’ascension d’un sommet de 6 000m ou plus, mais à ce niveau d’autres camps intermédiaires peuvent s’ajouter.
Comment est-on arrivé à ce High Camp, à 5 190m d’altitude ?  Il y a 3 jours, à Dingboche, nous grimpions le pic rocheux appelé Namgkar Tshang …Le lendemain, nous partions vers le Lobuche Peak, en direction du nord après un changement de programme. En effet, l’ascension est reportée d’une journée, avec rendez-vous plus à l’ouest et dans un autre camp de base que celui prévu initialement : un Irlandais nous rejoint pour le Lobuche après avoir fait l’Island Peak et il est nécessaire qu’il se repose avant, d’où cette journée de décalage.
Nous voilà partis pour Dzonghla, au nord-ouest de Dingboche. Nous rattrapons Dawn l’Américaine, son guide et son porteur. Le paysage est magnifique, tout, autour de nous, est grandiose ! Ça y est, nous apercevons le Lobuche et son sommet caractérisé par 3 pointes glacées.

Plus nous avançons et montons, plus une douleur tinte à l’arrière de ma tête. Est-ce l’altitude ? En tout cas, cela s’arrête lorsqu’on fait une pause à l’endroit des monuments funéraires des défunts de l’Everest, notamment Scott Fisher en 1996 et que je pose mon sac. Dès la marche reprise, les douleurs recommencent et me suivront jusqu’à Dzonghla où nous resterons pour la nuit. A peine arrivés, nous prenons chacun une aspirine, un thé chaud, un repas et nous nous couchons rapidement en mettant le réveil pour aller prendre notre dîner ; il est 16 heures…Nous avons à peine somnolé, mais d’être restés étendus au lit nous a fait du bien.
Nous partageons notre repas à 19h30, aux côtés du poêle, avec des Bordelais, et oui ! encore ! Nous parlons d’altitude et d’acclimatation et nous leur donnons l’adresse de notre site Internet…
Il fera 5° dans la chambre durant la nuit. Enroulé dans deux couvertures chaudes, je m’endors à 4 800m comme un bébé après un biberon chaud ! Fannie, dans son duvet douillet, en fait autant ! Aucune douleur de tête dans la nuit, ni le lendemain matin. De plus, nous avons bien dormi malgré l’altitude ; cela n’affecte pas trop notre sommeil.
La matinée est tranquille puisque nous avons rendez-vous avec notre guide à 14 h au camp de base qui se trouve à seulement 45 mn de l’endroit où nous sommes. Nous en profitons pour faire une toilette et laver des habits. Malgré le soleil, le vent est toujours là et rafraîchit l’air qui n’excède pas les 5° à 10° en plein soleil. Mes douleurs de la veille ne réapparaissent pas, ce n’est peut-être donc pas l’altitude ? En tous les cas, je me questionne avec l’appréhension que cela provienne de l’altitude et que cela vienne mettre à mal notre ascension prévue dans deux jours ! Mais mon envie reste intouchable, mon rêve pourrais-je dire ! Le doute est cependant omniprésent, compte tenu de notre discussion avec les Français sur la fréquence importante des hélicoptères tous les jours qui viennent chercher des dizaines de personnes dans les hauteurs de l’Himalaya, malades de l’altitude, mis dans des caissons hyperbares et descendus vers Katmandu !       
   
La matinée passe et nous partons pour notre rendez-vous après un déjeuner népalais. Deux tentes au milieu d’un vallon, au pied d’une colline herbeuse d’un côté et de ressauts rocailleux de l’autre. L’endroit est très bien et nous comprenons vite que nous serons les seuls à ce camp de base cette fois-ci. L’idée est séduisante ! Nous sommes accueillis par le frère du guide et un jeune porteur dont les talents nous seront confirmés le lendemain en direction du High Camp. Le guide n’est pas encore arrivé, il n’est que 13 h30… Nous montons notre tente Raidlight fournie par notre partenaire Vertical Mountain, et buvons un thé que nous préparent nos hôtes.
La colline qui nous surplombe m’appelle ! Le haut se perd dans la brume et petit à petit la roche prend possession des lieux dans sa partie la plus haute.
Nous décidons de prendre la pente herbeuse pour favoriser encore une fois l’acclimatation. A peine partis, les nuages et la brume arrivent, fermant le paysage autour de nous et rafraîchissant l’air. La pente est importante et notre respiration courte. La première croupe herbeuse franchie, après 150m d’élévation, Fannie redescend, elle n’est pas en forme et a un peu froid. Quant à moi, je poursuis mon cheminement vers les hauteurs dans la brume. Je trouve un rythme qui me permet de ne pas m’arrêter, l’altitude ici est de 4 490m. Mon objectif est d’atteindre les blocs de rochers qui forment un éperon. Une fois là-haut, je respire et médite sur cet endroit, ma situation et la fraîcheur de l’air…

J’atteins les 5015m à ma montre Suunto Ambit (fournie par notre sponsor Sport-Avenue) et un sourire de satisfaction me gagne. Cette petite grimpette de 300m de dénivelé me réconforte sur mon état : pas de douleur à la tête et de bonnes sensations physiques dans l’ensemble malgré le manque certains d’oxygène à cette altitude. Je suis gonflé à bloc, mais en toute modestie, car je sais que cet état physique peut être mis à mal en gagnant une altitude plus élevée. En tous les cas, je redescends serein, connecté à ce qui m’entoure et savoure la vision d’un oiseau des lieux couleur bleu-violacé. Il n’est pas apeuré et plane à quelques mètres de moi, entre deux courants d’air, avant de partir sur ma droite d’un coup d’aile à peine perceptible…

Ensuite, la soirée est simple : rencontre avec notre guide (le frère de l’assistant qui nous a accueillis plus tôt), qui a réalisé l’ascension de l’Everest à trois reprises, discussion autour d’un thé délicieux, dehors au soleil couchant, « blagueries » dans un vent frais, réintégration de nos tentes respectives pour trouver de la chaleur dans nos duvets, soupe et dîner rapide pris dans notre tente, puis première nuit dans notre abri Raidlight (un peu chahutée, le temps de prendre nos marques dans un volume plus exigu, mais aussi plus léger –c’est pour cela que nous avons opté pour cette tente-).
Réveillés avec les premières lueurs du soleil, il s’agit de tout emporter pour monter en direction du High-Camp. Nous décidons de laisser les affaires « inutiles » pour les 2 prochains jours, cachées dans les éboulis de pierres. Je me souviens alors de la session de camouflage lors du stage de survie de David Manise, dont je m’étais très bien sorti. La règle est simple : se mettre à la place de celui qui cherche…D’ici là, nous savourons un thé et dévorons du porridge.
Nous voilà partis, tous les 6, pour 1 h30 à 2 h de marche entre des ressauts rocailleux pour atteindre le camp avancé à 5 200m d’altitude, aux abords d’un lac de toute beauté. Comme de nombreux lacs de montagne ou d’altitude, l’eau semble pure et très froide, comme en atteste sa couleur turquoise.
Etre là, me remémore des images télévisées de documentaires sur l’ascension de hauts sommets.
Un petit temple népalais trône dans l’eau du lac et de celui …du Lobuche Peak ! Très beau tableau…Le sommet semble inaccessible de l’endroit où nous sommes ! Pourtant c’est bien dans 12 heures que nous nous lancerons à sa « conquête » et de l’endroit où nous nous trouvons !
Aujourd’hui, pas de balade d’acclimatation. L’heure est à la vérification du matériel, surtout après l’épisode de hier soir ! En effet, nous avions contacté expressément le directeur de l’agence à Kathmandu depuis la ville de Namché Bazar quelques jours auparavant afin de s’assurer que nous disposerions bien de chaussures d’alpinisme à notre taille, car nos chaussures pour trekker ne sont pas suffisantes. Nous en étions soucieux car Tika (le directeur de l’agence) ne nous avait rien demandé et rien notifié à ce sujet avant notre départ. Pourtant, c’est la base ! Quant à nous, dans l’euphorie, nous avions omis de poser ce genre de questions précises. Elles ne nous sont venues seulement que plus tard ! Ainsi, le soir au camp de base, lors de nos discussions au soleil couchant, nous apprenons qu’au lieu d’un 38 notifié par Fannie, elle doit grimper avec un 42 et moi un 46 au lieu d’un 43 !
Moquerie stupide ou négligence ? ! Pour moi, ça passe, les chaussures (marque italienne) taillent petit… Pour Fannie, il est impossible de concevoir de grimper avec de telles chaussures ! Un instant, l’ascension du Lobuche semble vraiment compromise ! Fannie se met en pétard et moi, j’interpelle notre guide pour qu’il trouve une solution… Il en trouve une : prêter ses propres chaussures (d’un approximatif 38) à Fannie. L’expédition est sauvée !
Aujourd’hui donc, au camp avancé, nous vérifions le matériel. Doubles semelles ou doubles paires de chaussettes ? Réglage des guêtres, du baudrier, agencement du sac à dos pour demain et préparation des vêtements pour l’ascension.
Pas question de faire cela demain matin puisque nous serons levés à 2 heures de mat’ pour partir à 3 h maximum !
Nous nous glissons dans la tente igloo plus grande pour nous deux, que nous troquons contre notre Raidlight avec notre ami irlandais. La toile « projette » une lumière jaune, typique de ce genre de tente de camp de base : ça donne le moral aux alpinistes parfois bloqués plusieurs jours dans l’attente d’une fenêtre météo, avant de pouvoir lancer un « assaut »…
Le temps se ferme dehors, des nappes de brume passent rapidement et les nuages montent. Notre temps à nous, dans la tente, c’est écriture et lecture bien au chaud ! Il s’agit de se reposer et de récupérer un maximum de forces pour ce qui nous attend dans quelques heures.



Lundi 6 Mai
Une nouvelle journée d’acclimatation au départ de Dingboche, et également sympathique rencontre avec des Français de Bordeaux. Cela fait plusieurs fois qu’ils viennent au Népal, et pour cause ! Leur jeune fils de 23 ans est désormais marié à une Népalaise, rencontrée lors d’un voyage. .. Ses parents, Monique et Denis, sont ainsi venus trekker et négocier le départ de leur future belle-fille pour la France à plusieurs reprises. Ils sont également à l’origine d’une association humanitaire pour la scolarisation d’enfants népalais…
D’une discussion avec un sherpa du lodge où nous logeons, nous décidons d’aller nous acclimater par l’ascension du Namgkar Tshang, magnifique éperon rocheux qui domine Dingboche à une altitude de 5 119m (soit 1 000m de moins que le Lobuche Peak !) Pour de bons marcheurs, il faut 2 h30 pour la montée et 1 h pour la descente.
En moyenne, les groupes mettent entre 3 et 4 heures pour atteindre le sommet, 700m au-dessus du village et 2,4 kms de distance.
Nous sommes en forme olympique ! Peut-être est-ce les 3 mois passés au Pérou, dont deux en montagne qui nous donnent des ailes. Nous dépassons tous les groupes aperçus dans la pente auparavant et prenons le large après quelques minutes. Certaines personnes s’arrêtent tous les 10 mètres en cherchant leur souffle durant de nombreuses minutes.
Nous gardons un rythme qui nous permet de grimper sans nous arrêter, excepté pour boire à deux reprises avant le sommet.
Nous mettons 1 h36 pour arriver tout en haut et toucher le mât où flotte un drapeau blanc. Nous sommes affûtés et avons fait autour de 500m/h à une altitude de 5 000m avec un sac contenant 2 litres d’eau et un peu de nourriture. Nous sommes très fiers de nous et avons bien mérité nos surnoms de « Fannia Sherpa et Flavio Sherpa » ! 
Durant la montée, nous avons le souffle un peu court et les muscles plus tendus qu’à la « normale », mais de superbes sensations et aucun problème direct vis-à-vis de l’altitude. Le Pérou nous a galvanisés ! 

Arrivés au sommet, des Japonais nous indiquent qu’ils ont mis 4 heures pour faire l’ascension. Le panorama, là-haut, est grandiose, l’échelle des dimensions est bien plus importante que dans la Cordillère péruvienne ! La vue à 360° nous offre des sommets glacés auxquels s’accrochent des nuages cotonneux qui s’étirent sous un vent omniprésent. Nous restons une heure à profiter de l’endroit et du spectacle qu’il offre…
Nous mettons 45 mn pour rejoindre le village, la descente se fait en courant. La pente est raide comme en atteste la tension de nos genoux, mais le plaisir est bien plus grand ! Nous nous régalons à descendre comme des chamois !
Les sensations sont importantes et aujourd’hui, elles ont été très bonnes ! Nous sommes un peu sur les traces de grands hommes comme Jean Troillet, guide de haute montagne, alpiniste qui a réalisé son dixième 8 000 à plus de 60 ans, ou Mike Horn, aventurier de l’extrême, dont le pedigrée atteste que rien n’est impossible, surtout quand les rêves l’emportent.



Dimanche 5 Mai
L’étape suivante est Dingboche, d’où nous écrivons ces quelques lignes.
Ce jour, nous montons encore de 600m. Notre rythme est bon, nous ne sentons pas du tout les méfaits de l’altitude. A deux reprises, des guides Sherpas nous félicitent pour notre rythme soutenu malgré nos 20 kilos sur le dos. En effet, nous rattrapons des « caravanes » de trekkeurs partis 30mn ou 1 heure avant nous et les dépassons largement. Nous avons la forme ! d’autant que le premier panorama sur l’Everest nous attend à Dingboche, qui se trouve au pied de la vallée du Chukhung. Malheureusement, le ciel est nuageux cet après-midi et le sommet le plus haut du monde ne se montrera pas aujourd’hui.
« Fannia et Flavio Sherpas » prennent possession de leur chambre, rudimentaire en espace et confort, mais largement suffisante pour le repos de nos corps.

La journée du 4 Mai nous amène à Tengboche à 3 900m où nous faisons la rencontre de Dominique et Fabrice qui redescendent vers Namché. Nous retrouvons également Dawn, l’Américaine du Colorado.
Un temple de moines bouddhistes s’élève au centre du village, une cérémonie se prépare. Impressionnés par les fresques et les couleurs vives, nous pénétrons dans le lieu sacré. Des moines préparent une sorte « d’assemblée » au centre du temple, au pied de Bouddha qui les regarde, bienveillant. Nous sommes assis en tailleur sur les côtés et assistons au rituel bouddhiste en hommage aux cultures qui ont été abondantes, un remerciement aux dieux. L’assemblée citera des mantras durant 2 heures, ponctués par des envolées sonores d’instruments typiques, dans un mélange de voix gutturales, de cymbales et de cors…


3 et 4 mai 2013
Le circuit de trek qui mène au Camp de Base de l’Everest est très fréquenté. Toutes les familles Sherpas doivent avoir un de leurs membres porteur, guide ou « épicier » sur ce chemin…Les porteurs se comptent par plusieurs dizaines par jour sur les pentes. Ils nous croisent, nous les dépassons, ils s’arrêtent devant nous sur les bas-côtés, ils crachent et reniflent car les sentiers sont très poussiéreux. Ils portent leur charge sur le dos, tenue non pas par des lanières dorsales mais par un bandeau au front. Lorsqu’ils descendent « à vide », ils sont très souvent au téléphone, ou alors en train d’écouter de la musique avec leur portable. Leurs charges sont des sacs de plus de 90 litres, des paniers tressés coniques traditionnels (pour lesquels les porteurs ont une sorte de béquille qu’ils placent sous la charge pour se reposer), de grandes planches en bois (qui serviront plus haut à la construction de Lodges), des chargements de bouteilles et de bière, bref au minimum 60kg pour les plus jeunes, jusqu’à 140kg pour les plus aguerris. Ainsi vont les porteurs tous les jours, de village en village, croisant d’innombrables touristes ou trekkeurs comme nous, ainsi que des éleveurs de yaks poussant des cris sourds et des sifflements pour diriger leurs bêtes chargées de plusieurs dizaines de kilos. Vu par cette lorgnette, il paraît moins dur d’être un yak qu’un porteur sherpa !...
Notre avancement quotidien est rythmé par l’acclimatation, non pas que nous ayons des difficultés, mais nous souhaitons nous préparer du mieux possible pour l’ascension du Lobuche Peak à 6 120m.
Ainsi, nous passons 2 nuits à Namché Bazar à 3 400m. Cette altitude marque une étape importante que nous souhaitons respecter. Nous sommes en forme et ressentons à peine l’altitude, nous pourrions monter pour la nuit suivante, mais il s’avère plus bénéfique de monter de quelques centaines de mètres dans la journée et de redescendre dormir à Namché.
Nous passons 4 heures à grimper un éperon rocheux qui nous mène à 3 700m, soit 300m au-dessus de la ville. Au point culminant, nous trouvons des lignes de drapeaux de prières flottant dans les airs et tourbillonnant sous les rafales de vent… Ces drapeaux sont déposés par les habitants des collines, suspendus à des autels religieux, à des mâts en bois, frappés par le vent et dispensant des mantras et des prières dans les airs.







 











 

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Au Népal (suite...)

par Fannie

Lundi 13 Mai
Après une nuit de 10 h (je n’en reviens pas comme je dors bien, ainsi que Flavien), nous prenons la direction du EBC à 5 365m en longeant le glacer de Khumbu. Le temps est couvert, le vent souffle, le froid me fatigue mais ce n’est qu’une petite balade de deux heures.
Nous y voici ! Pour ma part, je ne ressens pas grand-chose, contrairement à Flavien qui est tout excité. Il y a, d’après les « on-dit », 45 expéditions en attente des bonnes conditions, prévues pour le 19.

Le 10 Mai, jour de notre première, fut aussi la première de l’année à l’Everest pour les sherpas et l’anniversaire de tata Nadette, notre secrétaire et cuisinière adorée !
Nous nous baladons au milieu des tentes, le camp est assez mort en cette heure de repas.
Je repars avant Flavien car la neige commence à tomber et rentre en 1 h au Lodge pour boire une tasse de thé brûlant. Il me rejoint 20mn plus tard.
Nous mangeons et descendons sur Lobuche pour y passer la nuit (car la C.B. est acceptée !)
Et là, on se lâche, twix, snikers, jus de fruit, on mange !
On rêve même la nuit de supermarché avec des fruits. Nous qui n’allons quasi jamais dans ces grandes surfaces, tous les deux, en rêvons la nuit ! Le plus difficile  est le manque de fruit, mais bon…Sinon, tout est très bon et varié (comparé au Pérou).



Dimanche 12 Mai

Ce matin, je galère, je suis épuisée, j’ai l’impression de ne pas avancer, mais nous arrivons en 2 h à Gora Shep.
Après le lunch, je m’endors aussitôt pour deux bonnes heures.
Flavien me motive pour grimper le petit sommet de Kalapathar  (5 545m) où la vue est exceptionnelle. Il est 14 h30, et le temps est toujours beau, dégagé. Hop, hop ! pas une seconde à perdre et nous voilà sur les pentes raides. Nous marchons d’un bon pas et arrivons au sommet en 1 h30. Un vent terrible nous glace, mais la vue à 360° autour de nous est splendide. L’Everest est complètement à nu et il apparaît plus impressionnant que de 6 120m !
Nous restons une bonne ½ heure là-haut à savourer et redescendons gaiement vers le Lodge.
Un thé chaud au soleil, et le coup de barre m’attrape, je « comate »  jusqu’au dîner. Nous mangeons avec appétit, mais on ne peut pas en dire autant des autres trekkeurs. Tout le monde ici semble souffrir du mal des montagnes : manque d’appétit, difficultés à dormir. Du coup, ils redescendent avant d’avoir grimpé Kalapathar. Un guide nous explique qu’à partir d’ici (5 100m) les gens sont mal, mais pour nous, tout va bien et demain, nous irons voir le EBC (Camp de Base de l’Everest).


Samedi 11 Mai

Que faire ?
Marcher, 2 h jusqu’à Gora Shep (5 100m) afin de se rapprocher du Camp de Base, ou se reposer une nuit de plus ici ?
La fatigue l’emporte ! Après le petit déjeuner, direction le lit pour 2 heures de sommeil lourd !
Au réveil, hop ! nous avalons un repas économique et lourd car notre bourse arrive à terme.
Que faire ?
On calcule et recalcule combien de repas on peut prendre avant de rallier Namché Bazar. En nous baladant dans le hameau, oh ! miracle : un Lodge qui prend la C.B. moyennant 10%. Ni une, ni deux, nous changeons d’endroit. Du coup on peut se payer le luxe d’une douche chaude, même si c’est un filet d’eau ; nous en avons grandement besoin. Ah ! ça fait un bien fou d’être enfin propre !
Nous passons le reste de l’après-midi à boire du thé, lire, écrire, tchatcher.
Du coup, nous prenons un bon repas et au lit ! La chambre est glaciale, 2°. Nous dormons bien, plus de 10 h et sommes les derniers à partir le lendemain.

Dans la vallee du Mardi Himal - Népal 

par Flavien
Dimanche 2 juin

Le réveil se fait tardif et les montagnes se montrent furtivement. Le spectacle matinal est sûrement bien entamé par l’avancement du temps. Les Français rencontrés la veille me devancent d’une heure. Le couple de propriétaires me propose de m’offrir de la marijuana en m’indiquant qu’ils m’ont beaucoup apprécié comme « invité »…

Le paysage ressemble beaucoup à l'ile de la Réunion ce jour. Une chose surprenante dans l’air : une odeur exotique, celle du Cannabis. La plante exhale ses parfums au milieu d’autres plantes, mais très souvent le chanvre prend le dessus. Je m’arrête et tente d’apercevoir cette plante prolifique : les plants sont cachés au milieu du reste de la végétation.

Le chemin longe un torrent dont la sonorité résonne sans doute dans toute la vallée. Je me pose sur un énorme rocher pour boire et écouter le chant particulier d’un oiseau qui rythme ma marche depuis quelques minutes.

L’odeur du chanvre indien réapparaît au milieu de la forêt tropicale népalaise, encore une fois, je ne vois rien…Puis, à l’entrée du village suivant, des plants de plus en plus grands m’accueillent. L’atmosphère est chaude et humide et le vent s’est levé : des conditions idéales pour cette plante à l’alcaloïde si convoité !

La journée est belle et chaude. Un plat de pâtes dans une « guest house » (restaurant détenant quelques chambres à coucher, situé dans un village d’altitude ou dans un hameau touristique qui n’existe que pour accueillir des trekkeurs) puis j’emprunte un chemin de pierres escarpé grimpant dans la forêt humide. Je gagne un replat qui longe le torrent, je reste séparé de l’eau par une végétation haute et le lit du cours d’eau, de quelques mètres de haut, car raviné par ce dernier. Des gouttes ruissellent sur mon visage chaud, sans trop savoir si ces dernières proviennent de ma sueur ou de l’eau présente en saturation dans l’air… « Sans doute les deux, mon capitaine ! »  me dis-je en moi-même. Tête baissée ou bien perché en haut des collines abruptes qui m’entourent, je ne remarque en rien un changement d’itinéraire, ce qui m’amène un peu plus profond dans la vallée creusée par le torrent. Or, il me faut me diriger sur le versant d’en face, plus à l’Est, alors que je m’enfonce davantage à l’Ouest. Bientôt, le chemin emprunté croise les méandres des tourbillons et des cascades de la rivière dévalant la pente… Mais, stupeur ! Le pont a disparu ! Seul existe un promontoire en pierre, duquel partait dans le temps des troncs d’arbres ou autres plantes, faisant office de passerelle. Ce pont a-t-il était emporté aujourd’hui par les flots ? Le groupe de Français a-t-il eu le temps de passer avant ? Y-a-t-il un autre passage en amont ? Je m’engage sur le lit de la rivière, laissant derrière moi mes empreintes de pas dans le sable gris et fin, escaladant ou enjambant les blocs charriés sur les « bas-côtés » du cours d’eau…En vain, car rien ne laisse apparaître plus loin un quelconque passage. Et d’ailleurs, une fois en face, je serais dans l’impossibilité de rejoindre le sentier préexistant car je me heurterais à une falaise plongeant droit dans l’eau… Mais alors, est-ce plus bas, en aval, que j’aurais « loupé » le véritable passage ? Dans l’ignorance et la situation présente, je préfère improviser un passage « à ma façon » ! Celui-ci consiste à enlever mes chaussures, mon short et à traverser en prenant mes sacs sur la tête, en plusieurs allers-retours. Le courant est tel qu’il faut que je m’aide de mes bâtons de marche pour faire « béquille » et tenir mon équilibre dans les tourbillons d’eau ! Une fois la berge traversée et mes chaussures aux pieds, je quitte les lieux en regardant fièrement l’endroit passé… Je me mets maintenant en quête de rejoindre le village de Hot Springs, perché 500m plus haut… L’escalier que j’emprunte est vieux et envahi en partie par la végétation, ce qui confirme que celui-ci n’est plus emprunté depuis un moment, excepté par des locaux pour atteindre les pentes abruptes afin d’y emmener leurs troupeaux de chèvres qui se délectent des végétaux

Mon objectif du jour étant le village de Chhomrong, il me faudra encore une heure pour l’atteindre, après quelques milliers de marches et 800m de dénivelé depuis la rivière ! Cette montée est éreintante, bien que l’altitude ne soit pas encore très élevée, puisque le village rejoint n’est « qu’à » 2 200m d’altitude. Mais c’est la chaleur qui ici « plombe » les jambes ! Le souffle, lui, est nickel ! Je manie de mieux en mieux les bâtons de marche qui me semblaient superflus dans les premiers temps de leur utilisation, notamment quelques mois auparavant lors de quelques « courses » de montagne en France. Je me hisse, me soutiens, « m’accroche » à la pente, tout en poussant sur mes quadriceps qui se mettent à chauffer entre deux respirations profondes et calmes, nécessaires pour ne pas emballer mon cœur et me retrouver en hyper ventilation...

Arrivé au sommet de cette très haute colline, je passe devant un lodge (ou guest house), mais n’y voyant aucun visage connu, je poursuis mon entrée. Après quelques centaines de mètres, j’aperçois Alberto, l’Espagnol du groupe, assis en train de lire. Il semble qu’il soit seul… Chose confirmée : les autres sont restés 300m plus bas pour se reposer et visiter les bassins d’eau naturellement chaude… Ils nous rejoignent dans les deux heures qui suivent, transpirants, mais satisfaits de leur ascension très soutenue !

Nous nous lançons tous ensemble dans des étirements salutaires, sirotant goulûment… nos gourdes d’eau ! Bientôt un bon repas et une partie de cartes avant de sombrer dans nos chambres respectives.



 
 
 
 
 

 
Samedi 1er Juin 2013

 

Une journée assez dingue, assez marquante ! Au départ de Phedi, ce jour à midi, je gravis les 500 premiers mètres en 40mn. Par chance, aujourd’hui, je ne sens pas trop mon sac à dos d’une vingtaine de kilos. Depuis l’arrivée à Pokhara, l’avant-veille, le paysage très tropical, avec une végétation luxuriante et une chaleur moite, apparaît comme un nouveau volet du Népal.

Les temples, petits ou grands, ne sont plus représentatifs des yeux de Bouddha, comme la Stupa que l’on rencontrait dans la vallée du Khumbu et dans la région de Katmandou. Ils sont formés « simplement » par trois toits successifs et de taille décroissante avec des décorations très sobres. Peut-être l’influence de l’Inde dans cette région centrale du Népal a-t-elle su se faite entendre ?... Toujours est-il que les drapeaux de prières ici sont moins nombreux et moins present aux yeux !

Est-ce l’indouisme qui l’emporte ici ? C’est la question plus approfondie que je me pose ?! A la sortie de Phedi se trouve un restaurant avec un parking> En face une colline abrupte dévoile, serpentant dans la foret « accrochée » a ce versant, un chemin de pierres qui démarre au pied et qui s’enfonce en zigzag dans les hauteurs de la colline. Apres 40 minutes donc de chaleur tropicale durant lesquelles je me trempe entièrement mes vêtements, et après avoir passe un hameau, j’arrive a un lodge faisant partie du village de Dhampus. Un jeune homme trône sur le mur en pierres matérialisant la fin des escaliers, me salue en me demandant d’où je viens. Il me propose de me reposer, puis ensuite de manger un bout ici car, selon lui, c’est le dernier lodge avant longtemps (je la connais celle-ci, il cherche alors a me retenir dans son lodge, et tous les arguments sont bons, surtout les faux !) Non pas suite a ses arguments, ni non plus par une réelle faim, j’accepte de manger quelques momos chez eux pour une question de timing et d’organisation de ma journée de marche. Il me fait l’éloge ensuite du pot de the (contenant plusieurs tasses) lorsque je lui indique que je n’en veut qu’une tasse, en m’expliquant que le temps se couvre et qu’il va faire froid. A-t-il l’impression de s’adresser a un enfant ?! Tout est bon pour retenir le client et vendre ! Il continue de plus belle en me disant que je peux dormir là pour la nuit suivante. Il est alors 13h et j’ai marché 40mn. Le jeune homme le sait car il m’a posé la question ! Je lui indique que j’ai bien l’intention de continuer de plus belle aujour-d’hui… Il me sort un prétexte destiné encore une fois à un enfant, lorsqu’il m’explique que la première journée, il ne faut pas trop forcer, et qu’à défaut, les muscles me feraient très mal le lendemain. On croit rêver !  après 40mn ! Puis vient le moment où il me demande si je connais le « hash » (le haschisch) pour que je puisse rouler des joints éventuels durant mon trek, car si je l’achète plus haut, cela me reviendra plus cher… Je suis choqué intérieurement, qu’il pense, sans douter à aucun moment, que toutes les personnes qui se pointent ici, en trek, fument toutes sans exception ! D’ailleurs, il rajoute que les prises plus haut seront chères également. Ça, je veux bien le croire ! Mais pourquoi penser aussi qu’on est là pour picoler ? ! Bref, ses arguments sont sans fin, bien rôdés mais un peu lourds. J’ai l’impression qu’il se sent obligé de m’expliquer ce que je dois faire ! Enfin il termine en me disant que c’est son père qui le fabrique (ce dont je ne doute pas) et que ce soir, je peux rester dormir pour manger de la viande fraîche d’agneau qu’il est en train de dépecer et de cuire dans un petit brasier à 5-6 mètres de l’endroit où je me suis désormais assis. Il se retire et sur ce, après 2 ou 3 minutes, son père se pointe vers moi (alors qu’il était en train de trier les viscères de la bête) en m’indiquant qu’il produit de la résine de cannabis qui pousse plus loin et plus haut dans la montagne. (En fait chaque village que je dépasse, possède des pieds hauts et touffus de chanvre indien, ou plutôt népalais.) Elle est totalement « organic », c'est-à-dire Bio –comprendre « naturelle »- Il me propose de venir m’asseoir dans un petit local, à l’abri d’éventuels regards extérieurs de touristes non-avertis. Il me déballe 250g de résine sombre, molle, huileuse et très odorante. Ça paraît en effet être un bon produit ! Il m’explique alors comment le conditionner pour pouvoir voyager, passer les contrôles et en ramener à la « maison » … Je lui indique que je n’aime pas fumer, spécialement en trek. Il revient à la charge, accroché comme une sangsue (et là, ce n’est pas une métaphore, la fin de la journée en sera une belle illustration). Je décline et invente un prétexte d’argent. Comme la ruse est népalaise (ils me le prouvent depuis 20mn), l’habileté se devait d’être française ! Trouvée facilement, mon excuse est de lui faire comprendre que des amis me rejoindraient à mon retour et qu’on « consommerait » alors pour son argent. Malgré son envie évidente de faire du business tout de suite, il comprend que je ne lui achèterai pas de « marchandise » ce jour.

Entretemps, son fils me ramène une carte sur laquelle il inscrit le nom du lodge, son nom et son numéro de téléphone pour réserver des chambres « dans une quinzaine de jours » lui ai-je menti, que nous serions 4 ou 5 et que nous resterions 1 ou 2 jours. Il me lâche ainsi « la grappe », l’âme victorieuse, assez persuadé que je reviendrai. C’est tout ce que je voulais, lui faire croire cela, pour apprécier mon plat, arrivé entre-temps, et filer rapidement !

Après 50mn sur place, je repars en me disant que le Népalais ne fait rien au hasard, en tout cas pas par générosité ou désintérêt ! Je rejoins rapidement Dhampus, une sorte de petit plateau qui fait penser aux endroits où trônent les villages dans les trois cirques sur l’île de la Réunion.

Pas de yacks ici, mais des buffles au pelage ras et gris métal. De premier abord, dans leur regard, ils semblent plus agressifs et plus méfiants que leurs cousins.

C’est ici le village du premier « check point ». Un homme attend, assis à 50m de la guitoune. Il me salue lorsque je passe devant lui, puis je sens qu’il se lève derrière moi et se met à marcher. Lorsque je vois le panneau du bureau des permis, je comprends que sa position était stratégique, afin d’attraper quelconque personne qui tenterait de tricher.

Je me dirige maintenant vers Pothana, il n’y a décidément personne sur le chemin fait de grosses pierres ou de dalles de schiste. La végétation est partout et l’humidité aussi, mais une humidité chaude avec un léger vent rafraîchissant ma transpiration. Une femme tente de m’arrêter en me proposant de me reposer un peu en buvant quelque chose dans son « restaurant ». Elle m’indique que tout est plein à Pothana, quelques centaines de mètres au-dessus. Je reconnais là leur chanson !

Arrivé au village, il n’y a personne, juste un gars, attablé au bar d’en face, qui me rattrape en m’indiquant qu’il faut que je passe au point de contrôle… Encore un en moins d’une heure ! Et puis, sortent d’un lodge, des voix françaises, dont notamment celle d’une Lyonnaise que je reconnais, rencontrée brièvement la veille à Pokhara…Je continue.

Entre Pothana et Tolka, je traverse un petit hameau où un jeune homme aux cheveux longs, tel un indien, vient à ma rencontre pour me demander de quel pays je suis. Deux bouteilles sur son comptoir attirent mon attention : cela ressemble au jus de baies que nous avions bu à Lobuche. Ce « n’est rien » que du miel qui à l’air très appétissant. Lui ayant demandé si c’était du jus de fruits, il me tend une prune verte et rouge, m’en coupe un bout laissant apparaître une chair rouge cerise gorgée de jus. Mes yeux pétillent, je veux goûter ! Chose faite, je lui confirme d’un large sourire qu’elle est très bonne. Il m’en offre cinq autres. Je reprends la marche comme un enfant qui vient de recevoir un cadeau, avec le sourire aux lèvres… Après 100m, je les avais toutes mangées !

L’itinéraire se met à descendre sur des dalles glissantes et certaines pierres polies comme des miroirs : terrain glissant qui nécessite beaucoup d’attention et des pas sûrs. Au passage d’un petit hameau, une femme m’invite à rester dans son lodge pour la nuit, je décline car j’aimerais aller plus loin, marcher un maximum.

Les ponts suspendus sont tous en bois dans cette vallée, contrairement à la vallée du Khumbu où les moyens financiers qu’offre le tourisme de masse dans cet endroit du Népal, permettent de réaménager des structures entièrement métalliques.

Plus étroits et plus instables, les ponts en bois grincent, laissant parfois une latte se soulever ou bouger anormalement…

Une femme perchée en haut d’un escalier, à côté d’un baraquement m’interpelle. J’apprends que j’arrive au village de Tolka et, en regardant ma montre, je m’aperçois qu’il serait temps de se poser : il est 17h 20. Elle est très accueillante et l’endroit est charmant. De plus, je suis l’unique client des lieux. La chambre est à 100 roupies avec douche chaude incluse, de surcroît ! Les lieux sont très propres, la tenancière ouvre une chambre et m’en propose une avec un lit double. Il y a des prises électriques utilisables sans supplément. Tout cela est bien loin de l’ambiance des lodges de la vallée de l’Everest où le commerce « touristique » prévaut parfois sur le bon sens. Mon sac à dos retiré, la propriétaire me montre au sol une sangsue, tombée apparemment de quelque part. Elle m’invite à m’inspecter le bas des jambes, puis en lui tournant le dos, je l’entends pousser un cri d’étonnement : la sangsue venait de me pomper du sang dans le dos, comme en atteste l’énorme tâche de sang circulaire sur mon tee-shirt Sport-Avenue. Une pincée de sel sur la sangsue pour la mettre hors de portée : elle est KO ! Après quelques secondes d’observation de mon dos dans un miroir pour voir l’étendue des « dégâts » je remarque un seau à côté de l’entrée de ma chambre. Il est à moitié rempli de feuilles et de petites branches, « un peu comme les mélanges de certains encens vus jusqu’à lors » me dis-je, en pensant que ce seau est là pour « encenser » les chambres ! Mon nez plonge dans le seau et je pousse un « Ouf » d’étonnement : ça sent la Marijuana. C’est tout simplement un seau rempli à moitié de cannabis ! Je suis stupéfait ! Stupéfait du stupéfiant !...

Je le fais remarquer au fils qui vient me saluer en tant qu’unique client. Il m’indique que son père en vend, 100 roupies les 15g, mais c’est la partie noble de l’herbe, à savoir les « têtes » de floraison, la vraie Marijuana ! En effet, le prix défie toute concurrence. Les situations de ce jour sont cocasses et ce n’est pas fini puisque le groupe de Français rencontré à Pokhara arrive dans le lodge. On se reconnaît et du coup, on décide de rester là pour le dîner et la nuit. On se met à parler finance puis montagne avec certains ou d’autres et la soirée se déroule à rire, manger et parler de sujets divers et variés.

Je suis au lit à 23h lorsque j’éteins la lumière.





 
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Suite dans la vallee du Mardi Himal - Népal

par Flavien
 
 
Mardi 4 juin

Les « prises de tête » de la veille nous ont fait un peu réfléchir et réagir : nous n’avons pas envie de dépenser plus d’argent que cela ici ! Nous boycottons le petit déjeuner et décidons de le prendre dans le prochain village. De grosses gorgées suffisent à démarrer la journée de marche.

Nous voilà pour une heure dans un environnement humide de la veille et encore frais compte tenu de l’heure matinale. Le groupe part de manière décousue, selon le timing de chacun dès qu’il est prêt. Pas grave, nous nous retrouverons pour manger un bout. Une énorme cascade à droite descend de très haut en balcons successifs, pour finir en contrebas, dans le torrent de la vallée du Mardi Himal. La vue de ce « drapé » est particulièrement spectaculaire ! Bientôt, un immense bloc s’élève tel un pont en équilibre au-dessus de nos têtes. La question qui vient en général, c’est : comment est-il arrivé là ? et d’où s’est-il décroché ? A ce moment-là, le bruit et le choc ont dû être exceptionnels ! Est-ce la tectonique des plaques qui l’a amené ici ?  Toujours est-il qu’il offre un abri exceptionnel contre le déchaînement des éléments. Peut-être aurions-nous dû venir jusqu’ici pour passer la nuit ?

La chaleur ambiante commence à me faire éliminer l’eau bue 30mn auparavant. Les gouttes ruissèlent sur mon front et les sels minéraux présents se mettent à me piquer les yeux. Rappelons que l’objectif de ce jour est d’atteindre le Amazing Annapurna Base Camp, qui se trouve à 4 130m d’altitude, soit 4 000m au pied de l’Annapurna, et 1 200m au-dessus de l’endroit où nous avons dormi.

La suite est une succession de petits vallons ou de ravines qui descendent du côté gauche, c’est-à-dire le côté montagneux de la vallée du Mardi Himal, ou encore de l’Ouest… De grandes murailles côté ouest donnent donc naissance à ces dizaines de cours d’eau, à ces torrents, petits et grands qui charrient des tonnes de rochers, de pierres.  Ces ravines ressemblent à des carrières à ciel ouvert. D’énormes blocs enchevêtrés à dominante couleur blanche, forment des sillons, des canaux, des terrasses… Comment tant d’eau arrive-t-elle de ces falaises ouest ? Une cassure gigantesque telle une séparation tectonique laisse apparaître une cascade énorme. Elle semble sortir tout droit du centre de la terre, de ses entrailles. La falaise est littéralement « lacérée ». Est-ce l’eau ? La cassure est trop nette, trop parfaite… Sans doute les forces en jeu des mouvements de la terre sont-elles à l’origine d’une telle œuvre d’art. Là-haut, au-dessus de la falaise, très loin de moi, les nuages « fument » et s’accrochent aux pitons qui dépassent… Nous poursuivons avec Marin pour arriver dans le petit hameau de Deurali. Les odeurs de cuisine à proximité attisent nos appétits, surtout le mien ! L’heure est au sucré lorsque tout notre groupe finit par arriver après nous. J’opte pour du riz frit aux œufs, plat typique et nourrissant, pour finir par un pancake au miel que je partage avec Marin. Une source canalisée ressortant sur le promontoire où nous nous trouvons, me permet de laver chaussettes et sous-vêtements. Accrochés ensuite au sac, ils sécheront dans la brise légère.

Dans la suite de notre parcours, nos estomacs bien pleins, le sentier se rapproche du torrent qui coule dans le sens Nord-Sud. Le tumulte et les vagues sont impressionnants, la fonte des neiges bat son plein, redonnant un essor à la vie printanière. Très bientôt, nous traversons le torrent sur un pont en bois de « fortune ». Il est très étroit et les traverses glissantes, le passage de fait en équilibre dans un … équilibre très imparfait. Une fois de l’autre côté, des centaines de marches nous attendent, gagnées par une brume dense et blanche, rendant difficile l’observation de l’itinéraire. Cependant des toits se distinguent quelques dizaines de mètres plus haut : le MBC, le Macchapucchere Base Camp, à deux heures de marche selon les topos du ABC, Annapurna Base Camp. Les toits du monde, la demeure des dieux de notre planète, ne sont pas loin…

Après deux petites heures de notre petit déjeuner, nous faisons une halte au MBC pour se détendre pour certains, se reposer pour d’autres. Mais une idée commune nous anime, celle d’une collation avant de nous diriger vers notre objectif. 

Je traîne un peu au départ pour ranger quelques affaires. Alberto part en tête une dizaine de minutes avant, suivi de Katy et Dimitri, Princesse… Notre groupe « final » composé de Solène, Paul, Marin et moi-même part en dernier. L’altitude se fait sentir pour les 3 autres. Pour ma part, notre séjour aux côtés de l’Everest m’a donné la pêche. Je décide de rattraper mon camarade Alberto, sachant qu’il a de nombreuses minutes d’avance et un rythme de marche très soutenu lui aussi… Une rêverie s’empare de moi à la vue des paysages traversés, ressemblant à ce jour dans la Cordillère Huayhuash où j’étais parti seul de la tente quelques heures pour gagner un vallon supérieur qui débouchait sur des lacs au milieu des glaciers. Une détermination vient alors, celle de me battre dans l’effort et d’offrir cette bataille contre moi-même à mes proches, celle et ceux qui me manquent dans une tranche de vie où ils sont absents, loin… J’ai des ailes et avance à grands pas, comme ivre d’une douce musique. L’énergie se décuple, mon regard se fixe au loin… J’aperçois la silhouette cadencée d’Alberto. Entre temps, j’avais remonté les différents « pelotons » du reste du groupe…
La brume semble avoir « monté » un toit au-dessus de nos têtes et les petits torrents qui serpentent font un bruit cristallin, mes sens se régalent ! Je rejoins mon collègue espagnol au moment où celui-ci passe sous un panneau indiquant « The Amazing Annapurna Base Camp ». Il a dégainé alors son appareil photo depuis quelques secondes et immortalise le moment à sa manière. Heureux d’être là où nous sommes, nous pénétrons dans le hameau sans rien distinguer des montagnes avoisinantes, car plongées dans les nuages… La négociation est rapide, saison creuse et très peu de touristes, la chambre est à 100 roupies. Nous déposons nos affaires et ressortons aussitôt pour aller découvrir les alentours. Après les maisons, au nord du hameau, se dessine le lit de la moraine avec un petit monument d’où jaillissent des drapeaux de prières attachés aux rochers tout autour. Nous prenons son cap ! Une fois là-haut, un spectacle nous saute aux yeux, celui du glacier très loin en contrebas totalement recouvert de poussière et d’amas de roches, lui donnant une couleur grise et accentuant le relief des vagues de glace à sa surface. Le vent se lève quelques instants, comme venu à notre rencontre pour nous saluer et nous souhaiter la bienvenue. Mon visage se détend sous l’effet de cette douce caresse. Le temps est maintenant au repos et à la contemplation.
Nous continuons notre marche « rocailleuse » vers le nord, l’Annapurna I doit être là, devant nous, à plus de 4000m au-dessus de nos têtes, mais nous ne le voyons pas ! De nombreux trekkeurs ont empilé des pierres formant une pyramide appelée cairn. Chaque rocher aux alentours est orné de l’un de ces cairns, chacun est différent de part sa forme, sa taille, ses couleurs. Ces petites montagnes de pierres, très harmonieuses avec l’environnement s’élancent vers le ciel. Nous décidons chacun d’un endroit pour dresser notre œuvre à notre tour et laisser un souvenir naturel de notre passage. Peut-être sera-t-il toujours là si je reviens dans quelques années ?
Assis tous deux sur un rocher différent, nous profitons de l’endroit dans un silence pieux. Lorsque j’ouvre les yeux, le paysage a changé : les nuages et la brume ont bougé, laissant apparaître un bout de montagne, de nouvelles couleurs, de nouvelles lumières… Et à chaque fois qu’un de mes yeux s’ouvre, la même magie opère ! jusqu’au moment où l’Annapurna I se dévoile entre deux couches de nuages, comme en lévitation dans le ciel. Spectacle époustouflant ! Cette vue nous est offerte pendant quelques minutes, puis le rideau est tiré…  

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
Lundi 3 juin

Ce matin, c’est grasse mat’ montagnarde ! Levé à 8h30 !

Le groupe de mes camarades français est déjà sur le pied de guerre lorsque j’émerge. Ils partiront avec 1h30 d’avance sur moi, compte tenu que ce matin j’appelle Fannie en France en lui laissant un message très matinal pour elle. Je tente également de joindre Qatar afin d’avancer ma date de retour et de modifier mon billet d’avion.

Le village de Chomrong s’étend sur un versant Sud-Ouest. Entre la partie la plus haute, où je me trouve ce matin, et la partie la plus basse, il y a quasiment 400 mètres de dénivelé. Il est question que je descende le village, traverse la rivière et remonte le versant opposé. Un endroit attire mon attention : la configuration d’une maison dans la partie médiane du village est exactement celle que je me suis imaginé lors d’un passage dans le livre de Poussin et Tesson, « La marche dans le ciel » ! Surprenant que cette image réelle me remémore un souvenir imaginaire, un peu à la façon d’une sensation de « déjà vu » !
Me voilà reparti, marche après marche. Je consulte l’altimètre de ma montre : les mètres défilent « vers le bas ». Pourtant, il va falloir remonter puisque l’objectif est d’atteindre les 4 130m du Camp de base de l’Annapurna, soit 2 000m plus haut !  Je prends « mon mal » en patience et savoure le paysage, notamment l’originalité des terrasses des rizières placées au cœur du village et irriguées par de petites cascades créées par la main de l’homme. Elles font penser aux jardins « design » de nos maisons, sauf qu’ici la fonctionnalité prime sur l’aspect esthétique…
Je rattrape un jeune Hollandais et son porteur, partis de nombreuses minutes avant moi, au niveau du pont suspendu qui traverse le torrent. Désormais, la partie se joue sur la remontée ! Ils m’indiquent qu’il y a des chèvres plus haut, qui barrent le chemin. Je m’élance en passant devant eux « Rendez-vous en haut » leur dis-je ! Ça sent le « bouc » ! Et pour cause : j’arrive au milieu de « Bèèèè !Bèèèè » … Les chèvres occupent tout le sentier et les à-côtés, versant en dessus et versant en dessous, à la recherche de verdure à manger. La cacophonie et l’odeur caractéristique sont folkloriques. Je me fraye un passage en leur parlant et en caressant les têtes à mon niveau…
Un peu de logistique d’un quart d’heure me permet de fixer au mieux ma Balise Spot, permettant au jeune Hollandais et son porteur de me dépasser. Puis dans une marche cadencée et rapide, je file devant eux en visant de rattraper mes compères français. Cela se concrétise au village de Bamboo où je les retrouve, attablés depuis moins de 10mn lorsque je me présente à eux. Une tape amicale dans la main de chacun d’eux clôture mon retour parmi la french team. Un déjeuner un peu consistant est nécessaire pour retrouver les forces adéquates pour monter les 800m restant jusqu’au village de Himalaya, plutôt un hameau touristique qu’un véritable village.
Challenge ? propose-je à Alberto l’Espagnol : Celui de grimper jusqu’à Himalaya en moins de 3h 45, temps indiqué sur le panneau, en l’envisageant en 2h ! Alberto est d’accord. Nous nous lançons, bientôt rejoints par Marin et Paul qui, sans rien dire, prennent part au défit sportif. Notre ami hispanique ouvre la marche, ou plutôt la course dans un rythme soutenu. L’itinéraire s’ouvre entre les arbres, dans un méli-mélo de racines apparentes, entourant les pierres et les rochers, rendant la marche à pied accélérée difficile, compte tenu de l’attention qu’elle nécessite à tout instant, pour ne pas se tromper d’appuis ou chuter !
Le souffle court et la gorge sèche, nous poursuivons sans rien lâcher, chacun avec lui-même, dans un rythme de « sans cesse relance », à la fois mentale pour ne pas défaillir et physique pour ne pas perdre de distance par rapport aux autres. Bref, un combat solitaire dans un jeu à plusieurs, où l’instinct de groupe prend toute sa dimension. Notre motivation commune nous amène à diviser le temps indiqué par 3, pour le premier village, une étape avant le prochain hameau d’Himalaya. Des jeunes filles espagnoles avaient mentionné à mes camarades français qu’il ne fallait pas s’arrêter là-bas, le tenancier n’étant pas accueillant, pas fréquentable…
Nous marquons une pose dans notre cavale au travers de la montagne, lorsque se présente à nous une cascade magnifique et des vasques l’accompagnant, dans lesquelles s’écoule une eau limpide, laissant apparaître la roche argentée… Une invitation à la fraîcheur que tout le monde ressent manifestement. Marin est le premier à se tremper, je le suis de près en m’immergeant totalement dans une vasque suffisamment profonde. L’eau des glaciers ne doit faire que quelques degrés et en ce sens délasse et retonifie immédiatement nos membres engourdis par l’effort. Le reste du groupe ne tarde pas à nous rejoindre et prend part aux joies que procure cette eau fraîche. Une immense cascade disparaît sous nos pieds plusieurs dizaines de mètres en dessous de nous. Tous installés sur cette « terrasse », nous immortalisons le moment à coup de retardateur d’appareils photos dans des poses personnalisées.
La course reprend avec Alberto, les autres ayant pris un peu d’avance. Un panneau indique que nous abordons un endroit sacré où nous nous devons de respecter certaines règles. Nous nous enfonçons dans une partie de la forêt plus dense, plus mystique, plus belle… Les arbres sont ornés à cet endroit de plantes grimpantes, de mousses filantes et retombantes. Les arbres eux-mêmes sont voûtés, tortueux, sombres ou lumineux, une féerie !... Et puis, un petit temple comme pour certifier définitivement les lieux, portant sur sa partie haute de petites banderoles de prières. Sur son hôtel, des offrandes ont été hissées pour remercier Bouddha de sa bienveillance. La sérénité nous envahit lorsque nous nous arrêtons pour boire quelques gorgées d’eau. Solène nous rejoint, concentrée, cette marche la transporte ailleurs. ..
Après de nombreuses marches de pierre escarpées, nous arrivons au hameau convoité. L’accueil et la négociation sont inexistants, comme nous l’avait laissé entendre la mise en garde des jeunes filles espagnoles. Pas de douche, pas de lumière et malgré cela, le tenancier tient ses prix de manière arrogante. Je m’emporte et demande des explications un peu dans l’énervement. Comme chacun sait, je n’obtiendrai rien de cette façon, car les Népalais étant très fiers, les « agresser » entérine définitivement toute discussion ! Mais cette fois-ci, devant cette mauvaise foi, c’est plus fort que moi ! Tant pis… Il est tard, puisque ma montre indique 17h30 passées, mais un bon nombre d’entre nous est prêt à repartir pour le hameau suivant qui se trouve à 2h de marche (seulement 1h en réalité). Les esprits se calment, les tensions redescendent, certains s’étirent, d’autres discutent…nous passerons la nuit ici finalement.
Au dîner, nous plaisantons sur les mauvais coups que pourraient faire nos hôtes à la suite de nos échanges virils ! Cela ne nous empêche en rien de dévorer nos plats : la journée a été longue et les calories sont les bienvenues ! Dehors, la pluie sévit dans la nuit, les gouttes s’abattent sur les toits de pierres plates, comme une cascade d’eau sur des rochers… Le bruit est plaisant pour s’endormir…

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Suite et fin dans la Vallée du Mardi Himal

par Flavien

 

Mercredi 5 juin

Ma montre Suunto se met à sonner à 4h45 ! Il nous faut être disponible très tôt au lever du jour puisque c’est là où tout se joue. En ce début de saison des pluies, les panoramas ne peuvent être appréciés totalement qu’aux premières heures du jour, voir seulement 1 heure ou deux ! Sans doute que lorsque le soleil apparaît, ses premières chaleurs dissipent les nuages par le changement de courant d’air que provoque le soleil chauffant. Et puis une température plus importante par la suite va condenser l’eau omniprésente et former de nouveaux nuages, le ciel se ferme alors comme il s’était ouvert plus tôt…

Toujours est-il que je reste collé au lit durant un petit moment ce matin. D’autres ont mis le réveil et j’entends les portes s’ouvrir, des pas sur l’allée pavée en pierres et quelques mots matinaux échangés par-ci par-là. Nous partageons la chambre à trois, avec Princesse et Alberto. Ce dernier, le plus courageux de nous trois, part en éclaireur. Quelques mètres dehors, je le rejoins mais le ciel qui commence à s’illuminer est d’un gris totalement opaque ! Mon élan se tourne vers mon lit que je réintègre dans une sorte d’affalement, suivi de très près par Alberto. Princesse vient aux nouvelles, rien à signaler pour l’instant, nous reprogrammons un réveil 45 minutes plus tard…On frappe à la porte, c’est Solène, une quinzaine de minutes après, qui nous lance que le ciel se dégage. Il est temps de se lever, je passe la porte et tourne ma tête à gauche vers le nord : la chaîne des Annapurnas est en train d’apparaître progressivement ! Je saute dans des vêtements plus chauds, saisi l’appareil photo et me précipite vers le même endroit que la veille, sur le promontoire rocailleux surplombant le glacier, à côté du monument…Tous les trekkeurs arrivent rapidement pour profiter du spectacle. Le moment est grandiose car petit à petit toute la chaîne se dévoile. L’énumération des sommets maintenant tous visibles, va bon train ! Chacun de nous y met de sa connaissance…Nous passons plus d’une demi-heure à profiter, observer, contempler, méditer, discuter, échanger, savourer…Nos ventres se creusent et l’heure du premier repas de la journée retenti dans ma tête, et dans mon ventre.

Petit à petit, chacun à son rythme retourne dans sa chambre ou vers le réfectoire pour déjeuner. Pendant ce temps, à certains endroits, des nuages apparaissent, le spectacle semble terminé…Je traîne encore un peu, l’âme en paix, avant de rejoindre mes camarades. Ensuite ma proposition séduit Alberto : celle de descendre aujourd’hui jusqu’à Chhomrong, deux milles mètres d’altitude plus bas, environ 18 kms, et au moins 8 heures de marche ! Les dés sont lancés et le groupe tout entier semble vouloir suivre cet objectif, cela promet une grande journée de marche ! Les sacs prêts, Kate, « Dim » (pour Dimitri) et « Prince » (pour Princesse) sortent les voiles et se mettent en route !

Notre binôme prend le même cap un petit quart-d’heure en suivant. Quand à Solène, Paul, et Marin le doute subsistera toute la journée : sont-ils partis avant nous finalement ?

Au même endroit où j’avais rejoint Alberto la veille, au niveau du panneau de bienvenue et matérialisant l’entrée dans le hameau, nous prenons une grande pause de 20 minutes, notre départ est décalé d’autant. L’Annapurna nous fait une fleur ! Comme un rappel de fin de spectacle au théâtre, il nous fait l’honneur de réapparaître dans une luminosité fantastique, mettant en scène des perspectives incroyables ! Nos réactions sont les mêmes, au même moment : celle d’aller voir sur la partie haute de la moraine orientée nord-sud et descendant dans la vallée. Un cadeau d’un instant, car au moment où nous sortons les appareils photos, une brume épaisse remonte dans le « chenal » du glacier en-dessous de nous. Une seule photo est prise, et comme il se doit, toutes les bonnes choses ont une fin…Merci ! Nous repartons dans une espèce de course rapide, où s’alterne marche rapide et « jogging », en « jonglant » avec nos pieds autour des pierres au sol…Nous croisons deux porteurs, deux silhouettes difformes dans la brume, compte-tenu de leur dos chargé…Trente-sept minutes est le temps que nous mettons pour rejoindre le MBC, donné à deux heures de temps à la montée, et 1h30 à la descente. Le Lodge principal où j’espérais trouver internet la veille est « perdu » dans le brouillard. D’ailleurs je me rends compte de l’arrivée qu’à 20 ou 30 mètres du bâtiment. Personne !…Tout est fermé. De toute façon nous n’avions pas prévu de nous y arrêter. L’itinéraire déjà emprunté dans l’autre sens est difficilement reconnaissable compte tenu de ces milliards de particules d’eau dans l’air. Nous avançons très vite et discutons d’escalade car Alberto connaît très bien le spot des iles Maïorca et Menorca, mondialement connu pour les initiés. Il me raconte les déboires d’une chute qui l’a immobilisé durant 1 mois en plein mois d’août, sans pouvoir grimper, ni même bouger…Cette vieille blessure au niveau du talon d’Achille s’était réveillé quelques minutes précédent notre conversation. Deux jours maintenant qu’il pleut le soir et la nuit. Toute cette eau a gonflé les cours d’eau et épaissit les cascades dévalant les pentes abruptes. L’eau est plus présente qu’à l’aller et de nouveaux ruissellements apparaissent. Des silhouettes colorées se démarquent dans l’uniformité ambiante des couleurs. Ceux sont Kate, Dim. Princesse, elle, est en tête plus loin, mais nous ne l’apercevons pas encore. Nous reprenons la course à pied en sautant d’un sillon à l’autre, du chemin raviné par l’eau. Bref passage dans le hameau nommé Himalaya après deux heures de marche matinale. Plus-bas je revois Francesco, un italien rencontré quelques jours plus tôt à Pokhara, et descendant tranquillement. Une première partie très dure nous attend. Si la tendance est à la descente, puisque nous atteindrons l’altitude de 2 190 m, soit 200 m plus de l’ABC, l’heure est à la grimpette ! Quatre cent mètres de montée sur des milliers de marche, sur environ 1 km de distance…Autant grimper une échelle ! L’intensité est au rendez-vous, et la ténacité aussi pour ne pas défaillir. Mais le rythme d’ascension trouvé est bon ! Le souffle est impeccable, mais cependant il nous semble perdre des litres d’eau en quelques minutes. Dans l’effort nous rattrapons une connaissance, un anglais rencontré deux jours plus tôt à Chhomrong. Ayant également un bon rythme, nous finirons la journée en sa compagnie. Mes deux litres deux y « passent » en 3 heures de temps, nous nous arrêtons près  d’un point d’eau à côté d’une maison, histoire de filtrer de l’eau et de satisfaire cette soif…insatiable ! Pas après pas, dans un air étouffant, nous arrivons sur le versant opposé à Chhomrong. Maintenant il s’agit de descendre de 300 m et d’en remonter 400 pour arriver jusqu’au Lodge où j’ai laissé quelques affaires, trois jours auparavant. Nos genoux sont douloureux, cela fait maintenant plus de 6 heures de marche, majoritairement en descente, les articulations encaissent ! La descente vers le torrent est ainsi très laborieuse, de plus certaines marches sont très hautes et les sacs pèsent lourds. Des écoliers que nous croisons viennent du versant opposé, là où nous nous rendons. Ils sont entre 7 et 13 ans ; garçons et filles, vêtus de tenues traditionnelles d’écoliers, très élégants et souriants, jouant avec les marches, faisant des dessins à la craie. Les filles sont entre elles et les garçons entre eux, à l’image du relationnel entre adultes…Chaque matin et chaque fin d’après-midi, ils font ce trajet de descendre puis de remonter chaque versant, dans un sens puis dans l’autre. Cela me fait oublier mes genoux, mais je reste concentré à descendre ces marches, car la fatigue s’installe petit à petit maintenant. Il vaut mieux redoubler d’attention pour ne pas faire de bêtises. Des porteurs nous rattrapent au niveau du pont suspendu métallique, le seul rencontré dans cette vallée. En contrebas, à environ 20 mètres, les vestiges d’un vieux pont en bois sont encore accrochés entre les deux versants. Notre mission du moment consiste à remonter les 400 mètres de dénivelés qui nous séparent de notre point d’arrivé, sur un escalier qui serpente au milieu du village. Après avoir dépassé un groupe de népalais, un homme assis se faisant tondre par un autre, semble être la risée d’un groupe de jeunes femmes qui rigolent et poussent de grands cris, d’encouragement peut-être ! Elles se dispersent ensuite comme reprenant chacune leurs occupations…Deux gardes plantés au milieu du chemin semblent nous attendre. Ils nous dévisagent, ce sont des buffles gris, avec un berceau de cornes énorme, et quelques 600 ou 700 kilos de « viande ». Après quelques photos, je m’engage entre le mur en pierres et la bête, soit quelques centimètres pour ré-ouvrir la voie et poursuivre notre chemin. Mes mains sont en alerte car un mouvement de la tête un peu brusque de la part de l’animal, et je risque d’être embroché façon poulet au grill ! Le moment suivant est à un coca bien frais ! Alberto m’en parle depuis des heures en m’expliquant qu’à 45 roupies, nous pourrions nous offrir le luxe d’en prendre un, une fois arrivés à Chhomrong…Ca y est ! C’est notre moment tant espéré bien mérité ! Après ce petit instant de quiétude, il nous reste encore 200 m de dénivelés jusqu’au lodge, à l’autre bout du village. Nous rêvons d’une douche, et bien c’est chose faite lorsque 10 minutes avant notre arrivée, une pluie tropicale s’abat sur nous. Nous achèverons de la prendre  avec du savon une fois dans la cabine de douche de la gest-house nommé « Annapurna View Gest-House », avant de sauter dans des vêtements quasi-propres et frais…Un régal ! Vient ensuite une séance d’étirements puis de lecture. Après plus d’une heure de temps Solène, Paul et Marin nous rejoignent…Nous avions peur qu’ils soient rattrapés par le mauvais temps et qu’ils soient « bloqués » quelque part…Nous voilà rassurés et contents de pouvoir partager un repas tous ensemble, avant de nous séparer en deux groupes le lendemain matin.

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